Un iPhone 5 présenté dans un Apple Store à San Francisco, le 21 septembre 2012
© Justin Sullivan/Getty Images/AFP
Grandes villes introuvables, ponts et routes déformés : Apple a énervé ses fans en leur imposant son nouveau système de cartes rempli de bugs et a peut-être fait une erreur stratégique en voulant évincer de ses iPhone l'application très populaire de son grand rival Google.
"Même si (le nouveau système d'exploitation pour smartphones d'Apple) iOS6 dit autre chose, je peux vous assurer que les ponts de Tacoma n'ont pas fondu". Cette mise au point est postée sur le site Twitter officiel du ministère des Transports de l'Etat de Washington, qui l'assortit d'une capture d'écran montrant une vue très déformée des deux ponts suspendus.
Ce n'est qu'un exemple des multiples bugs repérés à travers le monde par les utilisateurs de l'application Apple Maps, qui remplace Google Maps dans le logiciel iOS6 installé sur le tout nouveau iPhone 5 et disponible depuis cette semaine sous forme de mise à jour pour les modèles d'iPhone plus anciens.
Göteborg rayée de la carte
Le site communautaire de photos en ligne Tumblr en montre toute une série sur une page spéciale. En Suède, un célèbre voilier-auberge de jeunesse "a coulé", et la deuxième ville du pays, Göteborg, semble avoir disparu, rapportent des utilisateurs, photo à l'appui. En Autriche, le Palais de justice de Vienne est présenté comme celui de Nuremberg, une ville allemande située à des centaines de kilomètres de là.
Anil Dash, co-fondateur de la société de consultants new-yorkaise Activate, raconte qu'en programmant une adresse en plein Manhattan pour tester Apple Maps, il s'est retrouvé à Brooklyn, de l'autre côté du fleuve.
"Apple a conçu un nouveau produit qui est joli, mais stupide. Pire, ils ont utilisé la position dominante de leur plateforme pour privilégier leur propre application par rapport à celle d'un concurrent, alors qu'elle est plus mauvaise", déplore-t-il, évoquant "un manque de fiabilité que je ne me souviens pas d'avoir vu chez Google Maps, même au moment de son lancement".
L'application de cartes de Google était jusqu'ici installée par défaut sur tous les iPhones. Faute de pouvoir la trouver dans l'appstore d'Apple, certains blogs conseillent désormais de se servir du navigateur internet du smartphone pour pouvoir y accéder.
Apple, qui semblait jusqu'ici transformer en or tout ce qu'il touchait, s'est exposé cette fois à "une douloureuse séance de flagellation publique", relève Greg Sterling, consultant chez Sterling Market Intelligence.
Renoncer à la mise à jour ?
Il prévient que cela pourrait pousser les gens à ne pas mettre à jour le logiciel de leur iPhone, voire à renoncer à acheter l'iPhone 5, mais juge quand même "étrange qu'il y autant de bugs". "On aurait pu s'attendre à ce que le groupe ait été informé de problèmes par ses développeurs, qui utilisent le nouveau système d'exploitation depuis des mois".
"Ce n'est qu'un début", a réagi par email une porte-parole d'Apple, Trudy Muller, assurant que le groupe améliorait "en permanence" ses cartes. "Plus les gens utiliseront (le service), plus il s'améliorera", a-t-elle ajouté.
Pour Greg Sterling toutefois, Apple aurait moins terni son image si d'entrée de jeu "il avait présenté Maps comme une version +beta+ (de test) et sollicité des retours des utilisateurs. En l'absence d'un tel message, tout le monde avait des attentes accrues".
Le fabricant finlandais de téléphone Nokia a en tout cas sauté sur l'occasion pour se moquer de son rival. Un de ses techniciens, Pino Bonetti, rappelle sur le blog officiel du groupe que justesse du système de cartographie, qualité et accessibilité "ont été la norme chez Nokia durant les six dernières années".
"Nous comprenons aussi que +joli+ n'est pas suffisant" : il faut "de l'excellence", ajoute-t-il.

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