Extension Factory Builder
22/09/2012 à 09:14
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Devant la caserne en feu du groupe salafiste d’Ansar al-Charia, à Benghazi, le 21 septembre 2012. Devant la caserne en feu du groupe salafiste d’Ansar al-Charia, à Benghazi, le 21 septembre 2012. © AFP

Des centaines d'habitants de Benghazi se sont rebellés vendredi contre les milices armées qui font la loi dans la ville et ont réussi à déloger le principal groupe extrémiste de son quartier général, tandis que les autorités libyennes ont mis en garde contre le "chaos".

Des centaines de manifestants ont réussi ainsi à déloger le groupe salafiste d'Ansar al-Charia de la caserne qu'il occupait au centre de Benghazi, dans l'est de la Libye, a constaté un journaliste de l'AFP. Aux cris de "le sang des martyrs n'a pas été versé en vain", les manifestants sont entrés dans la caserne qui a été saccagée, pillée et incendiée.

Ils se sont dirigés par la suite vers le quartier général de la brigade de Raf Allah al-Sahati, un groupe islamiste mais qui est sous l'autorité du ministère de la Défense, où des combats à l'arme lègère et aux roquettes ont opposé les deux camps durant deux heures, avant que la brigade ne décide de quitter les lieux.

Au moins quatre personnes ont été tuées et quarante blessées lors de ces combats, selon un décompte de l'AFP basé sur les bilans de trois hôpitaux de la ville.

Des Libyens devant la caserne en feu du groupe salafiste d’Ansar al-Charia, à Benghazi, le 21 septembre 2012.

© AFP

Des Libyens devant la caserne en feu du groupe salafiste d’Ansar al-Charia, à Benghazi, le 21 septembre 2012 Les assaillants se sont ensuite attaqués à cette installation militaire située dans une ferme dans la région de Hawari, à 15 km du centre de Benghazi, pillant des armes, des munitions et du matériel informatique, a constaté une correspondante de l'AFP.

Les autorités libyennes ont alors mis en garde contre le "chaos" et ont appelé les manifestants à faire la différence entre les brigades "illégitime" et celles qui sont sous l'autorité de l'Etat. Le président de l'assemblée nationale, Mohamed al-Megaryef, s'est félicité de la réaction de la population contre les "brigades en dehors de la légitimité", mais a appelé les manifestants à se retirer immédiatement des emplacements occupés par des brigades du ministère de la Défense, citant Raf Allah Sahati, la brigade du 17 février et Le bouclier de la Libye.

Manifestations "infiltrées"

Le ministre de l'Intérieur, Fawzi Abdelali, a mis en cause de son côté des personnes "infiltrées entre les manifestants". Certains de ces "infiltrés" font partie des services de sécurité, selon lui, et veulent le "chaos et la sédition". Dans la journée, des dizaines de milliers de Libyens avaient manifesté pacifiquement à Benghazi contre les milices armées, dix jours après l'attaque du consulat américain du 11 septembre 2012 qui avait coûté la vie à l'ambassadeur des Etats-Unis Chris Stevens et trois autres Américains.

Avant de se diriger vers la caserne d'Ansar al-Charia (les partisans de la loi islamique) les manifestants avaient déjà délogé une autre milice qui avait élu domicile dans un bâtiment de la sécurité libyenne dans le centre de la ville.

Selon des témoins, Ansar al-Charia a évacué aussi l'hôpital al-Jala qu'elle contrôlait, sous la pression des manifestants. La police militaire a pu prendre possession par la suite du bâtiment.

Au moins quatre autres installations publiques ont été désertées par des milices à l'arrivée des manifestants. L'attaque contre le consulat américain, déclenchée lors d'une manifestation contre le film anti-islam produit aux Etats-Unis, a illustré l'incapacité des autorités à assurer la sécurité dans le pays ainsi que la montée en puissance de groupes islamistes radicaux en Libye.

Le nouveau pouvoir a échoué aussi à désarmer et à dissoudre les groupes d'ex-rebelles ayant combattu le régime de Mouammar Kadhafi au cours de la révolution de 2011, bien que plusieurs d'entre eux aient intégré les ministères de la Défense et de l'Intérieur.
Benghazi, la deuxième ville de Libye, d'où était partie en 2011 la contestation qui a renversé le régime de Kadhafi, a été le théâtre ces derniers mois de plusieurs attaques contre des intérêts occidentaux et d'assassinats de responsables de la sécurité.
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

AUTRES

RDC : appel au départ de Kabila, le gouvernement répond à l'Église catholique

RDC : appel au départ de Kabila, le gouvernement répond à l'Église catholique

Le porte-parole du gouvernement de la RDC, Lambert Mende, a répondu jeudi au message des évêques du pays qui ont réitéré leur appel au départ en 2016 du président Kabila.[...]

Tunisie - Philippe Troussier : avec Sfax, "nous voulons remporter la Ligue des champions"

Dimanche à Kinshasa (RDC), Sfax se présentera avec l’étiquette de favori, lors de la demi-finale aller de la Ligue des champions face à l’AS Vita Club. Philippe Troussier, l’entra&ic[...]

RDC - Nord-Kivu : au moins deux policiers morts dans des affrontements avec des militaires

Au moins deux policiers ont été tués dans la nuit de mercredi à jeudi dans des affrontements avec des militaires congolais dans le Nord-Kivu, dans l'Est de la RDC.[...]

Nigeria : le bilan de l'effondrement d'un édifice religieux porté à 80 morts

Le nombre de victimes après l'effondrement d'un immeuble, le 12 septembre à Lagos, capitale économique du Nigeria, vient d'être porté à 80, selon un dernier bilan communiqué jeudi pa[...]

Ebola : le Sierra Leone va confiner sa population pendant trois jours

Le Sierra Leone s'apprête à lancer une opération géante de porte-à-porte à destination de ses six millions d'habitants. La population est invitée, à partir de jeudi soir, &ag[...]

Gabon : Franceville blues

Dans le fief de l'ancien président gabonais Omar Bongo Ondimba, les demeures laissées à l'abandon illustrent le changement d'ère. Les cartes du pouvoir sont aujourd'hui redistribuées.[...]

Justice : Tournaire, Sarkozy, Bolloré et... la Côte d'Ivoire

Serge Tournaire l'Africain ? Le juge français qui enquête sur un financement présumé de Sarkozy par Kadhafi pour la campagne présidentielle de 2007 s'intéresse de plus en plus au continent.[...]

Pékin va financer le chemin de fer Bamako-Conakry

Parmi les accords négociés entre la Chine et le Mali figurent la construction de la très attendue ligne de chemin de fer entre Bamako et Conakry (8 milliards de dollars), ainsi que la renovation de la ligne Ba[...]

Francophonie : Buyoya au Canada, grata ou non grata ?

Invité au Canada, le candidat burundais à la succession d'Abdou Diouf à la tête de la Francophonie, Pierre Buyoya, va essayer de prouver qu'il n'est pas interdit de séjour dans ce pays pour cause [...]

À Paris, deux expositions réconcilient la France et le Maroc

Deux grandes expositions sont programmées au Louvre et à l'Institut du monde arabe sur le Maroc à partir de la mi-octobre. Rabat et Paris se reconnectent loin de la brouille diplomatique.[...]

Maroc : le rappeur Mouad Belghawat, alias "Lhaqed", est sorti de prison

Le rappeur marocain Mouad Belghawat est libre. Lhaqued, de son surnom, est sorti de prison jeudi après avoir purgé une peine de quatre mois pour atteinte à agents des forces de l'ordre.[...]

Libye : le Parlement rejette le nouveau cabinet du Premier ministre Abdallah al-Theni

La crise se poursuit en Libye. Jeudi, le Parlement a rejeté le nouveau gouvernement formé par le Premier ministre, Abdallah al-Theni. Il lui a demandé de composer un cabinet de crise plus restreint.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex