Extension Factory Builder
16/09/2012 à 12:15
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Montage de photos des otages français au Sahel. Montage de photos des otages français au Sahel. © AFP

Deux ans après leur enlèvement au Niger, quatre Français sont toujours détenus en otages au Sahel par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui s'est emparé depuis cinq mois et demi, avec l'aide d'autres groupes islamistes armés, du nord du Mali.

Les négociations qui se sont engagées après l'enlèvement le 16 septembre 2010 à Arlit, dans le nord du Niger, des quatre salariés du groupe nucléaire français Areva et de son sous-traitant Satom, Daniel Larribe, Pierre Legrand, Marc Féret et Thierry Dole, sont particulièrement laborieuses.

"Qu'est-ce qui bloque ?", s'interrogeait mi-août la mère d'un des otages.

Alors qu'une nouvelle vidéo des otages, datée du 29 août selon l'un d'eux, a été diffusée la semaine dernière par les ravisseurs, les familles ont été reçues jeudi au palais de l'Elysée par le président François Hollande.

Le chef de l'Etat français a assuré que "tout est fait avec la plus grande détermination" pour obtenir la libération des quatre otages, exprimant aux familles "la solidarité de la nation" et rappelant "la pleine mobilisation de l'Etat" sur ce dossier.

"La principale difficulté dans ce dossier est la versatilité d'Abou Zeid, le chef d'Aqmi qui détient les quatre Français", estime le responsable de la sécurité d'un pays du Sahel.

Abou Zeid, un Algérien, est l'un des chefs les plus redoutés d'Aqmi, considéré comme responsable de la mort de deux otages occidentaux. Son chef direct, l'Algérien Nabil Makhloufi, alias Nabil Abou Alqama, qui coordonnait les actions d'Al-Qaïda dans le nord du Mali, est mort le week-end dernier dans un accident de la circulation.

"Abou Zeid est tantôt prêt à discuter, tantôt il ferme les portes, comme si le temps jouait en sa faveur, sans oublier qu'il prend aussi un peu les otages comme des boucliers pour éviter un éventuel bombardement de ses bases", ajoute le responsable de la sécurité sahélien.

Car la situation est en train d'évoluer: après la prise le 1er septembre de Douentza, ville stratégique dans le centre du Mali et proche du Nord, les autorités de transition de ce pays ont fait formellement appel à la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) pour lui demander de l'aide pour la reconquête du Nord-Mali.

Une perspective encore lointaine, mais qui pourrait expliquer que les preneurs d'otages souhaitent se garantir des boucliers humains avant toute intervention militaire.

"Les ravisseurs sont maîtres du jeu"

Une autre difficulté dans les négociations vient de la question, officiellement taboue, de la rançon exigée par les ravisseurs. Dans un premier temps, elle s'élevait à la somme de 100 millions d'euros, avant d'être légèrement revue à la baisse, selon une source proche de la médiation malienne.

Dans la vidéo diffusée le 8 septembre, l'un des otages, Daniel Larribe fait allusion à une demande de rançon, indiquant que pour les faire libérer, "il y a peut-être un prix fort à payer".

Un porte-parole du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), l'un des groupes armés qui occupe le nord du Mali, a affirmé qu'une rançon de 15 millions d'euros lui avait été payée pour la libération, mi-juillet, de trois otages européens détenus depuis octobre 2011. Ce mouvement a aussi annoncé avoir exécuté un diplomate algérien, ce qu'Alger n'a pas confirmé.

Enfin, la présence de plusieurs filières de médiation complique le dossier, selon les observateurs.

"Trop de médiations tue la médiation. Mais encore une fois, sur ce dossier, les ravisseurs sont maîtres du jeu. Ils ont un agenda. Ils le respectent", explique Tiégoum Boubèye Maïga, journaliste malien, familier des questions du nord du Mali.

"Mais les ravisseurs sont aussi otages de la situation. Ils sont obligés pour des questions de stratégie de veiller sur la santé des otages français. La mort éventuelle des otages fragiliserait leur position", explique de son côté un diplomate en poste à Bamako. Sur la dernière vidéo, les otages avaient l'air "fatigué et même épuisé", selon leurs familles.

D'après les recoupements de l'AFP effectués auprès de médiateurs de la sous-région, les otages sont détenus séparément et régulièrement déplacés, pour éviter toute opération commando pour les libérer tous. Au total, neuf Européens, dont six Français, sont retenus par Aqmi au Sahel.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Maghreb & Moyen-Orient

Algérie : Valls, Taubira et les moines de Tibhirine

Algérie : Valls, Taubira et les moines de Tibhirine

Manuel Valls, le Premier ministre français, et Christiane Taubira, la garde des Sceaux, seraient attendus en visite officielle à Alger avant la fin de l'année.L'occasion pour les familles des moines [...]

Pourquoi les médias français ne comprennent rien à la Tunisie

Clichés éculés, raccourcis stupéfiants, partialité délibérée... Les internautes tunisiens n'ont pas de mots assez durs pour qualifier la couverture de leur pays par les[...]

Israël : ces femmes juives en burqa

Mues par une obsession névrotique de la chasteté, des femmes issues du milieu ultraorthodoxe revendiquent le port du voile intégral. Sous l'oeil réprobateur des instances rabbiniques.[...]

Algérie : 1er novembre 1954, retour sur la "Toussaint rouge" de l'indépendance

Il y a soixante ans éclatait officiellement la guerre d'Algérie. Restée dans les mémoires comme la "Toussaint rouge", le 1er novembre 1954 est gravé dans les mémoires comme le [...]

1er novembre 1954 : le texte intégral de la déclaration du Secrétariat général du FLN

Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954, le Front de libération nationale algérien diffusait une déclaration portant sur l'insurrection face à l'occupation française. En voici le texte[...]

Ebola - Report de la CAN 2015 : la CAF dément "l'accord de principe"

La Confédération africaine de football (CAF) a démenti vendredi "l'accord de principe" annoncé par un quotidien marocain à propos d'un report de la Coupe d'Afrique des nations en raison[...]

Tunisie - Nida Tounes : après les législatives, le temps des alliances

L’enthousiasme suscité par les législatives tunisiennes du 26 octobre s’estompe. Les résultats sont tellement serrés que les alliances entre partis seront déterminantes.[...]

Ebola - Report de la Can 2015 : un accord de principe" aurait été trouvé

Lors d'une rencontre à Yaoundé, mercredi, entre des responsables marocains et la Confédération africaine de football (CAF), un "accord de principe" a été trouvé pour un[...]

Libye : des milices ont commis des "crimes de guerre" à l'Ouest, selon Amnesty

Dans un rapport publié jeudi, Amnesty International accuse des milices et des groupes armés d'avoir commis "des violations généralisées des droits de l'Homme, y compris des crimes de[...]

Ton divertissement, ma réalité

C'est une anecdote qu'on m'a racontée à Bruxelles la semaine dernière, qui n'est pas d'une importance planétaire, certes, mais que je tiens à partager avec vous car elle semble dire[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers