Extension Factory Builder
15/09/2012 à 16:11
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le président gambien Yahya Jammeh le 24 novembre 2011 à Addis Adeba, en Ethiopie. Le président gambien Yahya Jammeh le 24 novembre 2011 à Addis Adeba, en Ethiopie. © AFP

Sous pressions internationales, le président gambien Yahya Jammeh a annoncé la suspension, jusqu'à une date indéterminée, des exécutions de condamnés à mort en Gambie, lui qui avait initialement prévu de les faire tous fusiller avant la mi-septembre.

Au pouvoir depuis 18 ans, Yahya Jammeh avait déclaré le 19 août que tous les prisonniers dans le couloir de la mort seraient exécutés à la mi-septembre.

Une semaine plus tard, huit hommes et une femme, dont deux Sénégalais, étaient extraits de la prison Mile 2 près de Banjul et abattus.

Moratoire

L'annonce de ces exécutions avait soulevé une vague de protestations internationales, sachant que des dizaines d'autres détenus, gambiens ou étrangers, restaient sous la menace d'une exécution imminente, parmi lesquels des malades mentaux et des prisonniers politiques, selon diverses organisations indépendantes.

"Le président Yahya Jammeh a décidé d'adopter un moratoire sur les exécutions suite à de nombreux appels en ce sens du conseil des anciens, des groupes de femmes aussi bien que des groupes de jeunes à travers le pays", a annoncé vendredi soir la présidence dans un communiqué en anglais lu à la télévision d'Etat.

Cette déclaration fait aussi référence aux "appels" de dirigeants étrangers à suspendre les exécutions: ceux de "l'ancien Premier ministre sénégalais Souleymene Ndene Ndiaye aussi bien que du président de la République islamique de Mauritanie (Mohamed Ould Abdel Aziz, ndlr) et de la République de Côte d'Ivoire (Alassane Ouattara, ndlr) qui avaient envoyé leurs ministres des Affaires étrangères comme représentants spéciaux auprès du président Jammeh".

Après l'annonce des exécutions en août, son régime avait été vivement critiqué à travers le monde. Son voisin sénégalais avait protesté contre la mise à mort de deux de ses ressortissants à son insu, et annoncé qu'il allait saisir des institutions africaines et internationales pour exiger des sanctions contre Banjul.

Le régime a cependant averti que cette suspension était conditionnelle: "Il s'agit seulement d'un moratoire sur des exécutions. Si le taux de crimes violents baisse, le moratoire sera indéfini. S'il augmente, le moratoire sera automatiquement levé".

Dans ce message adressé "au grand public en Gambie et à l'étranger", la présidence a alors assuré qu'"aucun discours critique ni aucune pression" ne faisaient reculer Yahya Jammeh, qui entend bien "assurer la paix et la tranquillité pour laquelle la Gambie est renommée"...

Une façon indirecte de rappeler l'importance du tourisme pour son petit pays d'1,7 million d'habitants, bordé par le Sénégal et l'Océan Atlantique.

"Climat de terreur"

"Ce sont les pressions des organisations non gouvernementales, la fermeté internationale, qui l'ont obligé à reculer", a estimé samedi le président de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho), Alioune Tine, à Dakar. "Mais le problème de fond reste le climat de terreur qui continue de régner en Gambie, avec des arrestations, des exécutions sommaires", a dit à l'AFP M. Tine, demandant "que la communauté internationale continue à faire pression".

Amnesty International avait relevé au cours des deux dernières années une augmentation des condamnations à mort de détenus en Gambie: "Certains ont été condamnés après avoir été jugés pour des accusations à caractère politique et avoir subi des actes de torture et autres mauvais traitements visant à leur extorquer des +aveux+".

Ancien lieutenant de l'armée ayant pris le pouvoir à la faveur d'un putsch, Yahya Jammeh, 47 ans, a été officiellement élu en 1996 puis réélu trois fois. Il avait fait adopter en 2002 un amendement constitutionnel rendant les mandats présidentiels illimités.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Gambie

L'Afrique a-t-elle l'alimentation la plus saine du monde ?

L'Afrique a-t-elle l'alimentation la plus saine du monde ?

Selon une étude de l'université de Cambridge, qui casse les clichés sur l'Afrique, le continent africain abriterait neuf des dix pays qui mangent le plus sainement au monde. Parmi eux, certains n’&eacu[...]

Macky Sall et Yaya Jammeh : "Je t'aime, moi non plus"

Convié à la célébration officielle du cinquantenaire de l'indépendance gambienne, ce mercredi, à Banjul, le président sénégalais, Macky Sall, a décliné[...]

En pleine répression, la Gambie célèbre ses cinquante ans d'indépendance dans la terreur

"Jammin with Jammeh" ? Pas vraiment… Le dictateur gambien et les membres de son régime sont bien les seuls à célébrer, ce mercredi 18 février, les cinquante ans[...]

Gambie : ils voulaient renverser Jammeh

Fin décembre, un petit commando prenait d'assaut le palais présidentiel de Yahya Jammeh, à Banjul. Retour sur une tentative de coup d'État qui a tourné au fiasco.[...]

Sénégal : l'opposant gambien Cheikh Sidya Bayo a été expulsé en France

Arrêté à Dakar le 3 janvier pour trouble à l'ordre public, l'opposant gambien Cheikh Sidya Bayo a été expulsé dans la nuit de 13 au 14 janvier vers Paris. Il avait publiquement[...]

CPI - Gambie : Fatou Bensouda, procureur à poigne

Les femmes puissantes sont de plus en plus nombreuses sur le continent. Voici notre sélection - forcément subjective - des 50 Africaines les plus influentes au monde.[...]

Coup d'État manqué en Gambie : les détails de l'opération selon le FBI américain

La justice américaine vient d'inculper deux Américains d'origine gambienne impliqués dans la tentative de coup d'État qui s'est déroulée le 30 décembre à Banjul, en[...]

Gambie : qui est l'opposant Cheikh Sidya Bayo, arrêté au Sénégal ?

Le jeune opposant gambien Cheikh Sidya Bayo a été interpellé à Dakar quelques jours après le coup d'État manqué contre Yahya Jammeh. Accusé de porter atteinte à[...]

Coup d'État manqué en Gambie : deux Américains dans le viseur de la justice

Deux Américains d'origine gambienne accusés d'avoir préparé la tentative de putsch contre le président gambien, Yahya Jammeh, le 30 décembre, vont comparaître lundi devant la[...]

Gambie : les forces de l'ordre manifestent en soutien au président Jammeh

Des centaines de membres des forces de l'ordre gambiennes, dont des soldats et des policiers, ont manifesté samedi à Banjul pour soutenir le régime du président Yahya Jammeh, quatre jours après[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Purging www.jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20120915161133 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20120915161133 from 172.16.0.100