Le 10 septembre, le Mouvement du 23 mars (M23) a fait savoir qu’il était prêt à s’entretenir avec le président ougandais Yoweri Museveni pour trouver une solution politique à la crise. Depuis le mois de mai, le groupe rebelle affronte les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et de la Monusco dans l’est du pays.
Le 8 septembre s’est tenu à Kampala un mini-sommet, le troisième en deux mois, de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Les participants devaient y définir les contours d’une force d’interposition neutre pour faire cesser les combats qui opposent les rebelles du M23 à l’armée régulière congolaise et à la Monusco dans l’est de la RDC. Si la rencontre s’est finalement achevée sans avancées concrètes, elle a cependant donné mandat au président ougandais, Yoweri Museveni, pour « continuer les pourparlers » avec les parties en conflit, selon la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo.
Du côté du M23, on semble satisfait du travail entamé par le président ougandais : « Nous saluons cette initiative de la part de son excellence Yoweri Museveni de négocier avec nous. Nous allons nous asseoir avec lui pour présenter notre cahier des charges », a déclaré à le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole du mouvement. Selon la même source, le haut-commandement, les cadres militaires et les membres du bureau politique du groupe armé devraient se réunir dans la semaine « pour prendre une décision sur ce qu'il y aura dans notre cahier des charges ».
Éviter le recours à la force
L’ambition de ce dialogue annoncé est de trouver une solution politique pour éviter la poursuite des affrontements. Le porte-parole du M23 a fait savoir que le groupe armé souhaitait la présence, au dialogue, de représentants de la société civile et de l’opposition pour « vider totalement le problème de la crise ». Mais les échanges s’annoncent houleux dans la mesure où la rébellion est accusée par ces mêmes représentants d’avoir commis de nombreuses exactions (assassinats, pillages, racket...).
L’autre souhait émis par le M23 : la présence du président congolais en personne à la table des négociations. « Nous aimerions que le chef de l'État congolais Joseph Kabila soit là. Il faut qu'il soit là, qu'on discute avec lui ». Or c’est certainement ce point qui est le plus incertain. On se souvient qu’après avoir proposé aux mutins de regagner les rangs de l’armée régulière, Joseph Kabila avait durci le ton et rejeté toute négociation avec la rébellion.
Interrogé par la presse sur la nécessité de la présence du président rwandais Paul Kagamé - absent du sommet de Kampala, contrairement à Joseph Kabila - le groupe rebelle a jugé sa présence inutile.
« Non, non. Ça dépendra de la volonté de Kinshasa et du médiateur ougandais, mais nous nous n'avons pas un problème avec les Rwandais. L'essentiel est que le président Kabila soit là (...) parce que le problème est congolo-congolais », a-t-il affirmé. Des déclarations qui vont dans le sens de Kigali qui dément tout soutien à la rébellion.
Force neutre
Le mini-sommet qui s’est tenu le 8 septembre à Kampala a conclu que la force neutre d’interposition pourrait être opérationnelle d’ici trois mois. Elle serait placée sous mandat de l'Union africaine (UA) et de l'ONU.
Elle devrait avoir pour mission de faire barrage au hommes du M23 qui sont issus de la rébellion congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), accusée à l’époque d'être soutenue par le Rwanda et intégrée dans l'armée en 2009 après un accord de paix avec Kinshasa, dont ils réclament la pleine application.
La mission devra aussi stopper les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Cette rébellion hutue, combattue par Kigali pour sa participation présumée au génocide du Rwanda en 1994, est toujours très active et commet des exactions contre les populations de la région depuis des années.
(Avec AFP)

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