Extension Factory Builder
11/09/2012 à 09:55
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Un rebelle du M23. Un rebelle du M23. © AFP

Le 10 septembre, le Mouvement du 23 mars (M23) a fait savoir qu’il était prêt à s’entretenir avec le président ougandais Yoweri Museveni pour trouver une solution politique à la crise. Depuis le mois de mai, le groupe rebelle affronte les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et de la Monusco dans l’est du pays.

Le 8 septembre s’est tenu à Kampala un mini-sommet, le troisième en deux mois, de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Les participants devaient y définir les contours d’une force d’interposition neutre pour faire cesser les combats qui opposent les rebelles du M23 à l’armée régulière congolaise et à la Monusco dans l’est de la RDC. Si la rencontre s’est finalement achevée sans avancées concrètes, elle a cependant donné mandat au président ougandais, Yoweri Museveni, pour « continuer les pourparlers » avec les parties en conflit, selon la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo.

Du côté du M23, on semble satisfait du travail entamé par le président ougandais : « Nous saluons cette initiative de la part de son excellence Yoweri Museveni de négocier avec nous. Nous allons nous asseoir avec lui pour présenter notre cahier des charges », a déclaré à le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole du mouvement. Selon la même source, le haut-commandement, les cadres militaires et les membres du bureau politique du groupe armé devraient se réunir dans la semaine « pour prendre une décision sur ce qu'il y aura dans notre cahier des charges ».

Éviter le recours à la force

L’ambition de ce dialogue annoncé est de trouver une solution politique pour éviter la poursuite des affrontements. Le porte-parole du M23 a fait savoir que le groupe armé souhaitait la présence, au dialogue, de représentants de la société civile et de l’opposition pour « vider totalement le problème de la crise ». Mais les échanges s’annoncent houleux dans la mesure où la rébellion est accusée par ces mêmes représentants d’avoir commis de nombreuses exactions (assassinats, pillages, racket...).

L’autre souhait émis par le M23 : la présence du président congolais en personne à la table des négociations. « Nous aimerions que le chef de l'État congolais Joseph Kabila soit là. Il faut qu'il soit là, qu'on discute avec lui ». Or c’est certainement ce point qui est le plus incertain. On se souvient qu’après avoir proposé aux mutins de regagner les rangs de l’armée régulière, Joseph Kabila avait durci le ton et rejeté toute négociation avec la rébellion.

Interrogé par la presse sur la nécessité de la présence du président rwandais Paul Kagamé - absent du sommet de Kampala, contrairement à Joseph Kabila - le groupe rebelle a jugé sa présence inutile.

« Non, non. Ça dépendra de la volonté de Kinshasa et du médiateur ougandais, mais nous nous n'avons pas un problème avec les Rwandais. L'essentiel est que le président Kabila soit là (...) parce que le problème est congolo-congolais », a-t-il affirmé. Des déclarations qui vont dans le sens de Kigali qui dément tout soutien à la rébellion.

Force neutre

Le mini-sommet qui s’est tenu le 8 septembre à Kampala a conclu que la force neutre d’interposition pourrait être opérationnelle d’ici trois mois. Elle serait placée sous mandat de l'Union africaine (UA) et de l'ONU.

Elle devrait avoir pour mission de faire barrage au hommes du M23 qui sont issus de la rébellion congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), accusée à l’époque d'être soutenue par le Rwanda et intégrée dans l'armée en 2009 après un accord de paix avec Kinshasa, dont ils réclament la pleine application.

La mission devra aussi stopper les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Cette rébellion hutue, combattue par Kigali pour sa participation présumée au génocide du Rwanda en 1994, est toujours très active et commet des exactions contre les populations de la région depuis des années.

(Avec AFP)
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

RD Congo

RDC : que deviennent les militants congolais arrêtés le 15 mars ?

RDC : que deviennent les militants congolais arrêtés le 15 mars ?

Près de deux semaines après leur arrestation à l’issue d’une conférence de presse organisée avec les responsables de Y’en a marre et le Balai citoyen, plusieurs militants congol[...]

Mouvements citoyens africains : qui sont ces jeunes leaders qui font du bruit ?

Citoyens avant tout, ils se sont pourtant imposés comme des acteurs politiques à part entière. Smockey le Burkinabè, Fadel Barro le Sénégalais, Fred Bauma le Congolais... Voici notre[...]

Rififi à Conakry

Difficile de s'y retrouver quand pouvoirs et oppositions font des calendriers électoraux un enjeu majeur de la démocratie.[...]

RDC : la Monusco reconduite, mais réduite

La Monusco comptera 2 000 soldats de moins. Cette reconduction du mandat de la force onusienne survient en pleine brouille entre les Nations unies et Kinshasa.[...]

RDC : les Américains derrière les mouvements citoyens ?

Les autorités congolaises, qui ont durement mis fin à la rencontre entre les mouvements citoyens étrangers et congolais la semaine dernière, ont trouvé en Washington un responsable à ce[...]

RDC : trente éléphants tués en quinze jours par des braconniers dans le parc de la Garamba

Trente éléphants ont été abattus en deux semaines dans le Parc national de la Garamba, dans le nord-est de la RDC. Les responsables du parc accusent un groupe de braconniers soudanais d'avoir commis[...]

RDC : remous dans la majorité au sujet de la loi électorale

Sept partis de la majorité congolaise (RDC) ont exprimé leurs inquiétudes sur la révision de la Constitution. Après une réunion agitée, ils ont fini par rentrer dans le rang. [...]

RDC : face aux rebelles rwandais, l'armée progresse sans vrai combat

"Une guerre sans combattants?" L'armée congolaise progresse au Sud-Kivu face à des rebelles rwandais des FDLR qui préfèrent fuir, faisant craindre que les problèmes causés par[...]

RDC - Football : Florent Ibenge, le plafond de verre et le tremplin chinois

En moins de deux ans, Florent Ibenge s’est construit une belle notoriété internationale, en qualifiant l’AS Vita Club pour la finale de la Ligue des champions 2014, puis en installant la RDC sur la[...]

RDC : pourquoi dix militants congolais sont-ils toujours sous les verrous ?

Arrêtés le 15 mars à Kinshasa, à l’issue d’une conférence de presse organisée avec les responsables de Y’en a marre et le Balai citoyen, dix militants congolais[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20120911093721 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20120911093721 from 172.16.0.100