Extension Factory Builder
09/09/2012 à 09h:51
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des manifestants ont mis le feu à un pneu sur une route de Kasserine. Des manifestants ont mis le feu à un pneu sur une route de Kasserine. © AFP

La ville de Kasserine dans le centre-ouest tunisien a connu samedi un regain de tension avec protestations et entrée en grève de la faim de proches des victimes de la révolution de 2011.

Des dizaines d'habitants évacués du bureau du gouverneur (préfet) qu'ils avaient occupé jeudi en signe de mécontentement poursuivaient samedi leur sit-in dans les locaux de la centrale syndicale (UGTT). Vingt-trois d'entre eux ont déclaré observer une grève de la faim. Ces manifestants exigent travail, justice et indemnisation pour les blessés et proches des victimes de la révolution qui a renversé le régime de Zine El Abidine Ben Ali en janvier 2011. Ils réclament aussi le départ du gouverneur, un membre du parti islamiste au pouvoir Ennahda désigné récemment et accusé d'avoir refusé de se charger du dossier des victimes de la révolution. Des images des protestaires occupant le bureau du gouverneur et portant les portraits de leurs proches décédés ont été montrées à la télévision nationale.

Le gouvernement a rappelé samedi qu'une commisssion avait été chargée du recrutement dans la fonction publique des blessés et des proches de victimes. Le ministre des droits de l'Homme, Samir Dilou, a souhaité de son côté l'accélération d'une procédure législative pour la mise en place d'un comité devant arrêter la liste définitive des victimes en vue de leur indemnisation. Le dédommagement des morts et des blessés de la révolution (environ 300 morts et 2.000 blessés selon un décompte provisoire) a pris un grand retard en raison de la complexité du dossier.

Colère contre Ennahda

Les proches de victimes de Kasserine, région déshéritée et bastion de la révolte (21 morts), avaient déjà observé un sit-in de plusieurs jours en août dans les locaux de l'UGTT. Le gouvernement, dominé par Ennahda, a suscité la colère des familles de victimes, qui n'ont pas reçu de réparations satisfaisantes, en annonçant en juillet vouloir indemniser les prisonniers politiques de l'ancien régime, des islamistes pour la plupart.

Un deuxième rassemblement de protestation a eu lieu par ailleurs samedi à Kasserine. Quelque 200 travailleurs journaliers ont manifesté devant le siège de la mairie pour le paiement de leurs salaires de juillet et août. Le maire a tenté de négocier avec ces hommes en colère avant de faire fermer les portes de son administration gardée par la police et des militaires venus en renfort.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Tunisie

Festival de Cannes : un Africain va-t-il enfin gagner la palme ?

Festival de Cannes : un Africain va-t-il enfin gagner la palme ?

Cette année, deux films réalisés par des cinéastes d'origine africaine sont en lice pour la palme : "Grigris" du Franco-Tchadien Mahamat-Saleh Haroun et "La vie d’Adèle"[...]

Droits de l'homme : portrait d'une Afrique très contrastée

Du Mali à l’Afrique du Sud, en passant par la Côte d’Ivoire et la RDC, les droits de l’homme ont souffert sur le continent africain en 2012. Mais au-delà de dégradations liées[...]

Fadhel Jaïbi : "Dans les mosquées tunisiennes, on cache les armes de l'oppression de demain"

Radical, le dramaturge tunisien évoque sans langue de bois son nouveau spectacle, "Tsunami", un flot tourmenté en prise directe avec la Tunisie postrévolutionnaire.[...]

Henry Laurens : "Le Printemps arabe est une révolution de la normalité"

Dans toute le monde arabo-berbère, les conséquences des bouleversements politiques survenus en 2011 ne laissent pas d'inquiéter. Analyse en profondeur d'un grand spécialiste du sujet.[...]

Le coronavirus tue pour la première fois en Tunisie

Le coronavirus fait un nouveau mort et pour la première fois en Afrique du Nord, en Tunisie. À ce jour, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recensé 20 cas d’infection mortels dont[...]

Tunisie : Amira Yahyaoui, une forte tête à l'ANC

La blogueuse Amira Yahyaoui a fondé l'ONG Al Bawsala, un observatoire de la transparence et de la bonne gouvernance qui rend compte, sur le site marsad.tn, de l'activité de l'ANC.[...]

Tunisie : Ansar al-Charia appelle ses partisans à manifester vendredi

Ansar al-Charia a appelé à manifester vendredi 24 mai à Kairouan pour protester contre l'interpellation, dimanche dernier, de son porte-parole Seifeddine Raïs. Les autorités tunisiennes ont[...]

Tunisie : la république en terrain miné

Depuis le 29 avril, l'armée et la garde nationale ratissent le Jebel Chaambi pour débusquer un groupe de jihadistes engagés dans une tentative de déstabilisation régionale.[...]

Tunisie : bras-de-fer islamo-islamiste

Le débat politique tunisien est-il devenu une querelle entre islamistes ? Le torchon brûle entre Ennahdha et Ansar al-Sharia.[...]

Tunisie : 200 salafistes arrêtés après les violences de dimanche

Le Premier ministre tunisien, Ali Larayedh, a annoncé lundi 20 mai l'arrestation d'environ 200 islamistes radicaux d'Ansar al-Charia lors de heurts avec la police ayant suivi l'interdiction du congrès du mouvement[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers