Extension Factory Builder
09/09/2012 à 09:42
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le président de la RDC Joseph Kabila arrive à Kampala, le 7 septembre 2012. Le président de la RDC Joseph Kabila arrive à Kampala, le 7 septembre 2012. © AFP

Un nouveau mini-sommet des pays des Grands Lacs a une nouvelle fois échoué samedi à Kampala à définir les contours d'une force neutre devant être déployée dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), en proie à une nouvelle poussée de violences depuis le printemps.

La nouvelle rencontre des dirigeants des pays de la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) était la troisième en deux mois consacrée à la crise en RDC. Seuls trois présidents ont répondu samedi présents à l'invitation de leur homologue ougandais Yoweri Museveni : le dirigeant de RDC Joseph Kabila, le Tanzanien Jakaya Kikwete et le Sud-Soudanais Salva Kiir, dont le pays n'est encore qu'un futur membre de la CIRGL. Grand absent de ce mini-sommet : le Rwandais Paul Kagame, dont le pays est accusé par la RDC et l'ONU de soutenir la mutinerie dite du "M23" qui affronte l'armée régulière congolaise depuis le printemps dans l'est de la RDC, région chroniquement instable.

L'idée d'une force neutre pour "éradiquer" les groupes armés actifs dans la zone -- le M23 mais pas seulement -- avait été lancée en marge d'un sommet de l'Union africaine (UA) dès la mi-juillet. Mais samedi, le communiqué de la CIRGL publié à l'issue de la réunion apportait encore peu d'éléments sur la future force : tout juste indique-t-il qu'elle serait déployée "sous un mandat de l'UA et des Nations unies".

Un groupe de quatre pays -- Kenya, Angola, République du Congo, Tanzanie -- a été chargé de faire une présentation, devant l'UA, de sa mise en place et la CIRGL demande à nouveau à ses ministres de la Défense de se retrouver très vite pour travailler à "l'opérationalisation de la force internationale neutre, en vue de la déployer dans un délai de trois mois". La Tanzanie a offert sa participation à la future force et un nouveau sommet a été en attendant reprogrammé dans un mois.

Des dizaines de milliers de déplacés et réfugiés

Début août, les dirigeants de la CIRGL avaient déjà échoué à se mettre d'accord sur la complexe composition de la force neutre. Une solution impliquant la mission de l'ONU en RDC (Monusco) avait les faveurs de Kinshasa, mais Kigali ne cache pas sa défiance envers la force onusienne. Depuis, mi-août, le ministre de la Défense de RDC, Alexandre Luba Ntambo, avait indiqué qu'elle pourrait comporter "4.000 hommes" issus de "pays africains". Mais il avait aussi jugé "normal" que les pays concernés par les troubles -- Rwanda, RDC, mais aussi Ouganda et Burundi -- n'y participent pas. Le Burundi était allié au Rwanda et à l'Ouganda lors des deux guerres régionales qui les ont opposés à la RDC dans la deuxième moitié des années 90.

Les nouvelles violences ont ravivé les tensions régionales ces derniers mois. Lundi encore, la RDC a accusé Kigali d'avoir profité d'un récent retrait officiel de la région de militaires rwandais pour aussi "exfiltrer" des hommes qui, dit-elle, avaient "attaqué" son armée avec le M23. Quelques centaines de militaires rwandais ont quitté il y a une semaine le territoire congolais de Rutshuru, en partie contrôlé par le M23, pour rentrer chez eux. Ils faisaient partie d'un bataillon congolo-rwandais déployé en 2009 pour une opération conjointe destinée à combattre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), une rébellion hutu combattue par Kigali pour sa participation présumée au génocide du Rwanda en 1994 et qui sévit contre les populations de l'est de la RDC depuis des années.

A l'ouverture du mini-sommet samedi, le représentant permanent de l'ONU en Afrique centrale, Abou Moussa, a redit les Nations unies prêtes à offrir une aide "appropriée", en "coopération avec les pays de l'Union africaine et les partenaires régionaux et internationaux" pour résoudre la crise. Il s'est aussi redit préoccupé par "les situations sécuritaires et humanitaires dans l'est de la RDC" et a de nouveau appelé à l'arrêt de tous les "soutiens extérieurs" au M23. Depuis avril, les nouveaux combats dans la région ont fait plus de 220.000 déplacés à l'intérieur de la RDC et forcé quelque 57.000 autres personnes à fuir au Rwanda et en Ouganda voisins.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

RD Congo

RDC : des centaines d'otages restent aux mains des rebelles de l'ADF-Nalu

RDC : des centaines d'otages restent aux mains des rebelles de l'ADF-Nalu

Des opérations militaires menées contre les rebelles de l’Armée nationale de libération de l’Ouganda (ADF-Nalu), actifs à l’est de la République démocratique du [...]

Ebola en RDC : déjà 31 morts selon l'OMS, mais l'épidémie reste "circonscrite"

Le bilan de l'épidémie d'Ebola que connaît la RDC depuis le 11 août est officiellement passé à 31 morts. Mais la zone touchée, dans la région de l'Équateur, est[...]

RDC : le gouvernement met en avant ses efforts pour lutter contre les violences sexuelles

À l'occasion d'une conférence de presse organisée lundi par les Nations Unies et le gouvernement de République démocratique du Congo, les autorités congolaises ont cherché[...]

RDC - Félix Tshisekedi : "Aucun parti ne peut gagner seul"

Après deux semaines passées au chevet de son père, l’opposant congolais (RDC) Étienne Tshisekedi, à Bruxelles, Félix Tshisekedi retourne dans la mêlée Kinoise.[...]

RDC : la mort du général Bahuma suscite un grand malaise à Goma

Depuis l'annonce du décès du général Bahuma, commandant de l'armée congolaise dans le Nord-Kivu, les habitants de Goma sont inquiets et en colère. Ils ont manifesté lundi dans les[...]

RDC : mauvaise nouvelle pour Congo News

Lundi 1er septembre, la Chambre du conseil de RDC a placé Mike Mukebayi en détention préventive. L’éditeur du journal Congo News est poursuivi pour diffamation. Auparavant, le ministre des[...]

Sindika Dokolo, l'homme qui collectionne les pièces... d'art contemporain

Businessman congolais et époux d'Isabel dos Santos, la fille du président angolais, Sindika Dokolo est surtout connu pour sa passion pour les créateurs africains.[...]

Référendum

En brumeuse Écosse le 18 septembre, mais surtout, en ce qui nous concerne, au Burkina, dans les deux Congo, au Rwanda et au Burundi, cinq pays où pourraient être organisées dès 2015[...]

RDC : qui était le général Lucien Bahuma, chef de l'armée au Nord-Kivu ?

L'armée congolaise connaît un coup dur avec la mort du général Lucien Bahuma, chef d'état-major de la région troublée du Nord-Kivu, qui a joué un rôle clef dans les[...]

RDC : mort du chef de l'armée au Nord-Kivu après un malaise

Le général Lucien Bahuma, chef de l'armée congolaise pour la région troublée du Nord-Kivu, est mort dans la nuit de samedi à dimanche en Afrique du Sud après avoir fait un malaise[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex