Extension Factory Builder
08/09/2012 à 10:12
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Vladimir Poutine et Hillary Clinton le 8 septembre 2012 à Vladivostok. Vladimir Poutine et Hillary Clinton le 8 septembre 2012 à Vladivostok. © AFP

La Russie a indiqué samedi qu'elle pousserait le Conseil de sécurité de l'Onu à approuver l'accord de Genève sur les principes d'une transition en Syrie, mais Washington a prévenu qu'il n'accepterait une résolution que si elle prévoyait des sanctions.

"Il y a le projet de tenir une réunion spéciale du Conseil de sécurité de l'ONU avec la participation des ministres sur la question syrienne", a déclaré à des journalistes le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov à Vladivostok, dans l'Extrême-Orient russe, où a lieu le sommet annuel du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec).

Il a indiqué que cette réunion aurait lieu fin septembre. "La Russie plaidera pour que le conseil de sécurité approuve le communiqué de Genève", a-t-il ajouté, à l'issue d'une rencontre bilatérale avec la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton. Un accord sur les principes d'une transition en Syrie, soutenu par la Russie, a été adopté le 30 juin à Genève par le Groupe d'action sur la Syrie, après l'échec du plan Annan. Ce texte ne contient aucun appel au président syrien Bachar al-Assad à renoncer au pouvoir. M. Lavrov a par ailleurs souligné que Moscou, partenaire de longue date du régime syrien, ne soutiendrait "aucune sanction parce que les sanctions n'apporteront rien".

Or, Mme Clinton a, lors de sa discussion avec son homologue russe, répété que toute résolution devait prévoir des sanctions si M. Assad ne la respectait pas, selon un haut responsable américain parlant sous couvert d'anonymat. Mme Clinton, citée par ce haut responsable, a dit à M. Lavrov que "dans le contexte actuel d'escalade de la violence, nous devons faire plus, si nous pouvons, au Conseil de sécurité pour envoyer un message fort". Mais elle a ajouté qu'une résolution de l'ONU "ne ferait pas avancer les choses sauf si elle prévoyait de réelles conséquences en cas de non-respect", comme des sanctions économiques.

"Les sanctions unilatérales américaines" touchent "aux intérêts des entreprises russesé

La Russie a bloqué à trois reprises avec la Chine des résolutions occidentales à l'ONU visant à faire pression par la menace de sanctions sur le régime. Jeudi, Vladimir Poutine a balayé les appels internationaux à modifier sa position sur ce dossier, demandant au contraire aux Occidentaux et aux pays arabes qui soutiennent la rébellion de changer de point de vue sur la résolution de ce conflit qui dure depuis 18 mois. En l'absence de pressions diplomatiques sérieuses, a souligné Mme Clinton, les Etats-Unis restent engagés à "accélérer leur travail avec des pays partageant les mêmes points de vue pour hâter la fin" du régime Assad, alors que les violences en Syrie ont fait plus de 26.000 morts depuis le début de la révolte en mars 2011 selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) et quelque 20.000 selon l'ONU.

M. Lavrov a pour sa part critiqué les sanctions américaines vis-à-vis de la Syrie, mais aussi de l'Iran, dont le programme nucléaire est controversé. "Les sanctions unilatérales américaines contre la Syrie et l'Iran prennent de plus en plus un caractère extra-territorial qui touche aux intérêts des entreprises russes", a-t-il dit, indiquant avoir fait part de ses inquiétudes à Mme Clinton.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Moyen-Orient

Israël : ces femmes juives en burqa

Israël : ces femmes juives en burqa

Mues par une obsession névrotique de la chasteté, des femmes issues du milieu ultraorthodoxe revendiquent le port du voile intégral. Sous l'oeil réprobateur des instances rabbiniques.[...]

Questions simples sur l'Orient compliqué

La pensée unique a toujours accompagné la bataille, comme un poisson parasite sur le dos d'une baleine. Dans le contexte actuel de guerre ouverte entre l'Occident et l'hydre jihadiste, les interrogations - [...]

Une histoire du jihad, l'épisode afghan et la théorie du "jihad total" (#2)

Dans une série d'articles consacrés à l'histoire du jihad, Laurent Touchard revient, pour son deuxième billet, sur l'épisode afghan et la naissance du concept de "jihad total".[...]

L'impossible "État palestinien"

C'est le Moyen-Orient qui sollicite, une fois de plus, notre attention cette semaine. Non pas parce qu'il est le théâtre de conflits armés d'un nouveau genre ou d'atroces guerres civiles. Ni à[...]

Accusée d'adultère, une Syrienne est lapidée par son père et des jihadistes

Une Syrienne a été lapidée par son père et des jihadistes de l'organisation de l'État islamique dans le centre de la Syrie, selon une vidéo publiée mardi sur Youtube. Elle[...]

Forces irakiennes : l'armée des ombres

Désorganisées, mal formées, livrées à elles-mêmes, les forces de sécurité nationales irakiennes essuient déroute sur déroute face aux jihadistes de [...]

Syrie : à Kobané, l'armée américaine largue des armes aux Kurdes

L'armée américaine a annoncé dimanche soir avoir largué pour la première fois des armes aux combattants kurdes qui défendent la ville syrienne de Kobané, assiégée[...]

L'Occident et "les autres"

La croissance économique y est désormais plus faible que dans le reste du monde et il peine à sortir de la crise qui l'a frappé en 2008. Mais il continue de tenir le volant et de diriger la[...]

Kurdistan Irakien : Daesh, l'ennemi utile

Partenaire privilégié des Occidentaux dans leur guerre contre l'État islamique, le gouvernement autonome kurde n'en manoeuvre pas moins habilement pour tirer son épingle du jeu. Reportage.[...]

Finance : Dubaï est de retour !

Cinq ans après avoir frôlé la faillite, le petit émirat enchaîne les opérations boursières. Son ambition : devenir une passerelle vers l'Afrique et les pays émergents.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers