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02/09/2012 à 16:24
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Le prix Nobel de la paix, l'archevêque, Desmond Tutu à New Delhi le 9 février. Le prix Nobel de la paix, l'archevêque, Desmond Tutu à New Delhi le 9 février. © AFP

L'archevêque noir sud-africain et prix Nobel de la paix Desmond Tutu a estimé dimanche 2 septembre dans l'Observer britannique que les anciens dirigeants américain et britannique George Bush et Tony Blair devraient être jugés à la Haye pour la guerre en Irak, basée selon lui sur "un mensonge". "Une vieille antienne", lui a rétorqué M. Blair immédiatement dans un communiqué.

Mgr Tutu expliquait dans une tribune les raisons pour lesquelles il a renoncé, cette semaine, à participer à Johannesburg à une conférence à laquelle assistait aussi l'ancien Premier ministre britannique.

L'archevêque reproche à MM. Bush et Blair d'avoir menti en prenant pour prétexte à l'invasion de l'Irak la possible présence dans le pays d'armes de destruction massive, alors qu'ils voulaient uniquement "se débarrasser de Saddam Hussein", son ancien président.

Mgr Tutu estime que MM. Blair et Bush ont ainsi "déstabilisé et polarisé le monde à un degré jamais atteint par aucun autre conflit dans l'histoire", "avec le spectre de la Syrie et de l'Iran devant nous".

Il cite des chiffres selon lesquels leur décision a abouti à ce que, rien qu'en Irak, "6,5 personnes meurent quotidiennement dans des attaques-suicides et des explosions de véhicule". "Plus de 110.000 irakiens sont morts dans ce conflit depuis 2003, des millions ont été déplacés", et fin 2011, "près de 4.500 soldats américains avaient été tués et plus de 32.000 blessés", ajoute-t-il.

"Rien que pour ces faits, dans un monde cohérent, les responsables de ces souffrances et de ces pertes de vies humaines devraient suivre le même chemin que certains de leurs pairs africains et asiatiques qui ont eu à répondre de leurs actes (devant la cour internationale de Justice de) la Haye", soutient-il.

"Les bons dirigeants, conclut Mgr Tutu, sont les gardiens de la morale", et "la question n'est pas de savoir si Saddam Hussein était gentil ou méchant, ou combien de personnes de son peuple il a massacré. La question est que M. Bush et M. Blair n'auraient jamais dû s'abaisser à ce niveau d'immoralité".

"Vieille antienne"

Tout en professant "un grand respect pour le combat contre l'apartheid" de l'archevêque, M. Blair a qualifié sur son site internet de "vieille antienne" ses accusations de mensonge, alors que "toutes les analyses indépendantes ont démontré" le contraire, selon lui.

Il juge aussi "bizarre" de la part de Mgr Tutu de considérer que "le massacre par Saddam de centaines de milliers de ses concitoyens est sans rapport avec la moralité" dans la décision de le renverser.

M. Blair considère plutôt que le massacre de 5.000 personnes à l'arme chimique dans la ville d'Halabja en 1988, ou "le million de morts de la guerre Iran-Irak", "en partie avec des armes chimiques" également, l'assassinat par Saddam de ses opposants politiques, ou encore "la torture systématique de son peuple", "rendent au contraire très moral" de l'avoir renversé.

"En gros c'est toujours le même débat, que nous avons eu de nombreuses fois, avec rien de nouveau à ajouter. Mais "dans une démocratie bien portante, les gens peuvent être d'accord pour ne pas être d'accord", ironise-t-il.

"En dépit des problèmes, l'économie de l'Irak est aujourd'hui au moins trois fois ce qu'elle était, et la mortalité des enfants a été réduite d'un tiers", note enfin M. Blair.

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