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26/08/2012 à 10:56
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Le Mausolée d'Al-Chaab al-Dahmani, près du centre de Tripoli, après l'attaque des islamistes. Le Mausolée d'Al-Chaab al-Dahmani, près du centre de Tripoli, après l'attaque des islamistes. © AFP

Les autorités libyennes ont dénoncé samedi la destruction de mausolées musulmans par des islamistes fondamentalistes, promettant de poursuivre les responsables, tandis que les ministres de l'Intérieur et de la Défense accusés de laxisme, sont sur la sellette.  

Le président du Congrès général national (CGN), la plus haute autorité du pays depuis les élections du 7 juillet", a dénoncé "la destruction et le pillage de plusieurs bâtiments et manuscrits qui représentent une époque de l'histoire de notre pays et qui ont un caractère scientifique, civilisationnel et historique".

"Ces actes sont rejetés et interdits par la loi et la charia, ce qui rend les responsables poursuivis par la loi", a déclaré Mohamed al-Megaryef dans un discours à la télévision nationale.

Samedi matin, des islamistes radicaux ont démoli à coup de pelleteuse le Mausolée d'Al-Chaab al-Dahmani, près du centre de Tripoli, et ont profané le tombeau de ce sage, lieu de pèlerinage pour certains musulmans, notamment les soufis, selon un journaliste de l'AFP.

La veille, des dizaines d'intégristes avaient fait exploser le Mausolée du cheikh Abdessalem al-Asmar, un théologien soufi du XVIème siècle, à Zliten, à 160 km à l'est de Tripoli, théâtre d'affrontements depuis jeudi soir, selon une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

Sur cette vidéo, on peut voir l'explosion du mausolée, le plus important en Libye, sur fond de cris proclamant "Dieu est le plus grand".

Prendre les "mesures nécessaires"

Une bibliothèque et une université au nom du cheikh al-Asmar ont également été la cible d'actes de destruction et de pillage, selon des sources de sécurité locales.

Par ailleurs, des témoins ont indiqué samedi à l'AFP qu'un autre mausolée, celui du Cheikh Ahmed al-Zarrouk, avait été détruit à Misrata, à 200 km à l'est de Tripoli.

Les intégristes s'opposent à ces sanctuaires érigés à la mémoire de saints car ces derniers font l'objet d'une "vénération" qui, selon eux, contrevient à l'unicité de Dieu, précepte fondateur de l'islam.

M. Megaryef a accusé des membres des services de sécurité et des ex-rebelles de participer à ces attaques, affirmant que le CGN a incité en vain le gouvernement a traiter avec ces évènements.

"Le CGN n'hésitera pas à prendre les mesures nécessaires", a-t-il sans autre précision.

M. Megaryef a indiqué par ailleurs que le chef du gouvernement, les ministres de la Défense et de l'Intérieur, le chef des renseignements et les responsables des services de sécurité ont été convoqués au Congrès pour répondre dimanche aux questions des députés.

Laxisme

Le ministère de l'Intérieur est sous les feux des critiques depuis les attentats à la voiture piégée dimanche à Tripoli, qui avaient fait deux morts et après l'annonce de la saisie de dizaines de chars et de lance-missiles chez une milice de partisans de l'ancien régime de Mouammar Kadhafi, à une soixantaine de km à l'est de Tripoli.

Des membres du CGN ont demandé samedi le limogeage des ministres de la Défense et de l'Intérieur, accusés de laxisme. "Il y a eu des demandes pour limoger les ministres de la Défense et de l'Intérieur mais le congrès a décidé de les convoquer d'abord pour les entendre", a déclaré un membre du CGN.

Des affrontements se sont déroulés ces deux derniers jours à Zliten et ont fait au moins trois morts et plusieurs blessés.

Des informations contradictoires circulent sur leurs causes, certains évoquant un meurtre, d'autres affirmant qu'il s'agit de heurts entre islamistes partisans de la destruction du mausolée et d'autres qui y étaient opposés.

Cet été, des mausolées de terre, classés au patrimoine de l'humanité par l'Unesco, avaient été détruits dans le nord du Mali par des intégristes musulmans. 

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