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26/08/2012 à 10:21
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Des manifestants dans les rues de Lomé, le 21 août 2012. Des manifestants dans les rues de Lomé, le 21 août 2012. © AFP

Des milliers de personnes ont défilé samedi dans les rues de Lomé sans que les forces de l'ordre s'y opposent, a constaté un journaliste de l'AFP, alors des précédentes manifestations mardi et mercredi s'étaient soldées par une centaine de blessés.

Les manifestants sont partis du quartier de Bè-Kpota, à Lomé, la capitale du pays, et ont rejoint une plage de la ville pour un meeting, sous la surveillance des services de sécurité.

Certains responsables de l'opposition dont Jean-Pierre Fabre de l'Alliance nationale pour le changement (ANC) et l'ancien Premier ministre Kodjo Agbéyomé de l'Organisation pour Bâtir dans l'Union un Togo Solidaire (OBUTS) ont participé à la marche qui s'est déroulée sans incident, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les autorités avaient demandé au collectif d'opposition "Sauvons le Togo", qui organisait la marche, de les prévenir avant toute initiative, mais un membre du collectif a confirmé qu'aucune autorisation n'avait été demandée avant le rassemblement de samedi.

"A travers cette marche, nous voulons montrer aux autorités illégitimes que nous ne respectons plus la loi, car elle-même nous a montré qu'elle ne respecte pas la loi. C'est pour cette raison que nous n'avons informé aucune autorité", a déclaré Pedro Amuzu, membre du collectif "Sauvons le Togo".

Il a indiqué que la campagne de désobéissance civile se poursuivrait pour dénoncer une "situation de coup de force permanent" au Togo. "Les jours à venir, nous n'informerons plus personne avant d'organiser nos marches", a-t-il ajouté.

Report des élections législatives

"Sauvons le Togo", qui regroupe neuf organisations de la société civile et sept partis et mouvements d'opposition, a organisé plusieurs manifestations depuis le 12 juin pour exiger l'abrogation de nouvelles dispositions du code électoral adoptées par l'Assemblée nationale sans consensus dans la classe politique.

Il demande aussi le report à juin 2013 des élections législatives théoriquement prévues en octobre prochain, en raison de retards dans l'organisation du scrutin.

Lors des deux dernières manifestations mardi et mercredi, dispersées par les forces de l'ordre à l'aide de gaz lacrymogènes des forces, une centaine de personnes avaient été blessées et 125 autres arrêtées, selon le collectif.

Des responsables de "Sauvons le Togo" ont annoncé lors du meeting à la plage, des marches suivies de sit-in à la place de l'indépendance à partir de mardi.

"Désobéir et s'organiser"

"Nous organiserons des marches suivies de sit-in à la place de l'indépendance les mardi, mercredi, jeudi et vendredi prochains. Le rassemblement se fera à Bè-Château", a déclaré Me Raphaël Kpandé-Adzaré, rapporteur du collectif.

"Nous n'adresserons de correspondance à aucune autorité, parce que nous avons en face de nous, des gens qui ne respectent par les textes", a-t-il souligné.

Le coordonnateur de "Sauvons le Togo", Zeus Ajavon, a demandé jeudi le départ du régime du président Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis la mort de son père en 2005, invitant les Togolais "à désobéir et à s'organiser".

Le Togo, une nation ouest africaine de plus de six millions de personnes, est dirigée par la même famille depuis plus de quatre décennies.

Après la mort de Gnassingbé Eyadema, l'armée a installé son fil Faure Gnassingbé au pouvoir en tant que président. Il a ensuite remporté les élections de 2005 et 2010.

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