Extension Factory Builder
18/08/2012 à 11:34
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
La manifestation de l'Union nationale avait été interdite mercredi 15 août. La manifestation de l'Union nationale avait été interdite mercredi 15 août. © AFP

Le dirigeant gabonais Ali Bongo, qui a durci le ton après une manifestation violente cette semaine, a présidé vendredi les cérémonies de la fête nationale dans une atmosphère tendue, l'opposition s'affirmant "encerclée" par la police dans son siège.

Le dirigeant gabonais Ali Bongo, qui a durci le ton après une manifestation violente cette semaine, a présidé vendredi les cérémonies de la fête nationale dans une atmosphère tendue, l'opposition s'affirmant "encerclée" par la police dans son siège.

Selon l'opposition, les violences de la manifestation de mercredi soir ont fait un mort, une jeune femme asthmatique ayant mal réagi aux gaz lacrymogènes. Pour le pouvoir, il s'agit d'une mort naturelle.

Vendredi, la parade militaire prévue pour la fête du 17 août s'est déroulée sans aucun incident sous les yeux du président gabonais. Sans doute pour montrer la cohésion du régime, de nombreuses personnalités politiques étaient présents. Les fêtes se sont conclues par un impressionnant feu d'artifice tiré à partir de 21h00 (20h00 GMT).

Des sources sécuritaires gabonaises avaient dit craindre "l'infiltration" de militants radicaux du parti dissous l'Union nationale (UN) d'André Mba Obame et la zone du défilé avait été placée pendant la nuit sous haute protection.

Dans la soirée de jeudi, lors de son traditionnel discours télévisé, le président Ali Bongo avait prévenu qu'il ne laisserait pas "la chienlit s'installer au Gabon. Force doit rester à la loi et force restera à la loi". "Je ne vais pas laisser notre pays entre les mains de ceux qui, après avoir été aux affaires et s'être illustrés par la trahison, la manipulation, l'enrichissement personnel, l'intolérance et le mépris des populations, veulent aujourd'hui casser et détruire le Gabon", a-t-il ajouté.

Le siège de l'UN "encerclé" ?

Il s'agissait d'une allusion claire à André Mba Obame, ancien baron du régime passé dans l'opposition à la mort du président Omar Bongo en 2009, revenu au Gabon après 14 mois d'absence le 11 août. Dans l'après-midi, les chefs de l'UN, soutenus par 300 à 400 militants, se disaient "encerclés" dans leur siège par de nombreux policiers qui ne sont pas intervenus. Ils étaient toujours au siège à 21h00 heure locale (20h00 GMT) et disaient vouloir aller rendre hommage dans le quartier de Nkembo-Cocotiers, site de la manifestation à la femme décédée.

"Nous avons envoyé une délégation auprès des forces de l'ordre autour du siège. Il nous a été indiqué qu'il faut une autorisation pour marcher. Nous voulions prendre nos véhicules (...) mais nous sommes encerclés", a affirmé le président de l'UN Zacharie Myboto. "La police nous empêche (d'y aller). Elle bloque les voitures qui voudraient sortir dans ce sens (vers les lieux)", a soutenu Gérard Ella Nguema, secrétaire exécutif adjoint de l'UN. "Nous resterons, une heure, deux heures, la nuit, le temps qu'il faudra. S'ils veulent transformer le siège en place Tahrir, qu'ils le fassent", a-t-il ensuite lancé à des partisans.

Le siège était entouré tout l'après-midi par des dizaines de policiers qui contrôlaient les accès routiers mais laissaient passer les véhicules particuliers, a constaté un journaliste de l'AFP. Il n'a pas été possible de connaître la consigne donnée aux policiers en cas de sortie des cadres de l'UN en voiture. "Le peuple gabonais est profondément pacifique et n'est pas dupe de la grossière manipulation des leaders de l'ex-Union nationale", a affirmé une source haut placée à la présidence.

"Troubles étaient prémédités"

Les télévisions proches du pouvoir ont accusé l'UN d'avoir payé des jeunes pour créer des troubles lors de la manifestation, diffusant des enregistrements d'une conversation entre, assurent ces médias, un proche de l'UN Jean-Christophe Owono Nguema, ancien élu, et un "interlocuteur" non identifié. Dans cette conversation, la personne présentée comme M. Owono Nguema demande contre de l'argent à son interlocuteur de "mettre le feu" avant la manifestation.

"Il est avéré que les troubles étaient prémédités (...) en entendant un membre de l'ex-UN soudoyer des Gabonais pour aller incendier des bâtiments publics et des véhicules", a affirmé la source à la présidence. "Ce n'est pas parce que le pouvoir donne tout le temps de l'argent et des T-shirts pour assister à ses manifestations que nous faisons la même chose", a rétorqué le président de l'UN.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Gabon

Gabon - Présidentielle 2016 : la pêche est ouverte !

Gabon - Présidentielle 2016 : la pêche est ouverte !

À l'approche de la présidentielle de 2016, entre démissions fracassantes et ralliements enthousiastes, le parti au pouvoir et l'opposition rassemblent leurs camps. Un article publié dans J.[...]

Braconnage en Afrique : Bring back our elephants !

Malgré les arrestations, le braconnage menace l'espèce. En Asie et au Moyen-Orient, l'ivoire vaut de l'or. Du Darfour au Congo, il finance les groupes armés.[...]

Gabon : Port-Gentil retrouve la pêche

 Dans le cadre de la diversification de l'économie, le gouvernement a décidé en 2012 de reprendre en main le secteur de la pêche hauturière. Objectif ? Développer une véritable[...]

Gabon : Jean Ping et Ali Bongo Ondimba, duel de phrases assassines

À deux ans de l'élection présidentielle, la guerre des mots est déclarée entre le président gabonais Ali Bongo Ondimba et celui qui se voit déjà comme son principal[...]

Gabon : bientôt une plainte contre Ping ?

Les propos tenus par Jean Ping fin juillet sur France 24 ne sont pas passés à Libreville.[...]

Douze chefs d'État africains avec Hollande aux cérémonies du débarquement en Provence

François Hollande accueille ce vendredi 13 chefs d'État, dont douze africains, à bord du Charles-de-Gaulle pour les commémorations du 70e anniversaire du Débarquement de Provence avec en point[...]

En Afrique centrale, des raffineries à bout de souffle

Trop petits, les raffineurs du Cameroun, du Congo et du Gabon souffrent d'un manque de rentabilité. Mais loin de s'unir pour s'en sortir, ils optent pour une fuite en avant.[...]

Mascarades africaines : Daniel Henriot, cet étonnant voyageur

Guide de chasse, Daniel Henriot a bourlingué à travers le continent durant plus d'un demi-siècle.[...]

CAN 2015 : les groupes et le calendrier des éliminatoires

Alors que les matchs retour du dernier tour préliminaire se sont achevés dimanche 3 août, on connaît désormais les groupes des éliminatoires de la Coupe d'Afrique des nations 2015, dont la[...]

Corruption au Gabon : la fin de l'impunité ?

La justice gabonaise s'est saisie du rapport d'audit sur les régies finacières dévoilé le 17 juillet dernier. Et c'est la gendarmerie qui enquête.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex