Extension Factory Builder
12/08/2012 à 16:30
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Réunion de masse dans un stade à Bamako le 11 avril 2012. Réunion de masse dans un stade à Bamako le 11 avril 2012. © AFP

Pour la première fois depuis le début de l'occupation du nord du Mali par des groupes islamistes à la fin de mars, une foule de 50 000 à 60 000 personnes s'est rassemblée dimanche dans un stade de Bamako pour appeler à "la paix et à la réconciliation" dans leur pays.

Ce rassemblement au Stade du 26 mars, le plus grand de la capitale malienne, s'est tenu à l'appel du Haut Conseil islamique du Mali (HCIM) dont le président, Mahmoud Dicko, possède une influence grandissante au Mali, pays à 90% musulman.

Il a récemment rencontré des responsables du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) qui, avec Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), est allié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), organisation avec laquelle ils occupent tout le nord du pays, soit les deux-tiers du territoire.

"Prions pour le Mali, prions pour la paix"

Plusieurs hommes politiques, dont le Premier ministre controversé Cheikh Modibo Diarra, ont assisté au meeting au cours duquel M. Dicko et d'autres responsables religieux ont pris la parole.

"Prions pour le Mali, prions pour la paix", a déclaré Mahmoud Dicko. "Nous ne sommes pas surpris de ce qui nous arrive, c'est la résultante de la trahison érigée en système" et de "la corruption", a-t-il ajouté, en demandant à tous les Maliens de s'entendre "pour le bien" de leur pays.

"Notre pays a besoin de paix, de réconciliation nationale. C'est aux Maliens de trouver la solution du Mali et je leur demande à tous de se pardonner", a pour sa part déclaré le plus célèbre des prêcheurs du pays, Madani Ousmane Haïdara.

"Je suis inquiet pour notre pays, il faut vraiment qu'on se parle, qu'on trouve une solution", a de son côté affirmé l'imam Aboubacar Kamara.

"On ne pardonneraj amais aux gens du MNLA"

Moussa Boubacar Bah, président des jeunes musulmans du Mali, s'en est pris à la rébellion touareg du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) qui avait lancé l'offensive dans le nord en janvier, avant d'en être chassée par les groupes islamistes.

"En 1990 et en 2006, on a pardonné des rebellions touareg. Cette fois-ci, on ne pardonnera jamais aux gens du MNLA", a-t-il dit en demandant qu'on laisse le président par intérim Dioncounda Traoré et son Premier ministre "travailler ensemble pour le bien du Mali".

Un important dispositif de sécurité a entouré le rassemblement qui s'est déroulé sans incident. 

Force ouest-africaine à "finaliser"

Outre l'occupation du Nord par les islamistes qui y imposent la charia (loi islamique) de manière brutale, le président Dioncounda Traoré est confronté à Bamako aux agissements de la junte militaire qui avait pris le pouvoir le 22 mars, avant de le rendre au civils deux semaines plus tard.

La junte, dirigée par le capitaine Amadou Haya Sanogo, a gardé une forte influence dans la capitale où ses hommes sont accusés d'avoir commis de nombreuses exactions contre des personnalités civiles et militaires considérées comme proches du président renversé en mars, Amadou Toumani Touré (ATT).

M. Traoré, rentré à Bamako le 27 juillet après deux mois de convalescence à Paris à la suite d'une violente agression dans son bureau de la présidence par des manifestants hostiles à son maintien au pouvoir, travaille depuis à former un gouvernement "d'union nationale" à la demande pressante de ses voisins.

Ces derniers, membres comme le Mali de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), estiment en effet que la reconquête du nord du pays passe par la mise en place à Bamako d'un pouvoir de transition consensuel qui ait la légitimité et le soutien nécessaires pour le faire.

Ils se disent disposés à envoyer au Mali une force composée de quelque 3.300 hommes pour appuyer l'armée malienne en décomposition afin d'assurer la sécurité des organes de transition à Bamako et d'aller combattre les groupes islamistes dans le Nord.

Mais les contours de cette force et les pays prêts à y participer vraiment restent flous: une réunion des chefs d'état-major de la Cédéao est prévue lundi à Bamako pour la "finaliser", dans l'espoir d'obtenir un mandat de l'ONU une fois que les autorités maliennes en auront officiellement fait la demande.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Mali : un soldat tchadien de la Minusma tué près d'Aguelhoc

Mali : un soldat tchadien de la Minusma tué près d'Aguelhoc

Un Casque bleu tchadien de la Minusma a été tué et quatre autres blessés dimanche par l'explosion d'une mine au passage de leur véhicule près d’Aguelhoc, dans l’extrême[...]

Mali : IBK rafle la mise en Chine

En voyage en Chine du 8 au 13 septembre, le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a fait le plein de contrats. Et repart avec des promesses à hauteur de 10 milliards de dollars.[...]

CAN 2015 : le Cameroun écrase la Côte d'Ivoire, l'Algérie s'impose sur le fil

Large victoire pour le Cameroun mercredi, à Yaoundé, contre la Côte d’Ivoire (4-1) lors des éliminatoires de la CAN 2015. De son côté, l'Algérie s'est imposé 1 à[...]

Crise malienne : incontournable Alghabass Ag Intalla

Alghabass Ag Intalla, secrétaire général du Haut Conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA), ne participe pas aux pourparlers d'Alger, alors même qu'il est à l'origine de l'idée[...]

Exclusif. Dioncounda Traoré retire sa candidature au poste de secrétaire général de l'OIF

D'un commun accord avec IBK, l'ancien président malien par intérim a décidé de se retirer de la course au secrétariat général de l'OIF, afin de ne pas compromettre les autres[...]

Mali : Bert Koenders devrait bientôt quitter la Minusma

Selon plusieurs sources diplomatiques, Bert Koenders devrait quitter son poste de représentant spécial du secrétaire général de l'ONU au Mali dans les jours à venir. Il succéderait[...]

Mali - Oumar Mariko : la forte tête, les putschistes et les rebelles

Réputé pour son franc-parler, Oumar Mariko est à la fois médecin, militant révolutionnaire et proputschiste. Portrait de l'enfant terrible de la classe politique locale.[...]

Nord-Mali : au moins 4 soldats de la Minusma tués dans l'explosion d'une mine

Le bilan provisoire de l'explosion d'une mine au passage d'un convoi de la Minusma mardi au nord de Kidal est d'au moins 4 morts et 15 blessés.[...]

Mali : réouverture des négociations d'Alger, à la recherche d'une "solution définitive" à la crise

Le gouvernement et des groupes armés maliens ont repris lundi les pourparlers d'Alger en vue de ramener la paix dans le nord du pays. Un deuxième round de discussions après la signature fin juillet d'une[...]

Mali : deux diplomates algériens libérés plus de 2 ans après leur rapt

Deux diplomates algériens enlevés en avril 2012 par un groupe islamiste armé au Mali ont été libérés samedi, ont annoncé les autorités algériennes en confirmant[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex