Extension Factory Builder
12/08/2012 à 11:37
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Un soldat congolais le 5 août 2012 à Goma, dans le nord-Kivu. Un soldat congolais le 5 août 2012 à Goma, dans le nord-Kivu. © AFP

La rébellion militaire qui menace Goma, la capitale du Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a aussi des répercussions en politique intérieure: elle dresse l'opposition contre la stratégie d'union nationale du gouvernement et attise les tensions entre communautés.

L'opposition a décliné à la fin de la semaine les propositions du Premier ministre Augustin Matata Ponyo de participer à une commission qui examinerait la situation dans l'est où un mouvement rebelle, le M23, contrôle une partie de la province du Nord-Kivu.

L'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), interrogée par l'AFP, a qualifié M. Matata Ponyo "d'imposteur". Pour le responsable de la communication de ce parti, Simon Kalengue, "la situation dans l'est du pays est le résultat de leur manque de leadership... leur départ résoudra cette question".

L'UDPS n'a pas admis les résultats des élections présidentielle et législatives du 28 novembre 2011 et affirme que le seul président élu est leur chef, Etienne Tshisekedi.

Pour Jean Lucien Busa, un responsable du Mouvement de libération du Congo (MLC), "les questions de la guerre et de l'intégrité du territoire national dépassent à ce stade sa (celle du Premier ministre) compétence", une allusion au président réélu Joseph Kabila à qui l'opposition reproche souvent d'être originaire du Rwanda même s'il a écarté ses premiers alliés qui avaient porté son père au pouvoir.

Dans un communiqué diffusé samedi, les partis d'opposition affirment par ailleurs que "la conduite de la guerre qui déchire le pays ne rassure guère quant à la volonté réelle du gouvernement de donner des réponses adéquates pour juguler l'insécurité permanente dans la partie est de la RDC".

Xénophobie

Cette fin de non-recevoir adressée au chef du gouvernement intervient après la "marche des catholiques" organisée 1er août. Cette première manifestation publique a être autorisée depuis les élections a rassemblé sans incident des milliers de personnes dans les principales villes du pays. "Au moins 100.000 à Kinshasa", selon le secrétaire de la Conférence épiscopale.

A Goma, 25 responsables de confessions religieuses et ethniques se sont rassemblés récemment pour demander ensemble la cessation immédiate des hostilités, a rapporté une organisation humanitaire.

Selon un communiqué de l'ONG Search for Common Ground (SFCG), "des violences intercommunautaires, des discours de haine et de xénophobie ont pris une allure inquiétante ces dernières semaines" et les religieux se sont "engagés à construire la stabilité régionale".

Selon cette organisation, des rwandophones ont été pris à partie jeudi dernier à l'université de Goma. Ils ont été battus et la foule a tenté de les brûler.

"La jeunesse congolaise qui manque d'éducation à la citoyenneté"

Au poste-frontière de Goma vers le Rwanda, toujours selon SFCG, des groupes se sont rassemblés pour scander des messages hostiles au Rwanda et aux rwandophones alors que ces derniers constituent une bonne part de la population de la région.

L'ONG ajoute que "la jeunesse congolaise qui manque d'éducation à la citoyenneté est facilement manipulable et donc très exposée à ces tensions intercommunautaires".

En avril, au début du conflit, des journaux avaient directement mis en cause et dénoncé les tutsis, considérés comme des habitants du Rwanda alors que cette ethnie, victime du génocide de 1994 au Rwanda, est présente également au Burundi et en RDC. Le gouvernement était intervenu avant que cela ne dégénère.

Dans cette région du pays, où les frontières sont relativement récentes et ont fluctué, les ethnies ou les communautés historiques servent de point d'appui aux différents groupes rebelles et sont souvent stigmatisées, ce qui met en péril un équilibre social déjà miné par la misère.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

RD Congo

RDC : l'ONU souhaite la reprise de la coopération avec l'armée pour combattre les FDLR

RDC : l'ONU souhaite la reprise de la coopération avec l'armée pour combattre les FDLR

En froid avec Kinshasa, les Nations unies souhaitent relancer la coopération "le plus vite possible" avec l'armée afin de neutraliser les rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwa[...]

RDC : Filimbi, drôles de révolutionnaires !

Les jeunes militant prodémocratie arrêtés par les autorités congolaises présentent des profils qui ne collent pas, mais alors pas du tout, avec le portrait qu'en fait Kinshasa. Explications.[...]

Kyungu wa Kumwanza : "La RDC doit privilégier les échéances électorales importantes"

De retour de Kinshasa, où il a pris part la semaine dernière à la réunion du bureau politique de la coalition au pouvoir, convoquée par le président Joseph Kabila, Antoine Gabriel Kyungu[...]

RDC : que deviennent les militants congolais arrêtés le 15 mars ?

Près de deux semaines après leur arrestation à l’issue d’une conférence de presse organisée avec les responsables de Y’en a marre et le Balai citoyen, plusieurs militants[...]

Mouvements citoyens africains : qui sont ces jeunes leaders qui font du bruit ?

Citoyens avant tout, ils se sont pourtant imposés comme des acteurs politiques à part entière. Smockey le Burkinabè, Fadel Barro le Sénégalais, Fred Bauma le Congolais... Voici notre[...]

Rififi à Conakry

Difficile de s'y retrouver quand pouvoirs et oppositions font des calendriers électoraux un enjeu majeur de la démocratie.[...]

RDC : la Monusco reconduite, mais réduite

La Monusco comptera 2 000 soldats de moins. Cette reconduction du mandat de la force onusienne survient en pleine brouille entre les Nations unies et Kinshasa.[...]

RDC : les Américains derrière les mouvements citoyens ?

Les autorités congolaises, qui ont durement mis fin à la rencontre entre les mouvements citoyens étrangers et congolais la semaine dernière, ont trouvé en Washington un responsable à ce[...]

RDC : trente éléphants tués en quinze jours par des braconniers dans le parc de la Garamba

Trente éléphants ont été abattus en deux semaines dans le Parc national de la Garamba, dans le nord-est de la RDC. Les responsables du parc accusent un groupe de braconniers soudanais d'avoir commis[...]

RDC : remous dans la majorité au sujet de la loi électorale

Sept partis de la majorité congolaise (RDC) ont exprimé leurs inquiétudes sur la révision de la Constitution. Après une réunion agitée, ils ont fini par rentrer dans le rang. [...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Purging www.jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20120812113719 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20120812113719 from 172.16.0.100