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11/08/2012 à 20:27
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L'opposant gabonais André Mba Obame, le 4 mai 2011 à Libreville. L'opposant gabonais André Mba Obame, le 4 mai 2011 à Libreville. © Wils Yanick Maniengui/AFP/Archives

Le principal opposant gabonais, André Mba Obame, est arrivé samedi, après 14 mois d'absence en raison de problèmes de santé, à l'aéroport de Libreville en provenance de France, accueilli par plusieurs centaines de ses sympathisants dans une ambiance festive.

Ancien baron du régime passé dans l'opposition à la mort d'Omar Bongo en 2009, M. Mba Obame, dit "AMO", n'a pas été inquiété par les autorités et a quitté l'aéroport vers 17h30 locales (16H30 GMT) pour gagner son domicile situé à proximité, accompagné par un cortège de plusieurs centaines de militants.
Il n'a pas fait de déclaration mais devrait s'entretenir avec la presse à son domicile, ont confié ses proches.

Ceux-ci avaient craint une intervention policière, voire une arrestation de leur leader. Mais les forces de l'ordre positionnées dans des endroits stratégiques de la ville s'étaient faites discrètes autour de l'aéroport et du domicile d'"AMO".

M. Mba Obame avait contesté la victoire à la présidentielle d'Ali Bongo, le fils de l'ancien président, en 2009, et s'était autoproclamé président de la République en 2011, avant de se réfugier plus d'un mois dans une agence onusienne de Libreville. Son immunité parlementaire avait été levé et il est poursuivi pour "trouble à l'ordre public". Il risque "de deux mois à un an de prison" s'il est reconnu coupable, selon son avocat.

Convocation judiciaire

Le porte-parole de la présidence Alain-Claude Bilie-By-Nze a précisé vendredi: "La justice gabonaise estimera si elle met en oeuvre les procédures suspendues. M. Mba Obame lui-même a annoncé qu'il était en état de reprendre ses activités. Il est donc en état de répondre à la convocation de la justice".

Vendredi, la présidence avait qualifié l'arrivée d'"AMO" de "non-événement" et assuré que la présence des forces de l'ordre dans la ville n'avait rien à voir avec son retour.
"Vous ne pouvez pas à la fois reprocher aux pouvoirs publics de ne pas préserver la sécurité des Gabonais et vous plaindre qu'au carrefour il y a la police. La police est au carrefour depuis des mois et des mois. Nous n'attendons pas M. Mba Obame pour cela", a déclaré le porte-parole de la présidence.

"Un parti dissous, donc non autorisé, ne sera pas autorisé à engager des manifestations. Ceux qui vont s'y engager s'exposent naturellement à ce qu'il y ait réprimande et qu'il y ait mise en oeuvre du dispositif prévu à cet effet", a prévenu M. Bilie-By-Nze.

"Nous sommes là pour attendre notre président et faire connaître notre choix du 30 août 2009" (élection présidentielle), a affirmé Diane Mengue, du Mouvement Génération André Mba Obame.

Des partisans de M. Mba Obame ont distribué des tracts "AMO, le grand retour", des affiches ont été apposées sur les murs. Des dizaines de mini-bus transportant des sympathisants sont arrivés depuis le Woleu-Ntem (nord), le pays "fang" d'où est originaire M. Mba Obame.

Conférence nationale

M. Mba Obame ainsi qu'une partie de l'opposition et de la société civile dans sa mouvance réclament la tenue d'une conférence nationale, une nouvelle Constitution" avec des "élections générales (présidentielle, législatives, locales et sénatoriales)".

La présidence gabonaise a rejeté la proposition: "Le Gabon n'est pas un pays en crise, le Gabon ne connaît aucune crise sociale, aucune crise politique, aucune crise institutionnelle. Une conférence nationale ne se justifie pas".

M. Mba Obame, qui a été opéré du dos et a passé les 14 derniers mois en Afrique du Sud puis en France, entend jouer à fond son rôle d'opposant.
"Après mon départ du Gabon, d'où je suis parti en chaise roulante, je rentrerai très prochainement sur mes deux jambes. Que ceux qui m'ont annoncé comme mort se préparent à lutter contre mon fantôme!", a-t-il lancé le mois dernier.

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