L'ex-président malgache Marc Ravalomanana donne une conférence de presse le 20 janvier 2012.
© AFP
La justice sud-africaine a ouvert une enquête pour crimes de guerre présumés sur l'ex président malgache Marc Ravalomanana qui vit en Afrique du Sud depuis son renversement en 2009, a déclaré dimanche la porte-parole du parquet.
"Des éléments de preuve ont été soumis" au parquet et "il existe un doute raisonnable pour penser que des crimes contre l'humanité ont pu être commis", a dit à l'AFP Mme Bulelwa Makeke;
Un groupe malgache, l'Association des martyrs de la place Antaninarenina, située dans la capitale malgache, a déposé une plainte auprès du parquet sud-africain il y a quatre mois par le biais d'avocats sud-africains, a rapporté dimanche l'hebdomadaire dominical sud-africain, Sunday Times.
Le groupe a soumis un dossier d'une centaine de pages de déclarations sur l'honneur de victimes présumées, vidéos et autres informations sur les violences qui ont débouché sur la chute de l'ancien président malgache, précise le journal.
Ce dernier risque la prison à vie dans son pays après y avoir été jugé par contumace pour la mort de manifestants tués par la garde présidentielle en février 2009 devant le palais présidentiel d'Antananarivo. Trente-six personnes ont trouvé la mort et des centaines ont été blessées.
Plaintes des victimes
Selon sa déclaration publiée dans le journal sud-africain, une mère de 26 ans dit avoir perdu son nez et son oeil droit dans les violences. "Je ne peux pas voir et j'ai du mal à respirer", dit-elle.
Des victimes des troubles de 2009 ont déposé une plainte contre Ravalomanana le mois dernier devant un tribunal sud-africain, réclamant 23 millions de dollars de dommages et interêts.
L'ex-président et l'homme qui l'a renversé, le maire à l'époque de la capitale, Andry Rajoelina, ont tenté en vain de parvenir à un accord lors d'une rencontre le mois dernier aux Seychelles. Une élection présidentielle est théoriquement prévue en mai de l'an prochain.

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