Extension Factory Builder
05/08/2012 à 16:14
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Une Algérienne vote aux législatives, le 10 mai 2012 à Alger. Une Algérienne vote aux législatives, le 10 mai 2012 à Alger. © AFP

Près de trois mois après les élections législatives algériennes, une mission d'observation de l'Union européenne (UE) a publié dimanche un rapport critique sur le scrutin dont elle espère qu'il sera tenu compte pour les prochaines échéances électorales en Algérie.

Le ministre algérien de l'Intérieur et des Collectivités locales Dahou Ould Kablia a toutefois écarté "la prise en charge de ses recommandations" pour les élections locales prévues le 29 novembre, tout en se disant satisfait du rapport essentiellement "technique".

Les élections de mai "constituent un point de départ et non un point d'arrivée", a de son côté souligné le chef de la mission de l'UE José Ignacio Salafranca lors d'une conférence de presse, ajoutant qu'il s'agissait "d'un premier pas dans un cycle électoral".

Le rapport, issu d'une mission d'environ deux mois de 150 observateurs européens --sur un total de 500 étrangers en Algérie--, relève des "faiblesses" et des "insuffisances" dans l'ensemble du processus, que ce soit en amont, en aval et au cours même des opérations de vote.

Pas de "contrôle avéré"

Le Front de libération nationale (FLN) a été "le grand vainqueur" du scrutin, tout comme en 2007, y relève-t-on.

Avec 208 sièges sur 462, l'ex-parti unique dont se revendique le président Abdelaziz Bouteflika, devance largement le Rassemblement pour la démocratie (RND, 68 sièges) du Premier ministre Ahmed Ouyahia, devant six partis islamistes qui ont totalisé 61 sièges.

A la question de savoir pourquoi le FLN l'a emporté, M. Salafranca a cité "plusieurs raisons", dont le mode de scrutin (le vainqueur récupère les voix des partis qui ont moins de 5% des suffrages) et l'importance historique du FLN, qui a conduit la guerre de libération (1954/62) contre l'ancienne puissance coloniale française.

Ce scrutin, le premier en Algérie depuis le "Printemps arabe" et des manifestations en 2011 dans ce pays de 37 millions d'habitants, suit un processus de réformes gouvernementales "contrôlé" par le pouvoir, relève le rapport.

Ces réformes ont permis "la participation de 44 partis politiques (dont 21 récemment accrédités)". Mais la "multiplication des candidatures a conduit à un émiettement des voix" qui a favorisé "les partis prédominants".

Pour l'UE, la révision du système électoral a mené à un système d'enregistrement qui "présente certaines faiblesses structurelles". Ce qui n'a pas permis de "contrôle avéré" et a "affecté la confiance" de certains partis politiques.

"Rejet de l'offre politique"

La participation (43,14%) a dépassé celle de 2007 (35,65%), mais l'UE insiste sur "le nombre élevé de bulletins blancs/nuls", près de 1,7 million soit 18% des suffrages, cela "traduit en partie un rejet de l'offre politique par les citoyens".

Les observateurs rappellent que "le droit de manifestation a été limité, particulièrement à Alger", citent l'interpellation de militants syndicaux, de partisans d'un boycottage électoral et la condamnation d'un défenseur des droits de l'Homme.

Mais ils acceptent l'explication d'Alger sur l'échec islamiste, à savoir que le pays a déjà vécu son "Printemps arabe" et subi durant une décennie une guerre meurtrière après l'interruption en 1992 d'élections législatives qui promettaient une victoire islamiste.

Le 29 novembre, l'Algérie tiendra des municipales suivie en 2014 de l'élection présidentielle.

"En ne mettant pas le pouvoir algérien dans une situation périlleuse, a souligné un diplomate européen en poste à Alger, cette mission atteint au moins l'objectif de créer de la confiance pour l'avenir".

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Algérie

Algérie : haro sur le divorce !

Algérie : haro sur le divorce !

À l'occasion de la Journée de la femme, Abdelaziz Bouteflika a appelé son gouvernement à réviser le code de la famille. Notamment certaines dispositions particulièrement rétrogr[...]

Algérie : le secteur automobile marque le pas

Fréquentation en baisse, ventes modestes, le Salon de l'automobile d'Alger qui vient de s'achever a été à l'image du marché : en recul progressif depuis les années fastes de 2011-2012.[...]

Algérie : le procès de l'autoroute Est-Ouest reporté

Le tribunal criminel d'Alger a décidé, mercredi, de reporter le procès de l'affaire de l'autoroute Est-Ouest à une autre session. Explications.[...]

Robert Mugabe en visite d'État en Algérie

Le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, est arrivé hier à Alger pour une visite d'État de trois jours, à l'invitation du président algérien, Abdelaziz Bouteflika.[...]

Algérie : Yacef Saadi et son compte en Suisse

 Héros de la guerre d'indépendance de l'Algérie, le sénateur Yacef Saadi est détenteur d'un compte bancaire ouvert en Suisse en avril 2006. "Jeune Afrique" présente en[...]

Mali : la résolution de la crise du Nord, thème officieux de la visite officielle d'IBK à Alger

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a entamé dimanche un voyage officiel de trois jours en Algérie. Il sera particulièrement question du fragile processus de paix malien, dans lequel Alger[...]

Algérie : Cheikh Sidi Bémol Broc'n'roll

Derrière ce pseudonyme, Hocine Boukella, chanteur et guitariste kabyle qui défend des influences orientales et occidentales.[...]

Accords d'Évian : 53 ans après, les nostalgiques de l'Algérie française ne digèrent toujours pas

En France, la signature des accords d’Évian continue d’obséder les nostalgiques de l’ordre colonial. À leur tête, Robert Ménard, le maire d’extrême droite de[...]

Les Algériennes sceptiques devant la nouvelle loi contre le harcèlement de rue

Depuis le 5 mars, le harcèlement des femmes dans les lieux publics est illégal en Algérie. Pourtant, les victimes de ce phénomène doutent de l'application réelle de la nouvelle loi.[...]

L'Algérien Issad Rebrab nommé CEO africain de l'année

Issad Rebrab, fondateur du groupe Cévital, et le Kényan Chris Kirubi ont été nommés dirigeants africains de l'année au cours du Africa CEO Forum. Danone, Equity Bank, Helios et IHS ont[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20120805161441 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20120805161441 from 172.16.0.100