La Française Priscilla Gneto après son ippon sur la Belge Isle Heylen, le 29 juillet 2012.
© Johannes Eisele/AFP
Priscilla Gneto, benjamine surdouée de l'équipe de France, a suivi une trajectoire linéaire et quasi parfaite pour décrocher, avec le bronze des -52 kg, la première médaille olympique du judo tricolore, dimanche à Londres.
Et la jeune femme, qui aura 21 ans vendredi, ne perd pas de temps. A peine sortie du tapis où elle vient d'arracher par ippon la médaille à la Belge Ilse Heylen, ne sachant s'il faut pleurer de joie ou d'un peu de frustration, elle est déjà dans le futur: "Mon entraîneur m'a dit: 'Dans quatre ans, on attendra l'or'".
En 2016, à Rio, Gneto, la Corse de Porto-Vecchio née à Abidjan d'un père footballeur et d'une mère handballeuse, n'aura que 25 ans. Si son judo mûrit tout en restant aussi explosif qu'aujourd'hui, "elle est promise à un grand avenir", annonce Martine Dupont, entraîneur de l'équipe de France féminine.
Sans doute ne refera-t-elle pas alors l'erreur commise en quarts de finale contre la future championne olympique nord-coréenne An Kum-ae. Trop attentiste, elle est tombée dans un piège au lieu d'imposer son judo.
"Après ce combat, j'étais dégoûtée. J'ai manqué d'engagement. Mais je n'allais pas me morfondre toute la journée et on m'a remise dedans", racontait la jeune femme, d'autant plus frustrée que les favorites avaient été victimes d'une véritable hécatombe avant même les quarts, à l'image de la Japonaise Misato Nakamura, championne du monde en 2011 et 2009, sortie par An.
"Progresser jusqu'à Rio"
Médaillée de bronze aux Mondiaux juniors en 2010, Gneto a pris l'habitude de gravir un à un les échelons depuis ses débuts, à 5 ans, au dojo de Porto-Vecchio, jusqu'à sa médaille olympique, en passant par son intégration au pôle espoir corse puis à l'INSEP.
"Je sais que je peux encore progresser jusqu'à Rio", prévient-elle. Au cours même de sa journée olympique, elle a appris, parvenant à se remotiver pour livrer un combat maîtrisé pour le bronze. "A un moment je me suis dit: 'Vas-y, ça passe ou ça casse' et ça a marché!", racontait-elle.
Avant de repenser à Rio, Priscilla va faire un long détour par le gigantesque restaurant du Village olympique pour dévorer tout ce dont elle se prive depuis plusieurs semaines pour faire le poids, "et boire une coupe de champagne", rêve-t-elle.
La partagera-t-elle avec David Larose? Peut-être si son coéquipier des - 66 kg, éliminé prématurément en huitièmes de finale, n'est pas "parti en vacances" comme il rêvait de le faire après sa défaite face au futur vainqueur géorgien Lasha Shavdatuashvili.
"Je vais partir sur un nouvelle olympiade mais avant, j'ai surtout besoin de vacances car depuis trois, quatre ans, ça a été beaucoup de sacrifices. J'espérais débloquer mon compteur aujourd'hui. C'est raté donc oui, je continue jusqu'à Rio", lançait Larose, déconfit.

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