Le président de RDC Joseph Kabila, à Kinshasa le 20 décembre 2011.
© Gwenn Dubourthoumieu/AFP/Archives
La présence de forces rwandaises dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) est un "secret de polichinelle", a affirmé samedi soir le président Joseph Kabila dans un entretien à la télévision nationale.
Le président congolais, qui ne s'était encore jamais exprimé sur ce sujet, a affirmé qu'il avait aussi interrogé les autorités de l'Ouganda sur l'appui de ce pays au Mouvement rebelle M-23. Leur réponse est que "l'Ouganda n'a rien à voir" avec le M-23, a-t-il dit.
"Quant à la présence du Rwanda, c'est un secret de polichinelle", a-t-il affirmé dans une rare déclaration médiatique. "Est-ce que la diplomatie peut être une solution ?" s'est interrogé Joseph Kabila. "De toutes les façons, il y a ces trois pistes de solution : militaire, politique et diplomatique. Ca peut être les trois à la fois" a-t-il dit.
Selon le président congolais, la mise en place d'une "force neutre" qui s'interposerait entre les combattants, envisagée lors du sommet de l'Union africaine du 15 juillet, est nécessaire.
Depuis début mai, la RDC est en butte dans l'est du pays à une nouvelle rébellion d'un mouvement appelé M-23 dont les positions sont situées aux frontières du Rwanda et de l'Ouganda.
A propos du sommet de la francophonie dont ses opposants demandent la délocalisation afin de ne pas avaliser les résultats des dernières élections, Joseph Kabila estime que ce sera une occasion pour les autres pays d'exprimer leur appui au peuple congolais.
Cette intervention, qui n'avait pas été annoncée, s'est produite alors que les forces armées de la RDC ont été mises en difficulté aux abords de la capitale provinciale du Nord-Kivu, Goma.
Samedi des combats se sont déroulés à proximité de Kibumba, à une vingtaine de kilomètres de Goma. Cette ville est présentée par un diplomate occidental comme le "dernier verrou" avant la capitale régionale.
Lors de leur dernière avancée au début de la semaine dernière, les rebelles du M-23 étaient déjà parvenus jusque-là mais ils avaient été arrêtés par une contre-attaque menée avec des hélicoptères de combat et des blindés. Des hélicoptères des Nations unies avaient également tiré mardi pour, selon l'ONU, protéger les populations civiles.
L'armée avait alors repris l'initiative et du terrain mais l'a reperdu ces derniers jours, les chars et les hélicoptères ne disposant plus de munitions, avait expliqué à l'AFP une source occidentale.

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