Extension Factory Builder
29/07/2012 à 11:02
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des Syriens soulevant le corps d'un combattant à Alep, le 27 juillet 2012. Des Syriens soulevant le corps d'un combattant à Alep, le 27 juillet 2012. © Capture d'écran/YouTube/AFP

Des combats faisaient rage dimanche dans la grande ville syrienne d'Alep au deuxième jour d'une offensive de l'armée contre les rebelles retranchés dans plusieurs quartiers. Le chef de l'opposition réclame des armes face aux chars et à l'aviation du régime.

Le médiateur international pour la Syrie Kofi Annan s'est déclaré inquiet à la suite "des informations sur la concentration de troupes et d'armes lourdes autour d'Alep", appelant les belligérants à travailler à une solution politique du conflit qui ensanglante le pays depuis 16 mois.

De plus en plus isolé sur la scène internationale, le président syrien Bachar al-Assad a dépêché Walid Mouallem, son ministre des Affaires étrangères à Téhéran, principal allié de Damas qui a averti cette semaine qu'il ne tolèrerait pas de "changement de régime" en Syrie.

Selon les militants, les combats ont repris le matin à Alep, deuxième ville du pays située à 355 km au nord de Damas, où les rebelles retranchés dans plusieurs quartiers résistent à l'assaut des troupes régulières appuyées par des chars et des hélicoptères.

Des blindés ont tenté de prendre d'assaut le quartier Salaheddine à l'aube, bastion rebelle, mais ont été repoussés par les combattants de l'Armée syrienne libre (ASL), formée de déserteurs et de civils armés, qui ont pu détruire un char, a indiqué Abou Hicham al-Halabi, un militant joint via Skype.

Des Syriens transportent le corps d'un homme tué dans le bombardement du quartier de Sukari, à Alep, le 27 juillet 2012.

© Pierre Torres/AFP

De violents combats avaient lieu aussi dans les quartiers de Bab al-Jadid, Zahraa et Arkouba, a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). "Des explosions ont été entendues alors que l'aviation survolait la ville", a ajouté l'ONG qui s'appuie sur un réseau de militants sur le terrain.

"Armes pour arrêter les chars"

La veille, les insurgés étaient parvenus à contrer les premières attaques de l'armée contre Salaheddine, principale cible de l'assaut, selon un correspondant de l'AFP.

L'armée a en outre perdu des chars, ont affirmé les insurgés. Les combats avaient marqué une pause samedi après-midi après le déluge de feu qui s'est abattu sur cette métropole de 2,5 millions d'habitants, dont le contrôle est crucial pour les deux parties.

Tout en n'évoquant pas une offensive d'envergure, l'agence officielle syrienne SANA a affirmé dans un communiqué publié tard samedi soir que "nos forces héroïques ont infligé des pertes aux groupes terroristes à Salaheddine".

L'agence Sana a ajouté qu'un incendie s'était déclaré dans le sous-sol d'une immeuble résidentiel qui était utilisé comme fabrique d'explosifs, ce qui a provoqué "la mort des terroristes qui s'y trouvaient".

Le front d'Alep a été ouvert le 20 juillet et l'assaut a été donné à coups de bombardements d'hélicoptères et d'artillerie lourde, après l'arrivée des renforts dans la ville.

Plusieurs pays occidentaux et l'ONU avaient exprimé leur préoccupation face à la perspective de cet assaut, Washington craignant un nouveau "massacre" et le président français François Hollande souhaitant une intervention rapide du Conseil de sécurité de l'ONU, qui reste divisé sur la crise syrienne.

Assad ? "Un criminel"

Le régime Assad ne reconnaît pas le mouvement de contestation lancé en mars 2011 et l'assimile à du "terrorisme". Face à la répression sanglante, la révolte s'est militarisée faisant craindre que le pays ne plonge dans une guerre civile.

Après l'assaut donné à Alep, le président du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, Abdel Basset Sayda, a demandé aux pays "frères" et "amis" d'armer les membres de l'ASL qui combattent "avec de veilles armes".

Image de désolation à Alep ? Pas encore : cette photo, fournie par l'opposition syrienne, montre les destructions dans le quartier de Qusar de la ville de Homs le 26 juillet 2012.

© Shaam News Network/AFP

"Nous voulons des armes qui nous permettraient d'arrêter les chars et les avions de combat", a-t-il ajouté, affirmant que "le régime a planifié des grands massacres" à Alep. La rébellion a besoin de soutien pour opérer "un changement significatif" dans la révolte, a-t-il dit à Abou Dhabi.

Il a aussi souligné que M. Assad, "un criminel" devrait être jugé pour "des massacres" de Syriens et "ne devrait pas se voir accorder un refuge".

Au moins quatre personnes ont été tuées dimanche à travers le pays selon un premier bilan de l'OSDH, au lendemain d'une journée de violences qui a fait 168 morts, en majorité des civils.

Selon l'OSDH, plus de 20.000 personnes sont mortes depuis le début du soulèvement, dont environ 14.000 civils.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

AUTRES

Football : et si Velud revenait à la tête des Éperviers du Togo ?

Football : et si Velud revenait à la tête des Éperviers du Togo ?

Hubert Velud, actuellement entraîneur de l’USM Alger, est aujourd’hui une des priorités du Togo, à la recherche d’un sélectionneur national. Le Français a déjà[...]

Palestine : le Hamas et l'OLP scellent leur réconciliation

Peu après l'annonce mercredi de la formation d'un gouvernement d'union entre le Hamas et l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), l'aviation israélienne a effectué une frappe sur le nord de[...]

RDC : le déraillement d'un train fait au moins 37 morts au Katanga

Un train a déraillé mardi au Katanga, dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC). Le bilan provisoire fait état d'au moins 37 morts.[...]

Photographie : Samuel Fosso, un dandy à Cotonou

La Fondation Zinsou présente, jusqu'à fin juillet, des autoportraits du photographe Samuel Fosso. À découvrir également, les clichés en noir et blanc - moins connus - de ses d&eacu[...]

Patrick Seale, une passion arabe

Orientaliste dans l'âme, grand spécialiste de la Syrie et éditorialiste engagé, notre collaborateur s'est éteint le 11 avril à Londres, à l'âge de 83 ans.[...]

Mali : Moussa Mara, jeune premier...

Nommé le 5 avril, le nouveau chef du gouvernement n'a que 39 ans.[...]

Racisme : les Libyens et immigrés noirs, boucs émissaires des milices

Bien que représentés dans les plus hautes sphères, les Noirs sont trop souvent assimilés aux mercenaires de Kaddafi, et, à ce titre, persécutés.[...]

Côte d'Ivoire : l'ex-comzone "Wattao" dans le viseur de l'ONU

Les experts des Nations unies sur la Côte d’Ivoire ont publié le 17 avril un nouveau rapport. Ils affirment que "les mesures et les restrictions imposées par le Conseil de sécurité de[...]

Le Marrakech Air Show 2014 ouvre ses portes

La quatrième édition de Marrakech Air Show, le salon marocain de l’aéronautique, ouvre ses portes ce mercredi 23 avril 2014. Les constructeurs aériens présents espèrent séduir[...]

Mali : Gilbert Rodrigues Leal, questions sur une mort présumée

Entre la communication tardive des jihadistes et ce que savaient les autorités françaises depuis décembre 2013, plusieurs points d'interrogations entourent l'annonce de la mort de l'otage français Gilb[...]

Une histoire du génocide rwandais (#4) : les écoutes bidons et le mythe de la guerre éclair du FPR

Dans ce quatrième billet consacré au déclenchement du génocide des Tutsis de 1994, Laurent Touchard* poursuit l'analyse des éléments brandis par les ex-partisans des Forces armées r[...]

Pas de meeting pour le retour d'Abdoulaye Wade au Sénégal

Le meeting programmé mercredi par le Parti démocratique sénégalais (PDS) pour le retour à Dakar d'Abdoulaye Wade n'aura pas lieu. Les autorités sénégalaises ont jugé[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces