Une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, à New York, le 11 juillet 2011.
© J.C. Mcilwaine/ONU/AFP/Archives
La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) va prochainement déposer une nouvelle demande de résolution auprès du Conseil de sécurité de l'ONU pour l'envoi d'une force au Mali, a déclaré le président ivoirien Alassane Ouattara qui estime une intervention "inévitable".
"Une nouvelle demande de résolution auprès du Conseil de sécurité des Nations unies sera prochainement déposée au nom de la Cédéao", indique M. Ouattara, actuel président en exercice de cette organisation, dans une interview à l'hebdomadaire français Le Journal du Dimanche (JDD).
La Cédéao se tient prête à envoyer une force régionale pour aider l'armée malienne à reconquérir le Nord aux mains des islamistes, mais attend un mandat de l'ONU et une aide extérieure, notamment logistique. Jusque là, le Conseil de sécurité s'est abstenu de donner un mandat à une telle force attendant plus de précisions sur ses contours et sa mission.
L'appui français
Dans ce cadre, "le fait que la France assure en août la présidence tournante du Conseil de sécurité est une très bonne nouvelle", estime M. Ouattara alors que le président français François Hollande a redit cette semaine que la France était "prête à apporter un soutien à une éventuelle intervention africaine", dans le cadre de l'ONU.
Car le président Ouattara estime que "si la situation n'évolue pas favorablement" une intervention militaire au Mali lui "paraît inévitable". "Je pense que nous pouvons parler en semaines et non en mois. Il y a urgence", explique-t-il. "Des discussions sont en cours entre les présidents du Burkina Faso, du Nigeria et certains mouvements armés, mais le dialogue ne pourra durer éternellement".
Cette semaine le comité des chefs d'état-major de la Cédéao réuni à Abidjan a proposé la constitution d'un contingent de près de 3.300 hommes, détaille M. Ouattara. "Dans un premier temps, il s'agira de déployer des gendarmes et des policiers. Puis des militaires".
Troupes au sol africaines
"Nous demanderons un appui logistique notamment à la France et aux Etats-Unis. Je parle d'un appui logistique, matériel, je parle également de conseillers. Nous ne disposons pas non plus d'une aviation de combat et nous en aurons besoin. A l'inverse, je n'envisage pas la présence de troupes au sol qui ne soient pas africaines", poursuit-il.
Lundi, l'Union européenne a annoncé être prête à soutenir le déploiement d'une force de stabilisation africaine sous mandat de l'ONU.
Tombé fin mars aux mains de groupes armés, le nord du Mali est désormais contrôlé par des mouvements islamistes armés alliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

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