Laurent Fabius en conférence de presse à Dakar avec son homologue sénégalais Alioune Badara Ciss
© Seyllou/AFP
Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a estimé qu'une éventuelle intervention militaire au Mali nécessitait des "forces africaines capables" et "organisées" pour affronter les islamistes armés qui occupent le nord du Mali, dans un entretien à l'AFP.
Si le dialogue échoue, "si ces terroristes ne veulent pas pratiquer autre chose que le terrorisme, il faudra traiter cela sécuritairement. Mais ça doit être fait par des Africains", a déclaré M. Fabius, en visite depuis vendredi soir à Dakar dans le cadre d'une tournée africaine.
"C'est pas facile, parce qu'il faut trouver les forces suffisantes au Mali et dans les pays voisins", des forces qui soient "organisées, suffisantes et équipées", selon lui.
Les groupes islamistes armés liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui occupent le nord du Mali depuis quatre mois, "sont des gens qui ont des moyens" et "il faut en face des forces africaines qui soient capables" de les affronter. "Il y a un travail préparatoire à faire", a-t-il ajouté.
Détermination du Niger
M. Fabius a noté en particulier "une détermination importante du Niger" à participer à une éventuelle intervention militaire africaine.
"C'est aux Maliens et à l'ensemble des Africains de prendre les décisions qui sont nécessaires, avec le soutien de la communauté internationale. La France souhaite jouer le rôle de facilitateur", a-t-il rappelé à l'issue d'une rencontre samedi avec le président sénégalais Macky Sall.
La sécurité est "la question grave posée par l'existence de groupes terroristes regroupés sous l'étiquette Aqmi qui ne peuvent pas être acceptés, compte tenu de la menace qu'ils font peser sur le Mali et sur l'ensemble de la région et de façon générale sur l'ensemble des démocraties", a-t-il dit.
Il a salué le retour vendredi à Bamako après deux mois d'absence du président malien de transition Dioncounda Traoré, blessé le 21 mai par une foule hostile à son maintien au pouvoir, parti ensuite se faire soigner à Paris.
"Analyses convergentes"
Il a estimé qu'au sujet du Mali, "les analyses sont convergentes" entre Dakar et Paris avant d'ajouter: "Tout est réuni pour une nouvelle et excellente page dans les relations entre le Sénégal et la France sur le plan multilatériel et bilatéral".
M. Fabius effectue sa première visite en Afrique subsaharienne depuis sa prise de fonctions en mai. Le Sénégal est la troisième étape de cette tournée entamée jeudi soir au Niger, puis au Burkina, et devant se conclure samedi au Tchad.

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