Laurent Fabius et des représentants du mouvement Y’en a marre, à Dakar le 27 juillet 2012.
© Seyllou/AFP
Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a salué vendredi soir à Dakar "l'exemple" de "Y'en a marre", un mouvement de jeunes qui avait été à la pointe du combat contre un troisième mandat de l'ex-président Abdoulaye Wade, a constaté un journaliste de l'AFP.
"Ce que vous faites peut être un exemple parce qu'il faut que les jeunes et les moins jeunes se prennent en main", a déclaré M. Fabius lors d'une rencontre avec les responsables de "Y'en a marre" au quartier général de ce mouvement dans une banlieue de Dakar.
Laurent Fabius, arrivé mercredi soir à Dakar dans le cadre d'une tournée africaine, a dit avoir rencontré les membres de "Y'en a marre" parce que "le Sénégal, ce n'est pas seulement le Sénégal officiel. Parmi les fautes principales à éviter, c'est de rester enfermé dans les palais officiels".
"Il faut toujours être à l'écoute de la population. Ici, j'ai le sentiment que c'est le coeur du Sénégal qui bat et j'ai eu envie d'écouter le coeur du Sénégal battre", a-t-il ajouté.
"Sentinelles de la démocratie"
Le coordonnateur de "Y'en a marre" Fadel Barro avait auparavant appelé à la formation en Afrique d'"opinions publiques fortes" capables d'influer sur le cours des évènements.
"Nous sommes des sentinelles de la démocratie et nous avons choisi la République. Notre objectif est que le Sénégal reste une démocratie forte", a dit M. Barro.
Le mouvement "Y'en a marre", créé en janvier 2011 pour, à l'origine, protester contre les difficultés de la vie quotidienne au Sénégal, notamment les coupures d'électricité, a joué un rôle important dans la contestation de la candidature du président Wade à un troisième mandat à l'élection présidentielle de février-mars 2012.
Cette candidature avait été jugée "illégale" par l'opposition pour qui M. Wade avait épuisé ses deux mandats légaux après son élection en 2000 et sa réélection en 2007.
Dernière étape pour Fabius, le Tchad
M. Wade, qui était au pouvoir depuis douze ans, a été battu au second tour par Macky Sall avec plus de 65% des suffrages en mars.
Le chef de la diplomatie française, qui effectue sa première visite en Afrique subsaharienne depuis sa prise de fonctions en mai, doit rencontrer samedi matin le président Macky Sall.
Le Sénégal est la troisième étape de sa tournée africaine, entamée jeudi soir au Niger puis au Burkina, et devant se conclure samedi au Tchad.

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