Extension Factory Builder
28/07/2012 à 10:30
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Dioncounda Traoré, arrive à Bamako après deux mois à Paris, le 27 juillet . Dioncounda Traoré, arrive à Bamako après deux mois à Paris, le 27 juillet . © AFP

Après deux mois de convalescence à Paris, le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, est rentré vendredi 27 juillet à Bamako, déclarant à son arrivée qu'il pardonnait à ses agresseurs opposés à son maintien au pouvoir qui l'avaient violemment frappé dans son bureau.

"Je pardonne à mes agresseurs", a déclaré M. Traoré à l'aéroport de Bamako où il est arrivé en fin d'après-midi. "Le peuple malien qui traverse une période très difficile a soif d'unité, je m'y emploiera", a-t-il ajouté en précisant qu'il s'adresserait à la nation dimanche.

Commentant son état de santé, il a affirmé qu'il "s'améliore tous les jours". "Comme vous le constatez, je me porte très bien".

M. Traoré, 70 ans, a été accueilli par le Premier ministre de transition Cheick Modibo Diarra. Le capitaine Amadou Haya Sanogo, auteur d'un coup d'Etat le 22 mars contre l'ex-président Amadou Toumani Touré (ATT), était également présent dans le salon d'honneur de l'aéroport où iun impressionant dispositif de sécurité avait été déployé.

Nouveau gouvernement

La première des tâches de Dioncounda Traoré va être de travailler à la formation d'un gouvernement d'union nationale exigée d'ici mardi 31 par les voisins ouest-africains du Mali, sous peine de sanctions économiques et politiques.

S'il "estime qu'il a besoin de temps" supplémentaire, "il peut saisir ses pairs chefs d'Etat" de la région, a toutefois affirmé vendredi le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibrill Bassolé, à l'issue d'un entretien avec son homologue français Laurent Fabius à Ouagadougou.

Un tel gouvernement doit avoir la légitimité suffisante pour pouvoir lancer, avec le soutien de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), une contre-offensive dans le nord du pays totalement occupé depuis quatre mois par les islamistes liés à Al-Qaïda au maghreb islamique (Aqmi).

Dioncounda Traoré devra décider s'il maintient à son poste Cheick Modibo Diarra, astrophysicien de renommée internationale qu'il avait nommé Premier ministre le 17 avril, et qui est de plus en plus contesté.

Le propre parti de M. Traoré, l'Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma), qui appartient au large front formé contre le coup d'Etat du 22 mars, a réclamé sa démission, l'accusant "d'incompétence et d'amateurisme" face aux immenses défis auxquels est confronté le pays.

Le retour à Bamako de Dioncounda Traoré signifie en principe qu'il a reçu toutes les garanties nécessaires quant à sa sécurité personnelle, pour que ne se reproduise pas l'agression dont il a été victime le 21 mai dans son bureau à la présidence par de jeunes manifestants surexcités qui l'avaient violemment frappé, le blessant grièvement.

Soldats ouest-africains prêts

Des hommes armés présumés proches de l'ex-junte militaire du capitaine Sanogo, qui avait accepté de rendre le pouvoir aux civils après un putsch le 22 mars ayant précipité la chute du Nord aux mains des islamistes, continuent de semer la terreur à Bamako.

Ils y attaquent régulièrement des militaires, politiques, hommes d'affaires et journalistes considéré comme pro-ATT: des témoignages recueillis par la presse malienne et des défenseurs des droits de l'homme font état d'exécutions sommaires et de tortures commises notamment à la caserne de Kati, près de Bamako, quartier général du capitaine Sanogo.

Des chefs militaires de la Cédéao ont affirmé jeudi à Abidjan ne plus attendre qu'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU pour déployer au Mali quelque 3.000 hommes qui devront participer à la reconquête du Nord, mais aussi aider à sécuriser les organes et les dirigeants de la transition à Bamako.

Le Conseil de sécurité s'est abstenu jusque-là de donner un mandat à une éventuelle force ouest-africaine au Mali, attendant plus de précisions sur ses contours et sa mission.

Aide extérieure

La Cédéao attend également une demande formelle de Bamako et une aide extérieure, logistique et technique, que plusieurs pays occidentaux, dont la France, ex-puissance coloniale en Afrique de l'Ouest, sont disposés à apporter.

C'est de ce soutien que discute le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, au cours de la tournée entamée jeudi soir dans quatre pays ouest-africains, Niger, Burkina Faso, au Sénégal et au Tchad.

Les "grands pays" comme la France apportent leur "soutien" aux Africains sur ce dossier malien "et si nous pouvons être un facilitateur de ce qui peut être fait dans l'intérêt des Maliens et de la sous-région, nous remplirons ce rôle de facilitateur, ni plus ni moins", a déclaré M. Fabius après un entretien avec le président nigérien Mahamadou Issoufou à Niamey.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Mali : ce que Bamako et les groupes armés négocient à Alger

Mali : ce que Bamako et les groupes armés négocient à Alger

Réunis à Alger, les groupes armés du Nord-Mali et les autorités maliennes tentent de se mettre d'accord sur une feuille de route commune pour la suite des négociations de paix. [...]

Mali - RDC : Nkulu Kalumba, un long chemin vers la liberté

À l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, "Jeune Afrique" et le HCR au Mali ont organisé un concours de journalisme. C'est l'article d'une jeune étudiante[...]

Drague : le bal des faux-culs

Ils sont discrets, rembourrés et très à la mode en Afrique de l'Ouest... Zoom sur ces collants qui permettent aux femmes d'afficher de jolies fesses rebondies à moindre prix.[...]

Mali : bientôt un procès dans l'affaire des "bérets rouges" ?

Le rapport d'enquête sur l'affaire de la disparition des "Bérets rouges" devrait prochainement être bouclé et transmis au procureur, ouvrant ainsi la voie à un éventuel[...]

Ramtane Lamamra : "Un accord dans cent jours" sur le Nord-Mali

Le chef de la diplomatie algérienne fait le point sur le dialogue inter-malien, entamé le 16 juillet, et qui devrait être suspendu le 24 juillet avant une reprise à la mi-août. Première[...]

Hollande prépare le lancement de l'opération Barkhane à N'Djamena

L’opération "Barkhane", du nom de la nouvelle configuration stratégique de l’armée française dans le Sahel qui devrait mobiliser 3 000 soldats environ, sera officiellement[...]

Pourquoi le Mali s'est fait épingler par le FMI pour des fournitures militaires

Le FMI est-il trop pointilleux ? Un contrat de fournitures militaires de plusieurs dizaines de millions d'euros fait en tout cas tiquer les bailleurs de fonds. Trop opaque, jugent-ils. Le Mali n'apprécie pas.[...]

Mali : le groupe de Belmokhtar revendique l'attentat-suicide qui a tué un soldat français

Dans un enregistrement audio transmis mercredi soir au site d'information mauritanien Alakhbar, Al-Mourabitoune, le groupe du jihadiste Mokhtar Belmokhtar, revendique l'attentat-suicide qui a tué un sous-officier[...]

Mali : le gouvernement se dit "prêt à aller loin" dans les négociations de paix

Selon Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères, le gouvernement de Bamako est "prêt à aller loin" dans les négociations de paix avec les groupes armés du Nord du[...]

Mali : après des mois de blocage, ouverture des négociations de paix à Alger

Des négociations de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés du nord du pays s'ouvrent ce mercredi à Alger. En guise de bonne volonté, les deux camps ont échangé mardi soir[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers