Des milliers d'Égyptiens ont assisté samedi aux funérailles militaires d'Omar Souleimane, ancien bras droit du président déchu Hosni Moubarak et ex-chef des services du renseignement, décédé jeudi aux Etats-Unis.
M. Souleimane est mort à l'âge de 76 ans dans un hôpital de Cleveland (Ohio). Selon un diplomate égyptien à Washington, il est décédé d'une soudaine crise cardiaque pendant qu'il subissait des tests médicaux. Son corps a été rapatrié tôt samedi au Caire à bord d'un avion privé.
Les funérailles se sont déroulées dans l'après-midi dans la mosquée Al-Rachdan, dans l'est du Caire. La foule s'est pressée pour toucher le cercueil enveloppé du drapeau militaire égyptien, qui a ensuite été emmené par des soldats sur un attelage tiré par un cheval.
Le nouveau président égyptien, l'islamiste Mohamed Morsi, avait envoyé un représentant à la cérémonie, à laquelle ont également assisté le chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA), le maréchal Hussein Tantaoui, et le chef des services de renseignements Mourad Mouafi.
Pendant les funérailles, les partisans de M. Souleimane - ennemi farouche des islamistes, qui l'ont accusé d'avoir supervisé personnellement la torture de membres de leur mouvance - ont scandé des slogans hostiles à M. Morsi et aux Frères musulmans.
Proche d'Hosni Moubarak
M. Souleimane était perçu par beaucoup en Egypte comme un membre du cercle proche de Hosni Moubarak qui, peu avant d'être chassé du pouvoir par une révolte en février 2011, l'avait nommé vice-président.
Il avait quitté l'Egypte après avoir été écarté de la course lors du premier scrutin présidentiel de l'après-Moubarak qui s'est tenu en mai 2011. La commission électorale l'avait disqualifié car il n'avait selon elle pas réussi à obtenir les soutiens de quinze provinces comme le stipule la loi.
Il est surtout connu pour avoir été, à partir de 1991, le chef des "moukhabarat", le redoutable et tentaculaire bureau du renseignement intérieur. Fort notamment de bonnes relations avec les Américains, cet homme incontournable avait accumulé les "missions spéciales". Il avait été chargé de dossiers de politique étrangère dont celui du conflit israélo-palestinien, qu'il gérait en première ligne.

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