Extension Factory Builder
22/07/2012 à 19:37
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le secrétaire général de l'Onuci, Arnauld Akodjénou (d), le 15 octobre 2011 à Abidjan. Le secrétaire général de l'Onuci, Arnauld Akodjénou (d), le 15 octobre 2011 à Abidjan. © AFP

Le gouvernement ivoirien et l'ONU se sont rejeté samedi la responsabilité de protéger le camp de déplacés de l'ouest de la Côte d'Ivoire qui a subi vendredi une attaque meurtrière avant d'être détruit.

Le camp de Nahibly, abritant quelque 5.000 personnes déplacées lors de la crise de 2010-2011 et voisin de la ville de Duékoué, était "gardé depuis sa création par les Casques bleus de l'Onuci", la mission onusienne dans le pays, a affirmé le ministère ivoirien de la Défense dans un communiqué lu sur la télévision publique RTI.

En ce qui concerne la sécurité du camp, "la responsabilité première n'est pas la responsabilité de l'Onuci, mais nous avions toujours travaillé avec les autorités pour la gestion de ce camp", a déclaré de son côté un peu plus tôt devant la presse Arnauld Akodjénou, numéro 2 de l'Onuci.

Le "dispositif" de la force onusienne sur ce site était destiné, en accord avec le gouvernement, à sécuriser les acteurs humanitaires opérant auprès des déplacés et à "alerter" en cas de risques, a-t-il expliqué.

Entre 11 et 13 personnes, selon les bilans de l'ONU, du gouvernement et de sources locales, ont été tuées et 52 blessées, dont certaines grièvement, vendredi à Duékoué et dans le camp attaqué en représailles à une opération meurtrière dans un quartier de la ville. Dans le seul camp ont été dénombrés de sept à neuf morts.

Au moment de l'attaque, "totalement imprévisible", du camp par "une foule de plus de 300 personnes, dont certains éléments armés", "au portail se trouvaient une dizaine d'éléments de la force militaire de l'Onuci", qui n'ont "pu contenir" les assaillants, malgré la venue d'"une vingtaine de militaires onusiens" en renfort", selon M. Akodjénou.

"Miliciens" pro-Gbagbo dans le camp

"Ni le premier cordon de sécurité" établi en urgence par les forces ivoiriennes, "ni le deuxième constitué par le bataillon marocain de l'Onuci (présent au camp, ndlr) n'ont suffi pour arrêter" la foule, a assuré quant à lui le porte-parole du ministère de la Défense, le commandant Léon Kouakou Alla.

Il a annoncé l'organisation de "patrouilles mixtes" des Forces républicaines (FRCI, armée) et de l'Onuci dans la zone, l'ouverture d'une enquête judiciaire et fait état de la découverte dans le camp de deux kalachnikov, d'un "pistolet artisanal" et de munitions, dont des grenades.

Interrogé par téléphone par l'AFP, le ministre de la Défense, Paul Koffi Koffi, actuellement à Paris, a assuré qu'"il y avait des miliciens" fidèles à l'ex-chef de l'Etat Laurent Gbagbo qui se cachaient dans le camp et en sortaient pour commettre des exactions. "On savait que tôt ou tard il y aurait un incident grave", a-t-il avancé.

Le gouvernement souhaitait depuis longtemps la fermeture du camp, surtout peuplé de Guéré, ethnie autochtone considérée comme pro-Gbagbo et dont les relations sont notoirement difficiles avec la communauté malinké, venue du nord du pays et réputée soutenir le président Alassane Ouattara.

Retour au calme

Le Premier ministre Jeannot Ahoussou Kouadio, qui a reçu samedi Arnauld Akodjénou, a lancé aux habitants de Duékoué "un appel au calme", a souligné le ministère de la Défense.

La vie a repris samedi à Duékoué, avec la réouverture des commerces et la reprise du trafic dans les rues, selon des résidents.
Un habitant a toutefois parlé d'un "calme précaire". "Des jeunes du camp sont détenus par les FRCI", a-t-il dit.

L'ONU et les organisations humanitaires ont commencé à s'organiser pour trouver les déplacés dispersés en ville et dans la brousse et leur venir en aide.

En proie depuis des années à de graves tensions ethniques, l'Ouest reste la région la plus instable du pays plus d'un an après la fin de la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011, qui avait fait quelque 3.000 morts, dont des centaines à Duékoué et dans sa région.

Après les Etats-Unis et l'ONU, la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a déploré samedi l'attaque contre le camp.

Pour elle, "cette dernière tragédie illustre l'instabilité chronique qui prévaut à l'ouest de la Côte d'Ivoire où les tensions intercommunautaires, l'insuffisance de la présence de l'Etat et l'impunité qui a prévalu jusqu'à présent alimentent un cycle interminable de représailles et vengeances".
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Côte d'Ivoire

Côte d'Ivoire : pour l'accusation, Blé Goudé est responsable 'de certains des pires crimes'

Côte d'Ivoire : pour l'accusation, Blé Goudé est responsable "de certains des pires crimes"

L'audience de confirmation des charges retenues contre Charles Blé Goudé devant la CPI a débuté lundi à la Haye. Elle doit se poursuivre jusqu'à jeudi.[...]

Coup de mou pour l'hévéa

Alors que le cours du caoutchouc ne cesse de baisser depuis trois ans, les producteurs font le dos rond en attendant des jours meilleurs. Et demandent au gouvernement de moins taxer leur activité.[...]

CPI : dernière chance pour Blé Goudé

L'audience de confirmation des charges contre l'Ivoirien Charles Blé Goudé se tient ce lundi à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye. L'ancien bras droit de Laurent Gbagbo, qui s'exprimera dans[...]

Nouvelle ère pour Finagestion

 Rebaptisé Eranove, l'ex-Finagestion, holding de tête des compagnies d'électricité et d'eau en Côte d'Ivoire et au Sénégal ne veut plus être perçu comme un[...]

Frontière maritime : Abidjan demande à son tour un arbitrage international

La côte d'Ivoire a décidé , "à son tour", de porter plainte devant un tribunal international, après "la décision unilatérale" du Ghana, de saisir cette même[...]

Côte d'Ivoire : la primature prend les manettes de la TNT

 C'est désormais le Premier ministre ivoirien, Daniel Kablan Duncan, en personne qui assure la présidence du comité national de migration vers la télévision numérique terrestre.[...]

Afrique de l'Ouest : ce que vos dirigeants ont dit sur Ebola

Les dirigeants africains ont-ils pris suffisamment tôt la mesure du danger que représentait le virus Ebola ? Pour tenter de répondre à cette question, nous avons répertorié les[...]

Le Ghana demande à un tribunal international de trancher son différend maritime avec la Côte d'Ivoire

 Après l'échec du dixième round de négociations entre les deux pays, le Ghana a demandé au Tribunal international du droit de la mer de trancher le conflit qui l'oppose à la[...]

Les Brasseries ivoiriennes mettent la pression

La filiale d'Eurofind, nouvelle venue sur le marché de la bière, tourne la tête aux amateurs de houblon. Au point de faire tituber la Solibra, leader historique.[...]

Côte d'Ivoire : Yacou le Chinois, le voyou qui fait trembler la Maca

La Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan est tenue d'une main de fer par... un prisonnier. Derrière les barreaux, Yacou le Chinois fait la loi. Et est devenu célèbre dans tout le pays.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers