La vie a repris samedi à Duékoué, dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, au lendemain de violences ayant fait au moins onze morts et 40 blessés selon l'ONU, qui s'organisait pour venir en aide aux déplacés dispersés après l'attaque de leur camp.
« Ce matin, des activités ont repris, des magasins, le marché ont ouvert », a déclaré à l'AFP un journaliste local joint par téléphone depuis Abidjan. « Les voitures circulent en ville », a indiqué une habitante.
Un autre habitant a toutefois parlé d'un « calme précaire ». « Des jeunes du camp sont détenus par les FRCI » (Forces républicaines de Côte d'Ivoire, armée), a-t-il ajouté.
Les quelque 5.000 déplacés ayant pris la fuite vendredi après l'attaque du camp de Nahibly, situé à l'entrée de Duékoué, « sont dispersés dans la ville », certains sont regroupés devant la mairie, d'autres à la mission catholique et des « sans-abri errent dans les rues », selon des résidents.
Les Nations unies, qui n'ont pu empêcher l'attaque du camp placé sous leur garde, ont entrepris de venir en aide aux déplacés.
Au moins 11 morts
« La priorité des humanitaires est la protection des populations civiles et l'assistance » aux déplacés, a souligné le coordonnateur humanitaire de l'ONU dans le pays, Ndolamb Ngokwey, dans un communiqué publié par le Bureau des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha).
Le recensement des sites de déplacés est « en cours » pour leur fournir une aide d'urgence (tentes, eau, vivres...), précise Ocha.
Au moins onze personnes ont été tuées et 40 blessées dans les violences, selon cette agence onusienne.
Après le meurtre, dans la nuit de jeudi à vendredi, de quatre personnes dans un quartier de Duékoué peuplé surtout de Malinké (ethnie réputée favorable au chef de l'Etat Alassane Ouattara), une foule a attaqué en représailles le camp (abritant surtout des autochtones guéré, vus comme partisans de l'ex-président Laurent Gbagbo), y tuant « au moins sept personnes ».
Des sources locales interrogées par l'AFP ont fait état d'un bilan global de 13 morts, dont neuf dans le camp.
En proie depuis des années à de graves tensions ethniques, l'Ouest reste la région la plus instable plus d'un an après la fin de la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011, qui a fait quelque 3.000 morts, dont des centaines à Duékoué et dans sa région.

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