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21/07/2012 à 09:47
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Un camp de réfugiés guérés à Duékoué, en Côte d'Ivoire. Un camp de réfugiés guérés à Duékoué, en Côte d'Ivoire. © AFP

Au moins 11 personnes ont été tuées dans des violences dans la ville de Duékoué, dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, et dans un camp de déplacés voisin gardé par l'ONU, a-t-on appris vendredi de sources concordantes. 

Mis à jour à 11h15.

Dans un communiqué, le représentant spécial des Nations unies dans le pays, Bert Koenders, a condamné "avec force l’attaque perpétrée par environ 300 individus" contre "un camp de personnes déplacées à Nahibly (bien: Nahibly), dans la préfecture de Duékoué, qui s’est soldée par sept morts et 13 blessés".

Plusieurs sources locales interrogées par l'AFP ont parlé de "neuf morts" découverts dans le camp, largement détruit.

Le camp de déplacés, voisin de Duékoué et abritant surtout des autochtones d'ethnie guéré, a été attaqué par des jeunes en représailles à la mort de quatre personnes, tuées durant la nuit par des inconnus à Kôkôma, un quartier de Duékoué peuplé principalement de Malinké (originaires du nord du pays).

Ces violences, qui auraient été provoquées par un braquage meurtrier, rappellent que l'Ouest, en proie depuis des années à de graves tensions ethniques sur fond de conflits fonciers, reste la région ivoirienne la plus instable plus d'un an après la fin de la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011, qui a fait quelque 3.000 morts, dont des centaines à Duékoué et dans sa région.

Le camp, d'où les quelque 5.000 personnes déplacées à la suite de la crise ont dû fuir dans la ville ou la brousse, était sous la protection d'un contingent de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci).

M. Koenders n'a pas expliqué pourquoi les Casques bleus n'avaient pu le défendre. Mais, selon une employée du Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) sur place et un journaliste local, les Casques bleus ont été débordés par la foule, étant "en nombre insuffisant".

"Lorsqu'il y a une crise, les ethnies se l'approprient"

"Je n'arrive pas à comprendre ce qui a pu se passer pour que l'ONU n'ait pas réussi à maintenir (à l'extérieur, ndlr) la foule venue se venger", a confié le père Cyprien Ahouret, curé de la mission catholique de Duékoué. Il a regretté qu'un "braquage" ait mené à ce drame: "ici, lorsqu'il y a une crise, les ethnies se l'approprient".

Les Malinké sont considérés comme des soutiens du président Alassane Ouattara, tandis que les Guéré sont vus comme favorables à l'ex-chef de l'Etat Laurent Gbagbo, son rival de la crise de 2010-2011.

Selon plusieurs sources, les jeunes qui ont attaqué le camp étaient accompagnés de militaires ivoiriens des Forces républicaines (FRCI) et de "dozos", chasseurs traditionnels servant de supplétifs à ces forces de sécurité. Armes à feu et armes blanches ont été utilisées contre les déplacés, selon des sources à l'hôpital de Duékoué, qui a pris en charge les blessés.

Après des tirs dans la ville et surtout au camp dans la matinée, le calme est revenu dans l'après-midi.

"Inquiétude" de l'ONU

Selon des témoins, des Casques bleus se sont déployés dans les quartiers à majorité guéré de Duékoué et autour de la mission catholique, où se sont abrités de nombreux déplacés. Les FRCI ont sillonné aussi la ville.

M. Koenders a appelé Abidjan à "plus d'efforts" pour assurer la sécurité dans cette région meurtrie.

Dans un communiqué publié par leur ambassade à Abidjan, les Etats-Unis ont de leur côté demandé "instamment" au gouvernement ivoirien ainsi qu'à l'Onuci de "prendre les mesures immédiates pour assurer la protection des civils dans la région", et réclamé "l'ouverture immédiate d'une enquête".

Plus au sud, près de la frontière avec le Liberia, plusieurs attaques contre des villages ont fait début juin plus d'une vingtaine de morts, dont sept Casques bleus nigériens, et provoqué le déplacement de quelque 13.000 personnes. Le gouvernement de M. Ouattara a accusé des forces pro-Gbagbo basées au Liberia.

Dans son dernier rapport présenté cette semaine au Conseil de sécurité, l'ONU a dit observer "avec inquiétude" que "la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader" dans l'Ouest.

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