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14/07/2012 à 16:17
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Le président soudanais Omar el-Béchir à Addis Abeba quitte une réunion de l'Union africaine. Le président soudanais Omar el-Béchir à Addis Abeba quitte une réunion de l'Union africaine. © AFP

L'Union africaine (UA) se penchait samedi sur la crise malienne, "l'une des plus graves" que traverse l'Afrique et sur les tensions persistantes entre les deux Soudans, à la veille d'un sommet qui devrait être dominé par les querelles internes sur la tête de l'organisation.

Seule une poignée de chefs d'Etat étaient présents samedi, à l'ouverture d'une réunion de Conseil de paix et de sécurité (CPS) dont son président en exercice, l'Ivoirien Alassane Ouattara, le Béninois Thomas Boni Yayi, président en exercice de l'UA, le Burkinabé Blaise Compaoré, médiateur dans la crise malienne.

Les présidents sud-soudanais Salva Kiir et soudanais Omar el-Béchir ont également rejoint l'un après l'autre la salle des débats - qui se tiennent à huis clos -, se retrouvant pour la première fois dans la même salle depuis les intenses combats frontaliers ayant opposé leurs deux armées entre mars et mai.

Ils ont plus tard quitté la salle séparément à quelques minutes d'intervalle et toujours mutiques face à la presse, alors que la réunion du CPS se poursuivait.

Le Nigérien Mohamadou Issoufou, le Djiboutien Ismaël Omar Guelleh, le Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz et le Zimbabwéen Robert Mugabe participaient également à la réunion.

"Il ne fait guère de doute que la situation au Mali est certainement une des crises les plus graves à laquelle est confrontée notre continent", a déclaré le président de la Commission de l'UA, Jean Ping en ouvrant la réunion du CPS, et "sa persistance fait peser un réel danger sur la viabilité de l'Etat malien, ainsi que sur la stabilité et la sécurité régionales".

"Les principes en cause, qu'il s'agisse de la préservation de l'unité et l'intégrité territoriale du pays, du rejet du terrorisme et du refus des changements anticonstitutionnels de gouvernement sont d'une importance capitale pour le continent", a poursuivi M. Ping, qui postulera dimanche à sa réélection à la tête de l'organe-clé de l'UA.

De son côté, Alassane Ouattara a averti que "l'objectif des groupes terroristes de créer dans le nord du Mali un sanctuaire et un centre de coordination pour les réseaux terroristes du continent (...) constitue de sérieuses menaces à la paix et à la sécurité régionales et internationales."

Appel à l'ONU

M. Ouattara a de nouveau appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à "l'adoption rapide (...) d'une résolution autorisant le déploiement de troupes au Mali sous le chapitre VII de la Charte des Nations unies" qui prévoit des mesures coercitives allant jusqu'au recours à la force en cas de menace contre la paix.

Concernant la crise soudanaise, M. Ping a noté des progrès "lents et inégaux" dans l'application de la "feuille de route" élaborée par l'UA pour tenter d'y trouver une solution.

"Mais je note avec beaucoup de satisfaction, l'affirmation récente par les deux pays de leur volonté de revenir à un esprit de partenariat dans leurs négociations" en vue de leurs "conclusions dans les délais prescrits", a poursuivi M. Ping.

Les négociations entre les deux Soudans ont repris en mai à Addis Abeba, sans réels progrès pour le moment sur les principaux différends en suspens: tracé de la frontière, question du pétrole et statut de zones contestées.

Le médiateur de l'UA dans la crise soudanaise, l'ex-président sud-africain Thabo Mbeki devait présenter au CPS son rapport sur l'évolution des négociations.

"Le paysage géopolitique de l'Afrique continue à être contrasté", a également souligné M. Ping dans son discours, notant "une résurgence et une récurrence de crises et de tensions" au côté d'une "amélioration générale de la situation", l'Afrique ayant connu moins de conflits armés au cours des deux dernières décennies, selon lui.

"Les coups d'Etat militaires au Mali et en Guinée Bissau ont constitué des reculs préjudiciables que rien ne peut justifier", a-t-il martelé, se disant également préoccupé par l'actuelle mutinerie dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), qui a fait ressurgir des tensions avec le Rwanda voisin, et où continuent de prospérer divers groupes armés.

Le président Boni Yayi a lui appelé à "consolider l'unité" de l'UA, elle-même confrontée à une grave crise interne, depuis l'échec du précédent sommet, en janvier, à départager les candidatures de M. Ping et son adversaire sud-africaine Nkosazana Dlamini-Zuma à la tête de la Commission.

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