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14/07/2012 à 10:42
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Un membre du Mouvement du 23 mars (M23) patrouille le 12 juillet 2012 à Bunagana, en RDC. Un membre du Mouvement du 23 mars (M23) patrouille le 12 juillet 2012 à Bunagana, en RDC. © AFP

Les mutins du M23, dont des bases avaient été visées la veille par des tirs d'hélicoptères de l'armée congolaise et de l'ONU dans l'est de la République démocratique du Congo, ont menacé vendredi de reprendre des villes qu'ils avaient quittées.

Les mutins du Mouvement du 23 mars (M23) ont qualifié d'"inacceptable" le retour des Forces armées congolaises (FARDC) notamment à Rutshuru, la plus importante de la demi-douzaine de localités prises dimanche par les rebelles tutsi dans la province du Nord-Kivu.

Ils demandent aux FARDC de quitter "sans délai" ces villes "faute de quoi elles seront rendues responsables de toutes les conséquences relatives à leur présence dans ces entités".

"Si leurs forces sont là-bas, nous allons reprendre ces villes", a affirmé à l'AFP le porte-parole du M23, le lieutenant-colonel Vianney Kazarama.

Le M23 est formé d'ex-combattants de la rébellion tutsi congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), intégrés dans les FARDC dans le cadre d'un accord de paix avec Kinshasa le 23 mars 2009, dont ils réclament la pleine application. Les rebelles sont soutenus par le Rwanda, d'après un rapport des Nations unies.

Le 6 juillet, les mutins ont pris Bunagana, important poste-frontière avec l'Ouganda, après des combats avec les FARDC.
Deux jours après ils ont pris Rutshuru (70 km au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu), la cité voisine de Kiwanja et des localités plus au sud, jusqu'à 50 km de Goma, sans résistance.

Le M23 s'est officiellement retiré lundi de ces villes mais contrôle toujours Bunagana, à 25 km au sud-est de Rutshuru, tout près de ses bases dans les collines du parc national des Virunga, adossé au Rwanda et à l'Ouganda.

L'armée congolaise a affirmé en milieu de semaine avoir repris position à Rutshuru, Kiwanja et dans les autres localités prises dimanche.

Les mutins ont dit s'être retirés, mais un journaliste de l'AFP en a vu une demi-douzaine vendredi à Rumangabo (50 km au nord de Goma), armés et vêtus en treillis FARDC.
Jeudi, des hélicoptères de la Mission de l'ONU (Monusco) et des FARDC ont tiré sur Nkokwe et Bukima, deux positions rebelles à l'est de Rumangabo.

"Nos bases sont à Mbuzi, Tshanzu et Runyoni (ndlr, sur des collines). Ce sont les populations qui ont été prises pour cible. Deux civils ont été tués", a affirmé Vianney Kazarama.

Selon le porte-parole de l'ONU Martin Nesirky, les hélicoptères ont tiré car "les combattants du M23 avaient été vus se dirigeant vers le sud en direction de Goma et la Monusco avait aussi reçu des informations sur des violations des droits de l'homme par le M23 dans cette zone".

Jeudi à Rumangabo, des témoins ont déclaré à l'AFP qu'une femme avait été tuée par des éclats à Bukima.

Depuis mercredi, des blindés de l'ONU et des FARDC sont positionnés à 25 km au nord de Goma, pour prévenir toute attaque de cette ville de 500.000 habitants. Les mutins ont répété jusque-là que leur objectif n'était pas de prendre Goma.

Si Kigali a toujours démenti appuyer les mutins, de hauts responsables rwandais, dont le ministre de la Défense, le général James Kabarebe, sont accusés dans un rapport d'experts de l'ONU d'avoir aidé directement le M23 en lui fournissant armes, munitions, recrues...

Rencontre pas exclue entre Kagame et Kabila

Le Rwanda, la RDC et leurs neuf voisins régionaux ont condamné les actions du M23, lors d'une réunion de la Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL), la structure qui les réunit.

"Toutes les forces négatives, en particulier le M23, devraient immédiatement cesser leurs activités armées et aucun appui ne devrait leur être accordé", selon un communiqué des 11 pays membres.

"C'est une grande avancée. Jusque-là le Rwanda refusait de considérer le M23 comme une force négative", a commenté une source sécuritaire congolaise.

Une rencontre "n'est pas exclue" entre les présidents congolais Joseph Kabila et rwandais Paul Kagame, lors d'un sommet de l'Union africaine dimanche et lundi à Addis Abeba, selon la présidence congolaise.

Mercredi, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait appelé les deux chefs d'Etat pour leur demander de "poursuivre le dialogue afin de réduire les tensions et mettre fin à la crise" liée à la mutinerie.
 

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