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07/07/2012 à 12h:02
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Des casques bleus de l'ONU stationnés près de Bunagana, le 19 mai 2012. Des casques bleus de l'ONU stationnés près de Bunagana, le 19 mai 2012. © AFP

La localité de Bunagana, poste frontalier avec l'Ouganda dans l'est de la RDC, est tombée vendredi aux mains des mutins après d'âpres combats contre l'armée congolaise, au cours desquels un Casque bleu indien a été tué, qui ont poussé près de 600 soldats congolais à se réfugier de l'autre côté de la frontière.

La localité de Bunagana, poste frontalier avec l'Ouganda dans l'est de la RDC, est tombée vendredi aux mains des mutins après d'âpres combats contre l'armée congolaise, au cours desquels un Casque bleu indien a été tué, qui ont poussé près de 600 soldats congolais à se réfugier de l'autre côté de la frontière.

"Nous avons pris Bunagana vers 06H00" (04H00 GMT), a affirmé à l'AFP le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole du M23 (Mouvement du 23 mars), dont les mutins se revendiquent. Bunagana se trouve à une dizaine de km au nord-est des positions des mutins, regroupés depuis mai sur plusieurs collines dans le sud-est du Parc national des Virunga, frontalier avec l'Ouganda et le Rwanda, à une cinquantaine de km à vol d'oiseau au nord-est de Goma, le chef-lieu du Nord-Kivu.

"C'est fini, la localité est occupée par les rebelles. Nous sommes tous entassés ici du côté ougandais", a relaté à l'AFP un habitant de Bunagana. Environ 600 soldats des Forces armées congolaises (FARDC) ont fui Bunagana en Ouganda, selon l'armée ougandaise. "Ils ont franchi la frontière ce (vendredi) matin; nous les avons désarmés et ils sont désormais sous notre contrôle", a déclaré Peter Mugisha, un porte-parole de l'armée ougandaise.

Les FARDC avaient lancé une offensive jeudi matin à l'ouest des positions rebelles, mais le M23 a mené une contre-offensive au nord-est, pour prendre les localité de Jomba et Chengerero jeudi, puis Bunagana vendredi à l'issue d'âpres combats.

Aucun bilan des affrontements n'a été communiqué jusque-là par les FARDC, mais certaines sources évoquent plusieurs soldats tués.

Mort d'un Casque bleu

Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné cette mort "dans les termes les plus forts" et "a appelé le gouvernement de la RD Congo à faire en sorte que les responsables de telles attaques soient rapidement traduits en justice". Dans un communiqué, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon "regrette profondément" la nouvelle et "exprime de sérieuses inquiétudes sur la situation" dans l'est de la RD Congo.

La Monusco avait renforcé ses positions ces dernières semaines à Bunagana pour protéger les populations civiles. Cette mission est l'un des plus importantes de l'ONU, avec près de 18.000 soldats, principalement basés dans l'est du pays. "Des unités de la Monusco se sont malheureusement mises du côté des FARDC lors de l'attaque des forces du M23 (...) C'est dans ces circonstances malheureuses qu'est survenue la mort d'un Casque bleu et d'un nombre indéterminés de civils", a déclaré le M23 dans un communiqué.

Selon la société civile du Nord-Kivu, les mutins se seraient "infiltrés" jeudi dans la région de Bunagana, en se mêlant aux déplacés qui fuyaient les combats à Jomba et Chengerero, avant d'attaquer dans la nuit. Environ 5.000 personnes ont fui en Ouganda depuis jeudi, selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) dans ce pays.

Kigali accusé

La fuite de soldats congolais en Ouganda "est un sujet d'inquiétude et affaiblit encore la capacité de l'armée congolaise à protéger efficacement les civils" contre le M23 qui a "accru ses forces", a déclaré l'ONG Amnesty international dans un communiqué. Depuis mai, les mutins, issus de l'ex-rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), sont regroupés dans le sud-est du parc des Virunga où ils résistent aux attaques et bombardements fréquents des FARDC.

Les combattants du CNDP ont été intégrés dans l'armée dans le cadre d'un accord de paix avec Kinshasa signé le 23 mars 2009, dont le M23 réclame la pleine application. Un récent rapport d'experts de l'ONU a affirmé que les mutins étaient soutenus par des hauts responsables rwandais, notamment le ministre de la Défense, le général James Kabarebe, et le chef d'état-major des armées, le général Charles Kayonga, qui auraient apporté "une aide directe" à la création du M23, en fournissant aux mutins des armes, des munitions et des recrues. Kigali nie tout soutien à la mutinerie et rejeté ce rapport.

"Notre intention n'est pas de conquérir les espaces (...) Nous ne demandons pas de nouvelles négociations, nous exigeons plutôt le respect des engagements pris par le gouvernement à travers l'accord du 23 mars 2009", a assuré le M23.

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