Extension Factory Builder
01/07/2012 à 16:27
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Mohamed Morsi prononçant un discours sur une base militaire du Caire le 30 juin 2012. Mohamed Morsi prononçant un discours sur une base militaire du Caire le 30 juin 2012. © AFP

Le premier président civil d'Égypte, l'islamiste Mohamed Morsi, entamait dimanche un mandat aux pouvoirs limités par les vastes prérogatives de l'armée, avec pour première tâche la formation d'un "gouvernement de coalition" pour donner des gages d'ouverture.

M. Morsi a officiellement prêté serment samedi, avant de se voir remettre le pouvoir exécutif par le Conseil suprême des forces armées (CSFA), à qui Hosni Moubarak avait confié les rênes du pays lors de sa démission en février 2011. De nombreux journaux saluaient dimanche l'arrivée d'un civil à la tête d'un pays dirigé depuis la chute de la monarchie en 1952 par des présidents issus de l'armée. "Le début d'une nouvelle époque", titrait notamment le quotidien gouvernemental al-Akhbar.

Pour al-Watan (indépendant), "le président est officiellement investi" mais "le peuple attend la concrétisation des promesses dans les 100 premiers jours", allusion notamment aux engagements de M. Morsi de redresser une situation économique difficile. L'armée a promis samedi de se "tenir au côté du président", mais M. Morsi reste sous l'étroite surveillance de la junte militaire, qui conserve un droit de veto sur toute loi, mesure budgétaire ou article de la future Constitution. Le nouveau président, issu des Frères musulmans et élu pour quatre ans, veut quant à lui s'appuyer sur la légitimité populaire que lui donne son élection avec 51,7% des voix contre un ancien Premier ministre de M. Moubarak, Ahmad Chafiq.

El Baradei, favori

Vendredi, il a symboliquement prêté serment devant des dizaines de milliers de personnes sur la place Tahrir, "place de la liberté et de la révolution" contre le régime Moubarak, selon ses propres termes. La tâche la plus urgente du nouveau président sera de former un gouvernement susceptible de donner des gages d'ouverture, et d'élargir ses soutiens face aux militaires. L'entourage de M. Morsi a dès la semaine dernière laissé entendre qu'il souhaitait former un "gouvernement de coalition" dirigé par une "personnalité indépendante".

Les noms de l'ancien chef de l'agence atomique de l'ONU, Mohamed ElBaradei, ou de l'ancien ministre des Finances Hazem el-Beblawi ont circulé, mais sans confirmation formelle. M. ElBaradei est apparu hier au premier rang des invités lors d'une cérémonie à l'université du Caire à laquelle étaient présents M. Morsi et le chef de l'armée, le maréchal Tantaoui. Mais des responsables du Parti de la Justice et de la Liberté (PLJ), émanation des Frères musulmans, cités par la presse dimanche, affirmaient que les tractations devaient réellement commencer dans la semaine. Un des dirigeants du PLJ, Saad Hosseini, a déclaré au quotidien gouvernemental al-Akhbar qu'il était "impossible que le poste de Premier ministre soit détenu par un membre des Frères ou du PLJ", confirmant implicitement le désir d'ouverture du président.

Respect du traité de 1979 avec Israël

Sur le front international, un responsable israélien a indiqué que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait envoyé à M. Morsi une lettre pour l'encourager à soutenir le traité de paix signé en 1979 entre les deux pays, considéré par l'Etat hébreu comme un acquis diplomatique stratégique. Dans cette lettre, M. Netanyahu souligne "le désir d'Israël de poursuivre la coopération et de renforcer la paix," a ajouté ce responsable qui a requis l'anonymat, en précisant que la missive avait été envoyée "ces derniers jours".

M. Morsi s'était engagé dès l'annonce de sa victoire à respecter tous les textes internationaux signés par l'Egypte, parmi lesquels figure ce traité de paix, le premier signé par un pays arabe avec Israël. Samedi, il a également apporté son soutien aux "droits légitimes" des Palestiniens.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Egypte

'Princess of North Sudan' : Disney accusé de glorifier le colonialisme

"Princess of North Sudan" : Disney accusé de glorifier le colonialisme

Le prochain Disney, encore dans les cartons, s'appuie sur l'histoire vraie d'un Américain venu planter l'étendard familial dans le nord du Soudan pour faire de sa fille une "princesse"... Au mépris[...]

Égypte : Morsi et Qaradawi condamnés à mort, signe de "guerre totale" contre les Frères musulmans

La condamnation à mort samedi de l’ancien président Mohamed Morsi, du prédicateur Youssef Al-Qaradawi et la pendaison de six détenus islamistes montrent la détermination du régime[...]

Égypte : deux juges, un procureur tués par balle dans le Sinaï

Deux juges et un procureur égyptiens ont été tués par balle samedi dans le nord du Sinaï, théâtre d'attentats jihadistes visant habituellement les forces de sécurité, a[...]

L'Égypte pend six militants islamistes

Six militants islamistes reconnus coupables d’avoir mené des attaques pour le compte du groupe armé Ansar Beit al-Maqdess ont été pendus, ont annoncé dimanche des responsables de la police[...]

Égypte - Condamnation à mort de Morsi : Washington profondément préoccupé

Les États-Unis ont exprimé dimanche leur profonde préoccupation après la condamnation à mort de l'ex-président égyptien Mohamed Morsi et de plus de 100 autres Égyptiens, a[...]

Égypte : l'ex-président Mohamed Morsi condamné à mort

Poursuivi pour espionnage et des violences durant la révolte de 2011, Mohamed Morsi, premier président élu démocratiquement en Égypte, a été condamné samedi à mort. Un[...]

Égypte : sept morts, dont trois civils, dans deux attaques dans le Sinaï

Quatre militaires et trois civils ont été tués mercredi dans deux attaques à la bombe dans le Sinaï.[...]

Égypte : démission du ministre de la Justice, pour qui un enfant d'éboueur "ne peut devenir juge"

Le ministre égyptien de la Justice, Mahfouz Saber, a démissionné lundi suite au tollé provoqué par ses déclarations lors d’une interview télévisée dimanche soir.[...]

Liberté d'expression : les dessinateurs de presse en première ligne

L'attentat contre leurs confrères de "Charlie Hebdo" en janvier a fortement ému les dessinateurs africains et rappelé à quel point la liberté d'expression pouvait être[...]

Le marocain Attijariwafa débarque en Égypte

 La banque marocaine Attijariwafa Bank s'apprête à mettre un pied en Égypte. Sa direction négocie actuellement la reprise de Piraeus Bank Egypt.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers