Extension Factory Builder
01/07/2012 à 10:00
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Capture d'écran d'une vidéo montrant des islamistes armés patrouillant dans une rue de Gao. Capture d'écran d'une vidéo montrant des islamistes armés patrouillant dans une rue de Gao. © AFP

Au moins 35 personnes, dont des civils, ont été tuées dans les violents combats ayant opposé cette semaine des islamistes et des rebelles touareg à Gao, dans le nord malien sous contrôle de groupes armés, selon un nouveau bilan communiqué samedi à l'AFP par une source hospitalière.

"Il y a eu au moins 35 morts" lors des combats, "parce qu'on n'avait pas compté ceux qui sont tombés dans le fleuve Niger et les blessés qui sont morts par la suite", a affirmé à l'AFP un médecin de retour de cette ville située sur le fleuve Niger. Il a été joint par téléphone à Bamako. "Il y a eu au moins 35 morts, ça c'est sûr. Dans des poches de trois combattants tués, on a retrouvé des cartes d'identité nigérienne", a-t-il ajouté, sans préciser leur camp.

Le précédent bilan établi de sources concordantes était d'au moins 20 morts. Le Comité international de Croix-Rouge (CICR) a évoqué 41 blessés par balle admis à l'hôpital de Gao après des "manifestations de rues et combats entre groupes armés" les 26 et 27 juin.

La rébellion touareg du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) a affirmé vendredi dans un communiqué avoir dénombré quatre morts et dix blessés dans ses rangs, et fait "plusieurs dizaines de morts" dans le camp de ses adversaires islamistes du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao). D'après plusieurs témoins et d'après des vidéos que s'est procurées l'AFP, les combats ont été violents entre ces anciens alliés, qui avaient pris le contrôle de Kidal (extrême nord-est), Gao (nord-est) et Tombouctou (nord-ouest). A l'issue des affrontements, des habitants ont exprimé leur soutien aux jihadistes.

Sur une des vidéos, on voit des combattants en turban, armés de fusils d'assaut et de lance-roquettes, un "technical" (pick-up armé) avec le drapeau noir des jihadistes rouler à tombeau ouvert dans la ville. Des jihadistes lançaient "Allah akbar !" ("Dieu est grand", en arabe) pendant les échanges de coup de feu et après la bataille. Des habitants leur ont exprimé leur soutien, certains courant le long de leur véhicule. On voit également des personnes emporter des meubles d'anciens bâtiments officiels qui étaient occupés par le MNLA. Sur la seconde vidéo de Gao, on entend des jeunes crier "Vive le Mali!" et chanter l'hymne national sur une place publique après les combats.

Lourde défaite pour le MNLA

Le Mujao, issu d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) très présente dans le nord malien, a affirmé avoir infligé une lourde défaite au MNLA, qu'il a chassé de la ville, ce qu'ont confirmé de nombreux témoins. Des chefs du MNLA ont été blessés, tués ou contraints à la fuite. Parmi les blessés, figure son secrétaire général Bilal Ag Achérif, évacué au Burkina Faso, pays médiateur pour une sortie de crise au Mali.

Selon plusieurs autres témoins, ce mouvement a également été contraint de se retirer jeudi de ses dernières positions dans la ville de Tombouctou et ses alentours sur injonction d'Ansar Dine, un groupe islamiste dirigé par un chef touareg malien et allié d'Aqmi. Ansar Dine a détruit samedi trois des mausolées de saints musulmans de Tombouctou, ville mythique classée patrimoine mondial en péril, ce que l'Unesco a qualifié de "nouvelle tragique" alors que Bamako a dénoncé une "furie destructrice" et des actes assimilables "à des crimes de guerre".

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Mali : mort de la fillette, premier cas d'Ebola dans ce pays

Mali : mort de la fillette, premier cas d'Ebola dans ce pays

Le premier cas d'Ebola identifié au Mali, une fillette de deux ans récemment revenue de Guinée, est morte vendredi, a annoncé le gouvernement.[...]

Ebola : un premier cas au Mali fait craindre l'arrivée de l'épidémie

Le Mali connaît son premier cas d'Ebola. Il s'agit d'une fillette de deux ans venue de Guinée avec sa grand-mère. Elle a été placée en quarantaine à Kayes (Ouest), a[...]

Mali : les Casques bleus, cibles privilégiées des jihadistes

Rarement mission onusienne aura autant été prise pour cible. Dans le Nord, les soldats de la Minusma sont seuls et en première ligne. Mines, tirs de roquettes et attentats ont déjà fait[...]

La course pour la direction du bureau Afrique de l'OMS est lancée...

Qui, début novembre, succédera à l'Angolais Luís Gomes Sambo à la tête du bureau Afrique de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ?[...]

Mali : ouverture du troisième round de négociations à Alger

Les pourparlers de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés ont repris mardi à Alger. Le ministre malien des Affaires étrangères a appelé les différents mouvements à[...]

Mali : réouverture des négociations de paix à Alger

La reprise des pourparlers de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés, samedi, à Alger s'inscrit dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans le nord du pays.[...]

Mali : à Alger, la médiation face à deux plans de sortie de crise

Alors que la reprise des pourparlers de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés a été reportée au 22 octobre à Alger, "Jeune Afrique" a pu se procurer en[...]

Mali : au moins 7 morts dans des combats entre le MNLA et le Gatia près de Gao

Au moins sept personnes ont été tuées lors d'affrontements jeudi après-midi, près de Gao, principale ville du nord du Mali, entre et le MNLA et le Gatia, deux groupes armés touaregs de[...]

Mali : discussions à Alger, combats vers Gao

Le MNLA et le Gatia, une milice progouvernementale, s’affrontent dans la région de Gao depuis jeudi matin. Des combats qui interviennent alors que devaient reprendre à Alger, la veille, des négociations[...]

Mali : Sultan Ould Bady et le Mujao, un jihadiste en rupture de ban

Le jihadiste Sultan Ould Bady serait en conflit avec le Mujao, au nom duquel il a pourtant récemment revendiqué plusieurs attaques contre les Casques bleus au nord du Mali.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers