Les défections de militaires se poursuivent en République démocratique du Congo (RDC) où plusieurs soldats ont déserté dans la nuit de vendredi à samedi pour rejoindre la mutinerie d'ex-rebelles que l'armée combat depuis mai dans la province du Nord-Kivu (est), a-t-on appris de sources concordantes.
Selon les mutins, plus de cent militaires, dont deux officiers supérieurs, ont fait défection.
Des militaires de l'ex-rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), intégrés dans l'armée en 2009, "ont rejoint le M23 depuis hier soir" (vendredi), a déclaré à l'AFP le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole des mutins se réclamant du Mouvement du 23 mars (M23).
Selon lui, 83 soldats, dont six capitaines, ont quitté le territoire de Beni, à l'extrême-nord du Nord-Kivu, pour regagner celui de Rutshuru, au sud de la province, et où les Forces armées (FARDC) combattent les dissidents dans le Parc des Virunga, à la frontière avec le Rwanda et l'Ouganda.
"Des partisans du colonel Yusuf Mboneza"
"Nous avons des informations selon lesquelles des militaires ont fait défection. Ce sont pour la plupart des partisans du colonel Yusuf Mboneza", qui était commandant à l'époque du CNDP, a déclaré de son côté à l'AFP un colonel loyaliste participant aux combats, sans préciser le nombre de soldats partis.
Les officiers supérieurs sont "un lieutenant-colonel et un major", respectivement arrivés avec 12 et 5 hommes armés, a précisé le porte-parole, ajoutant que le premier arrivait de Goma, capitale provinciale, et le deuxième du territoire de Masisi, frontalier à l'est du Rutshuru.
Le major travaillait dans le renseignement, et le lieutenant-colonel "coordonnait les opérations de santé pour les Nord et Sud Kivu dans Amani Leo ("La paix maintenant", en swahili)", une opération militaire suspendue en avril par le président Joseph Kabila après les premières défections d'ex-CNDP dans les deux provinces.
Sept officiers supérieurs avaient quitté mercredi les FARDC avec près de 170 hommes pour rejoindre les mutins du M23, qui revendiquent la pleine application des accords de paix du 23 mars 2009, régissant leur intégration dans l'armée.

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