Extension Factory Builder
16/06/2012 à 17:48
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le prince héritier d'Arabie saoudite, Nayef ben Abdel Aziz, le 2 mai 2012 à Ryad. Le prince héritier d'Arabie saoudite, Nayef ben Abdel Aziz, le 2 mai 2012 à Ryad. © AFP

Le prince héritier d'Arabie saoudite, Nayef ben Abdel Aziz, est décédé samedi à l'étranger à l'âge de 79 ans, seulement huit mois après avoir reçu ce titre des membres d'une dynastie dirigée par une fratrie vieillissante.

Avec sa disparition, l'Arabie saoudite, acteur politique et puissance pétrolière de premiers plans, située au coeur d'une région en pleine mutation politique, va encore se choisir un successeur au roi Abdallah, demi-frère du disparu et âgé de 88 ans.

Personne n'est officiellement désigné pour devenir prince héritier mais le prince Salmane ben Abdel Aziz, ministre de la Défense, âgé de 76 ans, et frère du prince décédé apparaît comme celui qui pourrait lui succéder.

L'annonce de la mort du prince Nayef, qui s'était imposé comme le rempart de la dynastie des Al-Saoud, a été soudaine d'autant plus que ses proches se sont montrées rassurants récemment sur son état de santé.

« Le palais royal annonce le décès du prince héritier Nayef ben Abdel Aziz », qui était également ministre de l'Intérieur, a indiqué la chaîne d'Etat d'information en continu Ekhbaria. Selon la télévision, il sera inhumé dimanche en Arabie saoudite, après une prière pour son âme en début de soirée dans la grande mosquée de La Mecque, ville sainte de l'ouest de l'Arabie saoudite.

Le prince Nayef s'était rendu le 26 mai à l'étranger pour y subir, selon les médias saoudiens, des examens médicaux, trois mois après un séjour médical aux Etats-Unis.

La télévision ne précise pas de quelle maladie il est décédé ni dans quel pays il est mort mais il y a quelques jours des médias l'ont montré recevant des proches à Genève. Le 3 juin, son frère Ahmed ben Abdel Aziz, avait affirmé qu'il se portait bien et allait regagner bientôt le royaume. Selon des spécialistes du royaume, il avait souffert d'un cancer.

Avant même son départ pour l'étranger, la télévision saoudienne le montrait la plupart du temps assis et les traits fatigués mais souriant et conversant avec ses hôtes.

Un pilier du royaume saoudien

La nomination d'un successeur doit passer par le « Conseil d'allégeance » constitué de 35 princes et présidé par le doyen des Al-Saoud, le prince Mechaal ben Abdel Aziz (demi-frère du roi Abdallah), qui a notamment pour rôle de désigner le prince héritier à la majorité de ses membres.

Traditionnellement, les successions à la tête du royaume se sont toujours déroulées sans conflit apparent entre les membres de la famille royale. Depuis la mort en 1953 du roi Abdel Aziz, fondateur en 1932 du royaume saoudien, cinq de ses fils se sont succédé sur le trône.

La transition s'est toujours passée en douceur, sauf en 1964, lorsque le roi Saoud a été forcé d'abdiquer au profit de son frère et prince héritier, Fayçal.

Le prince Nayef avait été nommé fin octobre 2011 héritier du trône après le décès de son frère, le prince Sultan.

Ministre de l'Intérieur depuis 37 ans, il a supervisé la lutte contre Al-Qaïda qui avait mené des attentats sanglants dans le royaume de 2003 à 2006, obligeant ses chefs et membres à s'enfuir au Yémen. Il avait aussi sévis contre toute forme d'opposition contre la famille Al-Saoud.

Il était connu pour entretenir de bonnes relations avec les milieux religieux tenants de l'orthodoxie et généralement opposés à une évolution du royaume ultra-conservateur.

Tenant d'une ligne dure à l'égard de l'Iran, il avait néanmoins de solides relations dans le monde arabe. Il avait, selon des diplomates, joué un rôle dans la décision du royaume d'accueillir le président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali et d'envoyer des troupes à Bahreïn pour aider à la répression de la contestation animée par des chiites.

Né à Taëf en 1933, il avait été nommé gouverneur de Ryad à 20 ans, avant de devenir vice-ministre de l'Intérieur en 1970 puis ministre de l'Intérieur en 1975.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

International

France : escarpins sur tapis de prière, une oeuvre censurée puis réexposée

France : escarpins sur tapis de prière, une oeuvre censurée puis réexposée

L'installation de l'artiste Zoulikah Bouabdellah, d'abord retirée à la demande de son auteur d'une exposition en banlieue parisienne après qu'une association musulmane avait mis en garde sur un risque d'"[...]

France : la Cour de cassation valide le mariage d'un couple homosexuel franco-marocain

Après dix-huit mois de quiproquo judiciaire, la Cour de cassation française a validé mercredi le mariage d'un couple homosexuel franco-marocain. Le parquet s'opposait à la légalité de[...]

Jihad : la cyber-guerre est déclarée

Aqmi, Boko Haram, Shebab somaliens... Les jihadistes africains s'appuient sur la Toile pour diffuser leur propagande et recruter à tour de bras. Pourraient-ils aller jusqu'à déstabiliser des[...]

Aqpa - Yémen : 205 attaques, dont celle de "Charlie Hebdo", en seulement trois mois

Comme une ONG sérieuse, Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) a publié un rapport trimestriel de ses activités, incluant notamment l'attaque en France contre le journal "Charlie[...]

France : le corps d'Hervé Gourdel, décapité en Algérie, rapatrié à Paris

Le corps du Français Hervé Gourdel, enlevé puis décapité en septembre par des jihadistes algériens, a été rapatrié en France, onze jours après sa[...]

Daesh : revers à Kobané, coup d'arrêt à l'expansion jihadiste en Syrie

Après quatre mois de violents combats, l'État islamique (EI) a été chassé de la ville syrienne de Kobané par les forces kurdes. C'est la plus importante défaite du groupe jihadiste[...]

"Danser les ombres" de Laurent Gaudé : Haïti entre la vie et la mort

L'histoire du dernier roman de Laurent Gaudé, "Danser les ombres", se situe à Haïti, au moment du tremblement de terre de janvier 2010.[...]

Jean-Damascène Habarurema, marathonien philosophe, entre la France et le Rwanda

Rescapé du génocide, ce Rwandais court le marathon pour la France et travaille sur une thèse de philosophie.[...]

Pape François : révolution au Vatican...

Le pape François a déclenché dans l'Église catholique une vague de réformes qui, par leur ampleur, évoquent la perestroïka de Mikhaïl Gorbatchev ou le New Deal[...]

Syrie : Daesh revendique l'assassinat d'un otage japonais

Le groupe Etat islamique a revendiqué dimanche l'exécution d'un otage nippon, réclamant que soit relâchée une jihadiste en échange de la libération du deuxième Japonais aux[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Purging www.jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20120616175351 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20120616175351 from 172.16.0.100