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16/06/2012 à 17:25
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L'opposante birmane Aung San Suu Kyi, le 16 juin 2012, lors de son discours à Oslo. L'opposante birmane Aung San Suu Kyi, le 16 juin 2012, lors de son discours à Oslo. © AFP

L'opposante birmane Aung San Suu Kyi s'est engagée samedi à Oslo à poursuivre son combat pour la démocratie dans son discours d'acceptation du prix Nobel de la Paix lors d'une cérémonie chargée d'émotion, plus de vingt ans après avoir été récompensée.

A l'issue d'une année riche en réformes radicales, mises en place par le pouvoir birman, Mme Suu Kyi a promis d'oeuvrer à la réconciliation nationale mais s'est attachée à souligner les problèmes liés aux prisonniers d'opinion et à la poursuite de conflits ethniques dans son pays.

« Mon parti, la Ligue nationale pour la démocratie, et moi-même sommes prêts et désireux de jouer tout rôle dans le processus de réconciliation nationale », a-t-elle annoncé dans son discours.

Une fleur nouée dans ses cheveux comme à son habitude, vêtue d'un traditionnel lungi violet et parée d'une longue écharpe mauve, la « Dame de Rangoun » a été ovationnée par un parterre de personnalités et d'exilés birmans réunis pour l'occasion dans l'hôtel de ville d'Oslo.

Elle a rappelé son « optimisme prudent » dans la transition démocratique de son pays actuellement dirigé par le Président Thein Sein, un ancien général, qui a constitué un gouvernement presque entiérement civil.

« Si je plaide en faveur d'un optimisme prudent, ce n'est pas parce que je n'ai pas confiance dans le futur mais parce que je ne veux pas encourager une confiance aveugle », a-t-elle expliqué.

"Les hostilités n'ont pas cessé"

Bien que le gouvernement ait signé des cessez-le-feu avec la plupart des groupes ethniques rebelles, « les hostilités n'ont pas cessé » en Birmanie, faisant référence au conflit qui oppose la communauté bouddhiste à la minorité musulmane et aux combats avec les Kachins.

« Les hostilités n'ont pas cessé dans l'extrême nord (avec les Kachins). Dans l'ouest, la violence communautaire prend la forme d'incendies et d'assassinats, qui ont eu lieu juste avant que je commence le voyage qui m'a conduite ici aujourd'hui », a-t-elle-rappelé.

Les affrontements communautaires dans l'ouest du pays auraient fait 50 morts depuis le 28 mai, selon la presse d'Etat.

Recevoir le prix Nobel de la Paix en 1991, alors qu'elle était en résidence surveillée, lui a donné l'espoir de continuer son combat et « a ouvert une porte dans (son) coeur », a-t-elle dit.

Dans son discours, elle a également déclaré qu' « un prisonnier d'opinion est un de trop (...). S'il vous plait, souvenez-vous d'eux et faites tout ce qui est en votre pouvoir pour parvenir au plus tôt à leur libération inconditionnelle », a-t-elle demandé à l'assistance présente à l'hôtel de ville d'Oslo.

C'est en effet « grâce aux récents changements dans mon pays que je suis avec vous aujourd'hui », a-t-elle rappelé.

Premier voyage en Europe depuis 24 ans

Lorsque le prix Nobel lui avait été décerné en 1991, la « Dame de Rangoun » avait renoncé à venir le chercher de peur d'être ensuite contrainte à l'exil. Elle était devenue un symbole mondial de l'opposition non-violente.

Son époux Michael Aris et leurs deux enfants Kim et Alexander avaient accepté la récompense en son nom.

Inaugurant la cérémonie, le président du comité Nobel, Thorbjoern Jagland, a accueilli la lauréate en ces termes : « Aung San Suu Kyi est enfin là! ».

Puis il a déclaré espérer que le dissident chinois emprisonné Liu Xiaobo, lauréat en 2010, puisse un jour venir à son tour à Oslo.

Lors de son voyage en Europe, le premier depuis 24 ans après des années d'assignation à résidence, Mme Suu Kyi se rendra aussi en Grande-Bretagne, en Irlande et en France, après la Suisse et la Norvège.

A Oslo, des centaines de Birmans, dont plusieurs avaient peint sur leur visage le drapeau de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), l'ont accueillie vendredi par des fleurs et des chants avant qu'elle ne participe à un diner officiel en compagnie notamment du Premier ministre et du couple royal.

Aung San Suu Kyi, qui aura 67 ans le 19 juin, a été prise jeudi en Suisse d'un malaise mis sur le compte de la fatigue et du décalage horaire.

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