Une semaine avant la métropole et la majorité de l'outre-mer, les Français de l'étranger et les Polynésiens sont invités ce week-end à voter pour le premier tour des législatives, un mois après l'élection à l'Elysée de François Hollande.
Une semaine avant la métropole et la majorité des outre-mer, les Français de l'étranger et les Polynésiens sont invités ce week-end à voter pour le premier tour des législatives, un mois après l'élection à l'Elysée de François Hollande. Premiers à voter des quelque 1,1 million d'électeurs expatriés, ceux de la 1ère circonscription (Etats-Unis, Canada) où 18 candidats, dont l'ancien secrétaire d'Etat UMP, Frédéric Lefebvre, se disputent leurs suffrages.
Pour la première fois, les expatriés vont pouvoir élire leurs députés, qui seront au nombre de onze dans la nouvelle Assemblée nationale. Jusqu'à présent, ils n'avaient que des sénateurs pour les représenter spécifiquement au Parlement. Autre innovation, ces électeurs ont pu voter par internet entre le 23 et le 29 mai. Près de 130.000 d'entre eux se sont laissés convaincre de participer à ce premier scrutin numérique organisé en France pour une consultation nationale.
700.000 électeurs avaient renvoyé aux autorités leur adresse e-mail pour voter numériquement, mais compte tenu du fait qu'environ 10% des adresses n'étaient pas valides, ce sont un peu plus de 600.000 électeurs qui pouvaient finalement participer au scrutin par internet. Les résultats de ce vote numérique ne seront connus qu'une fois que l'ensemble des Français de l'étranger auront voté. C'est à ce moment là qu'on pourra tenter d'apprécier s'il a favorisé la participation, en gommant l'obstacle de la distance, d'une population qui a boudé les urnes près de trois fois plus que les autres Français au second tour de la présidentielle : 57,8% d'abstention contre 19,6%.
Les expatriés peuvent voter par internet depuis 2003 pour désigner l'Assemblée des Français de l'étranger, mais c'est la première fois que cet outil est employé pour une élection nationale. Le scrutin par internet (différent du vote avec des machines à voter électroniques, assez courant en France comme à l'étranger) n'est utilisé en Europe pour l'ensemble du corps électoral que par un seul pays, l'Estonie, où un quart des votants (15% des électeurs inscrits) ont voté de cette façon lors d'élections législatives en mars 2011.
Risques de piratage
Aux Etats-Unis, pratiqué par certains états et réclamé par un nombre croissant d'électeurs, il suscite toujours les doutes de beaucoup experts, qui s'inquiètent des risques de piratage. Reste que la majorité des expatriés qui a boudé le vote numérique pourra se rendre dans les 800 bureaux de vote ouverts samedi et dimanche.
Les résultats ne sont pas attendus avant lundi soir. Au total, 178 candidats se disputent les onze nouveaux sièges de députés des Français de l'étranger. La 11e circoncription est la plus étendue. Elle regroupe 50 pays dont la Russie, la Chine, la Nouvelle Zélande et une partie de l'Asie.
Dans toutes ces circonscriptions, Nicolas Sarkozy est arrivé en tête au second tour de la présidentielle (52,3% à 62,91%, selon les zones). Aux Français de l'étranger s'ajoutent les Polynésiens, appelés aux urnes également une semaine avant la métropole et la majorité des outre-mer. Quelque 174.600 polynésiens doivent élire leurs trois députés.
La dispersion des 227 bureaux votes sur une surface équivalente à celle de l'Europe dans l'océan Pacifique, rend les opérations de vote bien complexes à organiser : dans certaines îles, il a fallu ainsi larguer la propagande électorale par avion.

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