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27/05/2012 à 11h:14
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Un membre du mouvement islamiste Ansar Dine le 24 avril 2012 à Tombouctou dans le nord malien. Un membre du mouvement islamiste Ansar Dine le 24 avril 2012 à Tombouctou dans le nord malien. © AFP

La rébellion touareg et le mouvement islamiste Ansar Dine, deux des groupes qui contrôlent le nord du Mali depuis près de deux mois, ont annoncé samedi leur fusion et proclamé un "Etat islamique" dans la région.

Ce "protocole d'accord" transmis à l'AFP, aboutissement de plusieurs semaines de discussions parfois difficiles entre deux mouvements longtemps séparés par leurs objectifs et leurs idéologies, marque un tournant dans l'immense Nord malien, qui a échappé au pouvoir central de Bamako depuis fin mars.

"Le mouvement Ansar Dine et le MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad) proclament leur auto-dissolution dans l'Azawad (région nord du Mali, ndlr). Les deux mouvements créent le Conseil transitoire de l'Etat islamique de l'Azawad", indique l'accord.

"Nous sommes tous pour l'indépendance de l'Azawad", "nous acceptons tous l'islam comme religion", le Coran et la Sunna (paroles et actions du prophète Mahomet rapportées par la tradition) sont "la source du droit": tels sont les principaux points de ce document.

A Gao, l'une des grandes villes du Nord malien, où des responsables des deux mouvements menaient leurs discussions, comme à Tombouctou, la conclusion de cet accord a été accueillie par de nombreux coups de feu en l'air, ont rapporté à l'AFP des habitants.

Après les rébellions touareg des années 1990 et 2000, le MNLA, mouvement indépendantiste qui affichait une idéologie laïque, avait lancé mi-janvier l'offensive contre l'armée malienne, qui s'est amplifiée avec l'entrée en scène d'Ansar Dine (Défenseur de l'islam, en arabe), prônant de son côté l'imposition de la charia (loi islamique) dans tout le Mali.

Ansar Dine, dirigé par l'ex-chef rebelle touareg Iyad Ag Ghaly, a été appuyé sur le terrain par les jihadistes d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). A eux deux, Ansar Dine et Aqmi sont devenus dominants - aux dépens du MNLA - dans le Nord, tombé entièrement aux mains des groupes armés à la faveur du putsch du 22 mars à Bamako.

Ibrahim Assaley, maire de la localité de Talataye (nord) et membre du MNLA, a jugé après cet accord qu'"Ansar Dine se démarque du terrorisme mais refuse pour le moment de déclarer la guerre au terrorisme".

Aqmi opère depuis plusieurs années dans toute la bande sahélo-saharienne, y commettant des rapts, en particulier d'Occidentaux, et l'Afrique de l'Ouest comme le reste de la communauté internationale redoutent désormais une "afghanisation" du nord du Mali. "Allah a gagné", a lancé le porte-parole d'Ansar Dine à Tombouctou, Sanda ould Boumama, en commentant ce "protocole d'accord".

Sa conclusion intervient alors que les principaux responsables d'Ansar Dine et d'Aqmi sont réunis depuis jeudi à Tombouctou pour évoquer leurs relations futures.

Imposer "graduellement" la charia

Dans un message rendu public cette semaine, le chef d'Aqmi, Abdelmalek Droukdel, dit Abou Moussaab Abdelouadoud, a conseillé à ses combattants du nord du Mali d'imposer "graduellement" la charia pour y réussir la création d'un Etat islamique.

L'accord MNLA/Ansar Dine et l'incertitude autour de la place d'Aqmi dans "l'Azawad" créent une nouvelle donne pour les autorités de transition de Bamako et la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

Le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur de la Cédéao dans la crise malienne, a fait savoir récemment que des "contacts" avaient été établis avec notamment le MNLA et Ansar Dine.

Les autorités maliennes de transition ne cessent de proclamer leur volonté de restaurer l'intégité territoriale du Mali. Mais elles semblent pour l'heure impuissantes, d'autant qu'elles ont peiné jusque-là à s'imposer à Bamako même face à l'ex-junte du capitaine Amadou Haya Sanogo, qui avait renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré.

Agressé et blessé le 21 mai par des manifestants, le président de transition, Dioncounda Traoré, chargé de conduire le pays pendant un an et qui est depuis jeudi à Paris pour des examens médicaux, "va bien" et devrait rentrer la semaine prochaine dans son pays, a-t-on appris samedi auprès de son entourage.

 

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