Extension Factory Builder
20/05/2012 à 09h:54
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le ministre ivoirien des Affaires étrangères Daniel Kablan Duncan (D) et Kadre Desire Ouedraogo. Le ministre ivoirien des Affaires étrangères Daniel Kablan Duncan (D) et Kadre Desire Ouedraogo. © AFP

L'Afrique de l'Ouest a fait plier samedi l'ex-junte au pouvoir au Mali, qui a dû accepter le maintien du président intérimaire Dioncounda Traoré à la tête de la transition dans ce pays en pleine crise depuis le putsch du 22 mars.

Les auteurs du coup d'Etat "adhèrent" aux décisions de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) prévoyant que M. Traoré dirige la transition jusqu'à l'organisation d'élections, ont annoncé l'ex-junte et une délégation de la Cédéao samedi. "Un accord de principe a été trouvé", a déclaré à la télévision publique malienne le chef des ex-putschistes, le capitaine Amadou Haya Sanogo, après avoir reçu les ministres burkinabè Djibrill Bassolé et ivoirien Adama Bictogo, dépêchés samedi au Mali par la Cédéao.

Dioncounda Traoré, qui a prêté serment le 12 avril comme chef de l'Etat par intérim, "va rester au pouvoir pour diriger la transition", a indiqué une source militaire dans l'entourage du capitaine Sanogo. Le ministre Djibrill Bassolé a confirmé cette "convergence de vues" et a indiqué que des mesures "d'accompagnement" restaient à mettre au point.

La junte doit rester en dehors du processus

La délégation de la Cédéao sera renforcée dimanche par des représentants de l'ONU et de l'Union africaine pour "passer un message clair : que la junte doit rester en dehors du processus politique", a déclaré le ministre ivoirien des Affaires étrangères, Daniel Kablan Duncan, à la fin d'un sommet de ministres ouest-africains à Abidjan sur les crises au Mali et en Guinée-Bissau.

A la moindre entorse, des sanctions seraient "appliquées automatiquement", a-t-il averti. Les ex-putschistes qui ont renversé le 22 mars le régime d'Amadou Toumani Touré sont restés jusque-là incontournables, bien qu'ils aient officiellement rendu le pouvoir aux civils en vertu d'un accord-cadre conclu avec la Cédéao le 6 avril. Ils entendaient faire partir M. Traoré dès mardi prochain, soit au terme du délai constitutionnel de 40 jours pourtant déclaré intenable dans l'accord-cadre. La Cédéao avait au départ prévu une transition d'un an, mais aucune précision sur la durée du processus n'a été donnée samedi à Abidjan et Bamako. Cette détente avait été préparée par l'adoption vendredi par l'Assemblée nationale d'un projet de loi accordant l'amnistie aux auteurs du coup d'Etat.

Accord à Bissau

Le défi le plus grave est cependant la partition du pays: le putsch a favorisé la chute du nord du Mali aux mains de groupes armés, rebelles touareg et surtout islamistes, notamment Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Le médiateur, le président burkinabè Blaise Compaoré, a ouvert des "consultations" avec les mouvements armés.

En Guinée-Bissau, qui a connu un nouveau coup d'Etat le 12 avril, la Cédéao souhaite que le processus de transition en cours "puisse être inclusif et rassemble l'ensemble des parties prenantes, y compris le PAIGC" (Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert, ex-parti au pouvoir), en vue de "la paix et la stabilité", a affirmé Daniel Kablan Duncan.

Or, le PAIGC ne reconnaît pas les autorités de transition toute juste installées et n'a pas signé l'accord de sortie de crise conclu vendredi par le parlement, les auteurs du coup d'Etat et plusieurs partis politiques, dont le Parti de la rénovation sociale (PRS) de Kumba Yala qui, avant le putsch, était le principal leader d'opposition. L'accord doit notamment permettre de mettre en place une nouvelle commission électorale dans ce pays à l'instabilité chronique devenu depuis plusieurs années une plaque tournante du trafic de drogue entre Amérique du Sud et Europe.

Une force militaire de la Cédéao qui comptera 639 éléments a commencé cette semaine à se déployer pour sécuriser la transition et remplacer la très controversée mission militaire angolaise (Missang) présente depuis plus d'un an. Le Conseil de sécurité de l'ONU a demandé vendredi le retour immédiat à "l'ordre constitutionnel" et adopté à l'unanimité une interdiction de voyager contre cinq responsables du putsch, dont le puissant Antonio Indjaï, chef d'état-major de l'armée.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Mali : Tiébilé Dramé rencontre Blaise Compaoré à Ouagadougou

Mali : Tiébilé Dramé rencontre Blaise Compaoré à Ouagadougou

Tiébilé Dramé, l'émissaire malien pour le Nord, a rencontré lundi 20 mai à Ouagadougou le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur régional dans l[...]

Top chefs : cuisiniers hors pair pour présidents africains

D'eux, on sait peu de chose. La discrétion fait partie du contrat... Question de sécurité. Leur rôle, pourtant, est essentiel. Rencontre avec ces cuisiniers hors pair qui s'activent[...]

La "consolation" africaine de François Hollande

Tombé dans les sondages plus bas que tous ses prédécesseurs à l'Élysée, François Hollande fait l'objet d'accusations récurrentes de mollesse et d'indécision[...]

Le porte-parole d'Ansar Eddine détenu en Mauritanie

Senda Ould Boumama, porte-parole d’Ansar Eddine, s’est rendu samedi soir aux forces mauritaniennes, a affirmé une source sécuritaire lundi 20 mai.[...]

Mali : l'ex-ministre de la Défense Soumeylou Boubéye Maïga crée son parti

Soumeylou Boubéye Maïga, ex-ministre malien de la Défense, a annoncé lundi 20 mai la création d'une nouvelle formation politique. Son "objectif immédiat" est de participer[...]

Mali : l'armée française chasse un groupe armé d'une ville du nord-est

L'armée française est intervenue dans la nuit de vendredi à samedi contre un groupe armé qui avait pris le contrôle d'une localité malienne jusque-là contrôlée par les[...]

Mali : Dioncounda Traoré est convaincu que le MNLA est "prêt" à dialoguer

À l'issue d'un entretien avec François Hollande à Paris, le président malien de transition Dioncounda Traoré s'est dit "sûr" que le MNLA était "prêt"[...]

L'actualité de la semaine en images

Affrontements en République Démocratique du Congo, visite de Valérie Trierweiler au Mali, immolation par le feu de jeunes tunisiens... Revivez en image avec "Jeune Afrique" les moments forts de la[...]

Mali : Dioncounda Traoré exclut l'autonomie du Nord mais prône la décentralisation

Dans une interview à Euronews, jeudi 16 mai, le président malien de transition, Dioncounda Traoré, s'est montré hostile à toute indépendance du nord du pays au profit des rebelles[...]

Mali : les bailleurs de fonds mobilisent plus de 3 milliards d'euros pour la reconstruction

La conférence des pays donateurs pour le Mali a mobilisé mercredi 15 mai environ 3,25 milliards d'euros pour la reconstruction du pays. Les principaux contributeurs sont l'Union européenne, la Banque[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers