Extension Factory Builder
06/05/2012 à 10:25
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des habitants de Tombouctou restaurent la grande mosquée construite en 1327 par l'empereur Kancan. Des habitants de Tombouctou restaurent la grande mosquée construite en 1327 par l'empereur Kancan. © AFP

Tombouctou, ville mythique du nord malien, est sous le choc après la profanation par des membres d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), du mausolée d'un saint musulman de la cité inscrite au patrimoine de l'Unesco, un "acte inqualifiable" selon les autorités maliennes.

Tombouctou, ville mythique du nord malien, est sous le choc après la profanation par des membres d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), du mausolée d'un saint musulman de la cité inscrite au patrimoine de l'Unesco, un "acte inqualifiable" selon les autorités maliennes.

Vendredi, des "gens d'Aqmi, appuyés par (le groupe armé islamiste) Ansar Dine, ont détruit le mausolée du saint Sidi (Mahmoud Ben) Amar. Ils ont brûlé le mausolée", a déclaré samedi à l'AFP sous couvert d'anonymat l'un des adjoints au maire de Tombouctou.

La ville de 30.000 habitants est contrôlée, comme tout le nord Mali, par Aqmi et Ansar Eddine depuis le coup d'Etat du 22 mars à Bamako mené par des putschistes qui ont remis depuis le pouvoir aux civils.

"Ils ont promis de détruire d'autres mausolées. Tombouctou est sous le choc. Maintenant ils veulent prendre et détruire d'autres mausolées et des manuscrits", a ajouté la même source.

Dans un communiqué lu samedi à la télévision nationale, le gouvernement malien de transition a dit avoir "appris avec indignation la profanation d'un mausolée perpétrée par des individus sans foi ni loi".

Le gouvernement a condamné "avec la dernière énergie cet acte inqualifiable qui foule au pied les préceptes de l'islam, religion de tolérance, et le respect de la dignité humaine", selon le communiqué.

"J'ai vu la tombe profanée. C'est très grave", a déclaré à l'AFP un journaliste local sur place.

Selon une source hospitalière à Tombouctou, quatre islamistes auteurs présumés de la profanation sont "mystérieusement morts" à l'hôpital où ils avaient été admis après être tombés malades.

"La cité des 333 saints"

Située à la lisière du Sahara à un millier de km au nord de Bamako, Tombouctou, surnommée "la cité des 333 saints" ou plus banalement "la perle du désert", est inscrite au patrimoine mondial par l'Unesco depuis 1988.

Fondée entre le XIe et le XIIe siècle, selon les documents, par des tribus touareg, la ville a été un grand centre intellectuel de l'islam et une ancienne cité marchande prospère des caravanes.

Ses trois grandes mosquées, mais surtout des dizaines de milliers de manuscrits -dont certains datent de l'ère pré-islamique- témoignent de cette splendeur passée et de son âge d'or au XVIe siècle.

Outre les mosquées, le site classé compte "16 cimetières et mausolées qui étaient des composantes essentielles du système religieux dans la mesure où, selon la croyance populaire, ils étaient le rempart qui protégeait la ville de tous les dangers", indique l'Unesco sur son site internet.

L'Unesco a récemment exprimé sa préoccupation et appelé "les factions belligérantes à respecter le patrimoine" du pays, dont le nord est désormais passé sous le coupe d'Aqmi et d'Ansar Dine.

"Risques sérieux"

Le directeur de l'Institut fondamental d'Afrique noire (Ifan) à Dakar, Hamady Bocoum, s'était lui aussi alarmé des "risques sérieux" concernant les manuscrits, objets de "tous les trafics", et il redoutait "que des destructions" soient commises "par les nouveaux arrivants".

Les manuscrits sont pour la plupart écrits en arabe ou en peul, par des savants originaires de l'ancien empire du Mali. Ces textes parlent d'islam, mais aussi d'histoire, d'astronomie, de musique, de botanique, de généalogie, d'anatomie...

Autant de domaines généralement méprisés, voire considérés comme "impies" par Al-Qaïda et ses affidés jihadistes.

La profanation du mausolée de Tombouctou par les nouveaux maîtres de la ville rappelle le sort fragile d'oeuvres appartenant au patrimoine mondial, comme celui des Bouddhas de Bamyan, dans le centre de l'Afghanistan, détruits en mars 2001 par les talibans.

En Afrique de l'est, les islamistes somaliens shebab ont détruit de nombreux mausolées de mystiques soufis dont la mémoire était vénérée par les populations locales.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Abdoulaye Diop : 'La paix pour le Mali passe par l'accord d'Alger'

Abdoulaye Diop : "La paix pour le Mali passe par l'accord d'Alger"

Abdoulaye Diop, le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, revient sur le préaccord d'Alger que la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) refuse toujours de s[...]

Mali : quand les mausolées des saints de Tombouctou ressuscitent

Trois ans après la destruction des mausolées de Tombouctou, classés au patrimoine mondial de l'Unesco, la "Ville aux 333 saints" a entamé leur reconstruction. Et renoué avec une[...]

Mali : remue-ménage onusien autour du préaccord de paix

À l'issue de sa réunion consacrée au Mali, le 9 avril, le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé les groupes rebelles de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA)[...]

Deux morts dans une attaque contre un convoi de l'ONU dans le nord du Mali

Deux personnes ont été tuées par balles près de Gao, au nord du Mali, dans une attaque contre un convoi de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) vendredi soir, trois jours après un[...]

Sahel : l'armée française multiplie les opérations contre les jihadistes

Les militaires français déployés au Sahel dans le cadre de l’opération Barkhane multiplient ces dernières semaines les frappes contre des bases jihadistes entre le Niger et le Mali. [...]

Méditerranée : des migrants musulmans accusés d'avoir jeté douze chrétiens à la mer

Un drame mêlant religion et immigration s’est produit mercredi en Méditerranée. Douze Chrétiens auraient été jetés par-dessus bord après une altercation avec des[...]

Attaque suicide dans le nord du Mali : trois civils tués et des blessés dont neuf Casques bleus

Trois civils ont été tués et plus d'une dizaine de personnes ont été blessées dont neuf Casques bleus, dans une attaque-suicide dans le Nord, à Ansango.[...]

Crise au Mali : nouvelle réunion à Alger, la médiation internationale dans l'impasse

Menée par l'Algérie, la médiation internationale sur la crise dans le nord du Mali pensait avoir trouvé un accord de paix. Mais si celui-ci a été paraphé par Bamako depuis le 1er[...]

Mali : la France annule pour 64,8 millions d'euros de dette

Le ministre français des Finances Michel Sapin a informé le président malien Ibrahim Boubacar Keïta l'annulation de 43 milliards de francs CFA, soit 64,8 millions d'euros, de la dette du Mali, ont[...]

Faut-il avoir peur du retour de la grippe aviaire en Afrique de l'Ouest ?

L'Afrique de l'Ouest est sur un pied d'alerte depuis que le Burkina Faso a déclaré début avril une épidémie de grippe aviaire sur son territoire. Le virus H5N1, hautement pathogène,[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20120506102521 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20120506102521 from 172.16.0.100