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05/05/2012 à 10:51
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Un manifestant reçoit des soins après avoir été blessé par des jets de gaz lacrymogènes. Un manifestant reçoit des soins après avoir été blessé par des jets de gaz lacrymogènes. © AFP

Au moins deux personnes ont été tuées et près de 300 blessées vendredi au Caire dans des heurts entre manifestants hostiles au pouvoir militaire et soldats près du ministère de la Défense, faisant encore monter la tension à l'approche de la présidentielle prévue à la fin du mois.

Le pouvoir militaire a annoncé un couvre-feu pour la nuit et le parquet militaire l'arrestation de 170 personnes.

Les manifestants ont échangé des jets de pierres avec les forces anti-émeutes de l'armée, qui ont aussi utilisé un canon à eau, des gaz lacrymogènes et chargé la foule à plusieurs reprises.

Un journaliste de l'AFP a vu plusieurs manifestants blessés évacués sur des motos ou à bord d'ambulances, et la télévision égyptienne a également montré des militaires blessés portés par d'autres soldats.

Courses-poursuites

Les affrontements se sont transformés en courses-poursuites dans de nombreuses rues du quartier d'Abbassiya, à proximité du ministère, où des tirs nourris ont été entendus. Les services de sécurité ont assuré qu'il s'agissait de tirs de semonce pour tenter de disperser la foule.

Des responsables de l'hôpital universitaire Al-Zahra ont déclaré avoir reçu les corps de deux personnes. Des médecins sur place ont dit que ces deux personnes avaient été tuées par des tirs.

Selon le ministère de la Santé, les affrontements ont fait un mort, un militaire.

Dans un communiqué publié par l'agence officielle Mena, le ministère a également fait état de 296 blessés, dont 131 ont dû être conduits à l'hôpital. Le responsable d'un grand hôpital du quartier a fait état plus tôt de 130 blessés.

Un couvre-feu sera imposé à partir de 23h00 locales vendredi jusqu'à samedi matin dans le secteur du ministère, a déclaré le général Moukhtar al-Moulla, membre du Conseil suprême des forces armées (CSFA), dans une allocution télévisée.

Les forces de l'ordre "s'opposeront de manière décisive" à toute tentative de violer ce couvre-feu, a-t-il ajouté.

Le parquet militaire a annoncé de son côté que 170 personnes avaient été arrêtées pendant les affrontements. Selon la chaîne satellitaire Al-Jazeera Misr, des soldats ont arrêté une équipe de la chaîne "25 janvier", affiliée aux Frères musulmans.

Environ 2.000 manifestants se sont aussi réunis à Alexandrie (nord), deuxième ville du pays et fief islamiste, selon un photographe de l'AFP.

Contestation

Ces rassemblements étaient soutenus par plusieurs mouvements pro-démocratie ainsi que par des organisations islamistes comme les Frères musulmans, première force politique du pays.

Ces derniers jours, la contestation a été largement alimentée par des partisans de Hazem Abou Ismaïl, un responsable salafiste dont la candidature a été invalidée pour la présidentielle.

Mais de nombreux manifestants exprimaient vendredi la crainte plus large de voir l'armée chercher à manipuler l'élection présidentielle historique dont le premier tour est prévu les 23 et 24 mai.

Mercredi, des affrontements entre des manifestants réunis près du ministère de la Défense et des assaillants en civil avaient fait neuf morts selon les autorités, 20 selon des sources médicales.

L'Égypte a connu de nombreuses manifestations, parfois meurtrières, contre le pouvoir militaire depuis la chute de M. Moubarak en février 2011 et la prise de contrôle du pays par le CSFA.

Le CSFA a promis jeudi que cette présidentielle, la première depuis le départ de M. Moubarak, serait "100% transparente". Il a aussi rappelé son engagement de revenir à un pouvoir civil avant la fin juin, dès que le nouveau chef de l'Etat aurait été élu.

Deux des principaux candidats sont des anciens de l'ère Moubarak: l'ex-ministre des Affaires étrangères et ancien chef de la Ligue arabe Amr Moussa, et le dernier Premier ministre du régime déchu Ahmad Chafiq.

Le camp islamiste est principalement représenté par un candidat des Frères musulmans, Mohammed Morsi, et un dissident de la confrérie, Abdel Moneim Aboul Foutouh, soutenu par un large éventail politique allant des salafistes à de jeunes militants pro-démocratie.

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