Les Français ont commencé à voter dimanche pour choisir entre 10 candidats à l'occasion du premier tour de l'élection présidentielle, dont seuls les deux premiers resteront en lice pour le second tour le 6 mai.
Quelque 45 millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour cette 9ème élection présidentielle au suffrage universel depuis 1965. Le coup d'envoi avait été donné dès samedi par plusieurs centaines de milliers de Français vivant en outre-mer ou à l'étranger, pour tenir compte du décalage horaire. Le scrutin est ouvert de 08H00 à 18H00 dans 70% des communes. Un arrêté préfectoral peut-être pris pour retarder la clôture. Dans une centaine de communes, dont plusieurs grandes villes comme Toulon, Rennes, Orléans, Tours, Blois, les bureaux seront ouverts jusqu'à 19H00. Un quart des bureaux fermeront à 20H00, notamment à Paris et en Ile-de-France, sauf en Seine-et-Marne, à Marseille, Lyon, Toulouse.
Les résultats et les réactions depuis les capitales africaines en direct dès 18h30 (GMT+1)
A l'occasion du premier tour de la présidentielle française, Jeune Afrique a décidé de vivre la publication des résultats et des premières estimations depuis l'Afrique. Nos correspondants seront en direct dès 18h30 (GMT+1) de Tunis, Alger, Dakar, Abidjan, Kinshasa et Libreville ainsi que depuis les sièges du Parti Socialiste et de l'UMP à Paris.
C'est à ce moment là que sera levée l'interdiction de publier ou diffuser, notamment sur internet, des sondages, des estimations ou des commentaires sur l'élection. Cette question a donné lieu à un vif débat, à l'heure de l'internet généralisé et dans la mesure où les médias étrangers ne sont pas soumis à la loi française. Craignant que des organes de presse violent la loi, les autorités de contrôle ont rappelé les règles et prévenu que des sanctions seraient prises. La quasi-totalité des médias ont annoncé qu'ils n'en prendraient pas l'initiative, mais si un seul d'entre eux brave l'interdit, leurs bonnes résolutions pourraient s'effondrer. "Aux urnes !", "Enfin, on vote !", "Pour qui voter ?" : sans prendre parti, la presse quotidienne appelle ce dimanche les électeurs à leur devoir civique.
Une élection qui pourrait confirmer la défiance face au bipartisme
Sauf surprise, les politologues s'attendent à un nouveau duel PS-UMP au second tour, mais l'incertitude persiste sur l'ordre d'arrivée en tête au premier tour: Nicolas Sarkozy, qui se présente pour un second mandat, ou François Hollande qui avait remporté la primaire du PS. Autre inconnue, qui sera troisième, entre Marine Le Pen (Front national), Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) et François Bayrou (Modem) ? Leurs scores seront déterminants pour les reports au second tour. Marine Le Pen veut renouveler l'opération de son père Jean-Marie Le Pen en 2002: être présente au second tour. Mais ses chances de rattraper le duo de tête dans la dernière ligne droite de la campagne sont minimes.
Esimations à 17h : la participation serait de 70,59%
Les Français se sont assez fortement mobilisés pour le premier tour de l'élection présidentielle avec une participation qui atteignait 28,29% dimanche à midi en métropole, selon le ministère de l'Intérieur, malgré une baisse par rapport au premier tour de 2007 (31,21%). Il s'agit du deuxième plus fort taux de participation à la mi-journée depuis la présidentielle de 1981 (25,93%, métropole et outre-mer). Elle n'était que de 21,41% le 21 avril 2002 à midi, et de 23% au premier tour de 1995.
A 17h, la taux de participation annoncé était de 70,59%. En 2007, la participation était de 73,87 % à la même heure au premier tour. Et 58,5 % en 2002.
Jean-Luc Mélenchon caresse l'espoir de passer devant Mme Le Pen. Parti très bas dans la campagne, il estime que son résultat peut être d'ores et déjà considéré comme "un succès et peut-être à quelques égards un triomphe". François Bayrou, qui avait joué le rôle du "troisième homme" en 2007, compte peser sur le paysage politique de l'après 6-mai. Loin derrière, il faudra voir si Eva Joly confirme les mauvais résultats qu'elle a jusqu'à présent récoltés, alors que l'été dernier certains lui prédisaient un score à deux chiffres. Les autres candidats, Nicolas Dupont-Aignan (DLR), Philippe Poutou (NPA), Nathalie Arthaud (LO) et Jacques Cheminade (divers) ont eu du mal à percer durant la campagne.
C'est la première fois que cinq candidats - François Hollande, Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou - ont recueilli chacun plus de 10% d'intentions de vote avant le premier tour d'une présidentielle. Si le résultat de dimanche confirme cette tendance, cela montrera une grande défiance de l'opinion à l'égard du bipartisme, estiment les politologues.

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