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15/04/2012 à 16:28
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Un soldat monte la garde près de l'Assemblée nationale à Bissau le 13 avril 2012. Un soldat monte la garde près de l'Assemblée nationale à Bissau le 13 avril 2012. © AFP

Les militaires qui ont pris le pouvoir en Guinée-Bissau poursuivent leurs discussions avec d'ex-opposants pour former un gouvernement d'"union", au moment où des interrogations entourent le rôle du chef de l'armée, dont l'arrestation est "une farce" pour certains.

Les militaires qui ont pris le pouvoir en Guinée-Bissau poursuivent leurs discussions avec d'ex-opposants pour former un gouvernement d'"union", au moment où des interrogations entourent le rôle du chef de l'armée, dont l'arrestation est "une farce" pour certains. Le dernier coup d'Etat du 12 avril illustre une nouvelle fois le rôle majeur et déstabilisateur de l'armée en Guinée-Bissau, pays qui a obtenu son indépendance du Portugal en 1974 après une guerre de libération et qui est devenu une plaque tournante du trafic de drogue entre l'Amérique du Sud et l'Europe.

La junte qui a pris le pouvoir a affirmé ne pas vouloir le conserver et compter "oeuvrer le plus rapidement possible" au retour "à une vie constititutionnelle normale". Elle a ouvert vendredi des négociations avec une dizaine de partis de l'ex-opposition en vue de former un "gouvernement d'union nationale" dans lequel elle a d'entrée de jeu exigé les ministères de la Défense et de l'Intérieur.

Après s'être concertés samedi, les dirigeants de ces partis ont de nouveau rencontré la junte dimanche. La réunion se poursuivait à la mi-journée. Au même moment, une trentaine de jeunes qui manifestaient "pour la paix" et "contre la violence" près du lieu de la réunion à l'Assemblée nationale, ont été violemment dispersés à coups de crosse par des militaires, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Nous avons deux propositions à présenter aux militaires, l'une constitutionnelle, l'autre pour un changement radical", a déclaré Fernando Vaz, porte-parole de ces partis, sans précision sur le contenu de ces propositions. Il "y aura une solution" avant l'arrivée attendue lundi d'une délégation de la Cédéao (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) à Bissau, a-t-il affirmé.

Le général Antonio Indjai soupçonné ?

Le président intérimaire Raimundo Pereira et le Premier ministre Carlos Gomes Junior, candidat du parti au pouvoir et favori du second tour de l'élection présidentielle qui était prévu le 29 avril, ont été arrêtés. Le chef d'état-major de l'armée, le général Antonio Indjai, a également été mis aux arrêts selon la junte. Mais à Lisbonne, l'ex-ministre bissau-guinéen des Affaires étrangères, Mamadou Djalo Pires, l'a accusé d'être à l'origine du coup d'Etat, affirmant que l'annonce de son arrestation était "une farce".

Un sentiment largement partagé à Bissau, où journalistes et observateurs jugent que le général Indjai est derrière ces nouvelles convulsions. Ils affirment que l'Angola, proche des dirigeants renversés, avait prévenu qu'en cas de putsch et d'atteinte à la vie de ces leaders, une liste de ceux qui en seraient responsables serait publiée et qu'ils seraient poursuivis. Le nom du général Indjai aurait été en bonne place sur la liste, selon les mêmes sources, raison pour laquelle il aurait voulu se faire passer pour une victime du coup.

Les putschistes, conduits par le vice-chef d'état-major, le général Mamadu Turé Kuruma, et les patrons de l'armée de Terre, de l'Air et de la Marine, ont justifié leur coup de force en dénonçant "un accord secret" conclu selon eux entre l'exécutif et l'Angola pour "faire éliminer" l'armée par les soldats angolais présents en Guinée-Bissau.

La junte a annoncé qu'elle allait faciliter le départ imminent des quelque 200 soldats angolais, décidé par l'Angola juste avant le putsch. Le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) qui détenait le pouvoir depuis près de dix ans et dont les principaux dirigeants ont été arrêtés ou sont en fuite, ne devrait pas participer au prochain gouvernement. L'inquiétude demeure sur le sort des personnalités arrêtées dont les familles restaient sans nouvelles dimanche.

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