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15/04/2012 à 16:17
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Les délégués de l'ex-junte serrent la main à Blaise Compaoré, le président du Burkina Faso. Les délégués de l'ex-junte serrent la main à Blaise Compaoré, le président du Burkina Faso. © AFP

De difficiles discussions doivent reprendre entre l'ex-junte et la classe politique malienne à Ouagadougou pour fixer la durée de la transition et tenter d'esquisser une sortie de crise dans le Nord, coupé du monde depuis sa prise par des groupes armés.

De difficiles discussions doivent reprendre entre l'ex-junte et la classe politique malienne à Ouagadougou pour fixer la durée de la transition et tenter d'esquisser une sortie de crise dans le Nord, coupé du monde depuis sa prise par des groupes armés.

Après un long samedi d'échanges autour du président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), les débats devaient se rouvrir dimanche matin avant une "synthèse" et une déclaration finale. Mais, signe de la difficulté des dossiers sur la table, les discussions reprendront seulement à 16H00 (locales et GMT), a indiqué à l'AFP une source proche de la médiation.

D'ici là, le ministre burkinabè Djibrill Bassolé (Affaires étrangères) et le ministre ivoirien Adama Bictogo (Intégration africaine), chevilles ouvrières de la médiation, doivent rencontrer les parties pour "rapprocher les positions". La durée de la transition est l'une des pommes de discorde, après l'investiture jeudi du président par intérim Dioncounda Traoré, installé après le retrait des putschistes qui ont renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré (ATT).

Son intérim doit durer 40 jours selon la Constitution. Mais l'accord politique obtenu par la Cédéao prend acte de l'impossibilité de tenir ce délai. Des partisans de l'ex-junte souhaitent que les putschistes d'hier prennent la relève à l'issue de cette période. Mais le front anti-junte veut que le nouveau président dirige une transition de 12 ou 15 mois, que clôtureront des élections présidentielle et législatives. Un Premier ministre doté des "pleins pouvoirs" doit être désigné à la tête d'un gouvernement d'"union nationale", qui comptera probablement des militaires.

160 militaires libérés

L'urgence de la crise au nord s'impose aussi aux quelque 80 participants aux discussions de Ouagadougou. Nombreux sont ceux qui ont demandé, en cas d'échec du dialogue, une intervention militaire de la Cédéao - qui en brandit la menace - aux côtés des forces armées maliennes pour reconquérir cette partie du pays.

Le Nord est depuis deux semaines aux mains des rebelles touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et de groupes islamistes armés, en particulier Ansar Dine, appuyé par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), ce qui fait craindre la création d'un Etat islamique ou une "afghanisation" de la région.

Certains proposent donc de lancer un ultimatum aux groupes armés pour les forcer à venir à la table des négociations. Afin de répondre à une situation humanitaire alarmante (manque de vivres, de médicaments...), l'idée d'ouvrir un corridor humanitaire fait son chemin. Selon Homeny B. Maiga, président de l'Assemblée régionale de Kidal (nord), Ansar Dine approuve cette idée "mais ils veulent savoir l'origine de l'aide, ils ne veulent pas l'aide venue de la France ou des Etats-Unis".

Ce groupe, dirigé par l'ex-rebelle touareg Iyad Ag Ghaly, a libéré samedi 160 militaires maliens faits prisonniers lors des combats qui ont démarré en janvier. "Les prisonniers sont en route pour Bamako", a indiqué à l'AFP un membre du Haut conseil islamique, qui a oeuvré à leur libération.

De son côté, Aqmi a envoyé au Burkina Faso qui, selon une source sécuritaire burkinabè, l'a transmise au gouvernement français, une vidéo tournée fin février dans laquelle deux otages français enlevés en novembre 2011 dans la région, Philippe Verdon et Serge Lazarevic, appellent la France à l'aide.

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