Extension Factory Builder
15/04/2012 à 10:38
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le père et le frère de Philippe Verdon, l'un des deux Français enlevés au Mali. Le père et le frère de Philippe Verdon, l'un des deux Français enlevés au Mali. © AFP

Une vidéo tournée fin février montre deux Français enlevés en novembre 2011 dans le nord du Mali par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), selon un journaliste de l'AFP à Ouagadougou qui a pu la visionner samedi.

Une vidéo tournée fin février montre deux Français enlevés en novembre 2011 dans le nord du Mali par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), selon un journaliste de l'AFP à Ouagadougou qui a pu la visionner samedi.

Ce document est diffusé alors que le Nord malien est depuis deux semaines entièrement aux mains de rebelles touareg et de groupes islamistes armés, dont Aqmi, qui multiplie les rapts, essentiellement d'Occidentaux, depuis plusieurs années. Sur cette vidéo tournée le 22 février, envoyée aux autorités du Burkina Faso qui l'ont transmise au gouvernement français selon une source sécuritaire burkinabè, on voit les deux otages, Philippe Verdon et Serge Lazarevic, enlevés le 24 novembre 2011 à Hombori (nord-est du Mali). Ils sont assis sur le sable devant une tente, le visage découvert et entouré d'un turban.

Visiblement affaibli, mais parlant d'une voix claire, Philippe Verdon dit être "ici dans le désert avec Aqmi dans des conditions extrêmement difficiles, notamment pour des raisons de santé". "Je suis dans un état d'affaiblissement très, très important, je suis très inquiet", dit-il, ajoutant: "je sais que je ne vais pas tenir longtemps".

Philippe Verdon lance un appel au "président français Nicolas Sarkozy: je lui demande de faire tout ce qui est en sa possibilité pour essayer de dénouer cette situation". "Les hommes d'Aqmi nous disent que les portes ne sont pas fermées dans les discussions et les négociations", ajoute-t-il. "Visiblement, ils me disent qu'il y a des moudjahidine qui sont emprisonnés en Mauritanie et au Mali. Je constate, j'ai clairement compris, qu'il y a une volonté d'apaisement de la part d'Aqmi, (...) une volonté de trouver une solution qui soit dans l'intérêt de toutes les parties", affirme-t-il.

Pas de commentaire de la France

"Aujourd'hui, nous sommes le 22 février 2012, nous sommes dans le désert et je voudrais adresser un message à ma famille, à mes enfants, à leur mère, à mon épouse, pour leur montrer que je suis vivant, qu'il ne faut pas perdre espoir et que si les bonnes volontés se mettent en marche (...) je serai très prochainement avec vous tous", ajoute Philippe Verdon.

Serge Lazarevic, qui paraît mieux se porter que Philippe Verdon, mais parle d'une voix moins claire et moins longtemps, tient des propos similaires. "Je demande à la France, au président Sarkozy, aux associations françaises, internationales et au peuple français, s'ils peuvent nous aider. Toute aide est la bienvenue, Aqmi est ouvert à la négociation", dit-il. "Je remercie aussi M. Sarkozy s'il peut faire quelque chose pour nous", insiste-t-il. "Je voudrais dire bonjour à ma famille (...) et à tous ceux que je connais pour leur dire que je suis bien vivant", dit-il.

Les deux hommes, présentés comme des géologues travaillant pour une société malienne, ont été enlevés par Aqmi dans leur hôtel à Hombori. Le ministère français des Affaires étrangères s'est refusé à tout commentaire sur cette vidéo, expliquant que "l'efficacité" repose sur "la discrétion". Le président du comité de soutien aux deux otages, Pascal Lupart, a dit attendre "d'avoir vraiment une preuve de vie aujourd'hui", en relevant qu'elle date d'il y a deux mois.

Philippe Verdon et Serge Lazarevic font partie des six otages français retenus par Aqmi. Les quatre autres, collaborateurs du groupe nucléaire Areva et de son sous-traitant Satom, ont été capturés dans le nord du Niger le 16 septembre 2010. Au total, Aqmi et un groupe considéré comme dissident, le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), retiennent en otages vingt personnes, treize occidentaux et sept diplomates algériens enlevés la semaine dernière à leur consulat à Gao (nord-est du Mali).

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Mali

Mali : réouverture des négociations de paix à Alger

Mali : réouverture des négociations de paix à Alger

La reprise des pourparlers de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés, samedi, à Alger s'inscrit dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans le nord du pays.[...]

Mali : à Alger, la médiation face à deux plans de sortie de crise

Alors que la reprise des pourparlers de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés a été reportée au 22 octobre à Alger, "Jeune Afrique" a pu se procurer en[...]

Mali : au moins 7 morts dans des combats entre le MNLA et le Gatia près de Gao

Au moins sept personnes ont été tuées lors d'affrontements jeudi après-midi, près de Gao, principale ville du nord du Mali, entre et le MNLA et le Gatia, deux groupes armés touaregs de[...]

Mali : discussions à Alger, combats vers Gao

Le MNLA et le Gatia, une milice progouvernementale, s’affrontent dans la région de Gao depuis jeudi matin. Des combats qui interviennent alors que devaient reprendre à Alger, la veille, des négociations[...]

Mali : Sultan Ould Bady et le Mujao, un jihadiste en rupture de ban

Le jihadiste Sultan Ould Bady serait en conflit avec le Mujao, au nom duquel il a pourtant récemment revendiqué plusieurs attaques contre les Casques bleus au nord du Mali.[...]

Mali : les contrats d'armement surfacturés, une bombe à retardement pour IBK

L'affaire des contrats d'armement surfacturés continue de faire des victimes... jusque dans le cercle rapproché du chef de l'État. Son conseiller spécial, Sidi Mohamed Kagnassi, a dû[...]

Mali - Seydou Keita : "Pourquoi ne pas terminer à l'AS Roma ?"

À 34 ans, Seydou Keita, le milieu de terrain malien, continue d’évoluer au plus haut niveau. Interview.[...]

Mali : quand Moussa Mara rencontre un rebelle

Moussa Mara, le Premier ministre malien, a rencontré discrètement Moussa Ag Acharatoumane, un représentant du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), le 7 octobre à[...]

Interventions armées : l'Afrique de papa revient, vive l'ingérence ?

De la Mauritanie à Djibouti, leur présence ne fait plus grincer des dents. Américains, Français ou Britanniques, on se les arrache au nom de la lutte contre le terrorisme. Résultat : les[...]

Quand le Mali se relèvera

Élu il y a un an avec une majorité confortable et fort d'une sympathie internationale sans précédent, le président Ibrahim Boubacar Keïta avait toutes les cartes en main pour[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers