Extension Factory Builder
15/04/2012 à 11:00
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le président burkinabè est le médiateur de la Cedeao. Le président burkinabè est le médiateur de la Cedeao. © AFP

Des discussions sur une sortie de crise au Mali, menées par le médiateur et président burkinabè Blaise Compaoré, ont eu lieu samedi à Ouagadougou pour fixer une "feuille de route" de la transition après le retrait des putschistes et rétablir la situation dans le Nord tenu par des groupes armés.

Mise à jour le 15/05 à 11H00

Des discussions sur une sortie de crise au Mali, menées par le médiateur et président burkinabè Blaise Compaoré, ont eu lieu samedi à Ouagadougou pour fixer une "feuille de route" de la transition après le retrait des putschistes et rétablir la situation dans le Nord tenu par des groupes armés.

A l'issue de la première journée de discussions qui doivent se poursuivre dimanche, Homeny B. Maiga, président de l'Assemblée régionale de Kidal (nord du Mali) a affirmé que le mouvement islamiste Ansar Dine, qui contrôle la région avec d'autres groupes armés, était d'accord pour "ouvrir un corridor humanitaire" pour soulager les populations victimes de pénuries. "Mais ils veulent savoir l'origine de l'aide, ils ne veulent pas l'aide venue de la France ou des Etats-Unis", a affirmé M. Maiga.

Ansar Dine a libéré samedi 160 militaires maliens faits prisonniers lors des combats qui ont démarré en janvier dans le Nord-Mali. "Nous l'avons fait au nom de Dieu", a déclaré à l'AFP un proche d'Iyad Ag Ghaly, le chef d'Ansar Dine. Ce groupe s'impose de plus en plus dans le nord du Mali, avec le soutien d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Deux otages français d'Aqmi enlevés en novembre 2011 dans le Nord, Philippe Verdon et Serge Lazarevic, apparaissent sur une vidéo tournée en février et envoyée au Burkina Faso qui, selon une source sécuritaire burkinabè, l'a transmise au gouvernement français.

Désigné médiateur dans la crise malienne par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), M. Compaoré a affirmé que la réunion de Ouagadougou devait permettre d'aboutir à "une feuille de route consensuelle" pour "parachever la mise en oeuvre" de l'accord politique conclu récemment avec la junte de Bamako.

Soumeyla Cissé, ancien dirigeant de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) et qui était l'un des favoris à la présidentielle qui devait avoir lieu au Mali le 29 avril, a affirmé après la rencontre que "l'important, c'est qu'on a eu l'occasion de se parler, de tirer les leçons de ce qui s'est passé et de dire: plus jamais ça".

"Une approche de sortie de crise dans le nord du Mali"

L'accord avec les putschistes du 22 mars a permis le transfert du pouvoir de la junte aux civils et l'investiture jeudi de l'ex-président de l'Assemblée nationale Dioncounda Traoré comme chef de l'Etat par intérim. La réunion de Ouagadougou a aussi pour objectif d'élaborer, dans le respect de l'intégrité territoriale du pays, "une approche de sortie de crise dans le nord du Mali", sous la coupe de la rébellion touareg et de groupes islamistes armés.

Après l'investiture de M. Traoré, un Premier ministre doté des "pleins pouvoirs" doit être désigné. Il dirigera un gouvernement d'"union nationale" comptant une vingtaine de personnalités "consensuelles". La composition de ce gouvernement qui devrait intégrer des membres de l'ex-junte ayant renversé le président Amadou Toumani Touré (ATT), sera au menu des discussions, de même que la durée de la transition.

L'intérim de Dioncounda Traoré doit théoriquement se conclure au bout de 40 jours par des élections présidentielle et législatives. Mais l'accord obtenu par la Cédéao a déjà pris acte de l'impossibilité de tenir ce délai. La délégation de l'ancienne junte est conduite par Moussa Sinko Coulibaly, directeur de cabinet de l'ex-chef des putschistes, le capitaine Amadou Sanogo.

Les vice-présidents de l'Assemblée nationale et des représentants de plusieurs ex-candidats à la présidentielle du 29 avril sont aussi présents, de même que des représentants du nord du Mali. La plus grande urgence est de trouver une issue à la crise dans cette région où la multiplication des exactions et les pénuries de vivres et de médicaments inquiètent la communauté internationale.

La Cédéao continue de brandir la menace d'une intervention militaire régionale dans le Nord en cas d'échec du dialogue, mais ses contours demeurent flous. Le Nord malien est contrôlé depuis fin mars par les rebelles touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), Ansar Dine et des trafiquants en tous genres. Des éléments du groupe islamiste nigérian Boko Haram ont également été signalés.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Niger : neuf membres des forces de sécurité tués près du Mali

Niger : neuf membres des forces de sécurité tués près du Mali

Dans un communiqué officiel, Niamey a annoncé jeudi que neuf membres des forces de sécurité ont été tués dans plusieurs attaques simultanées dans la région de Tillab&e[...]

Un soldat français des forces spéciales tué dans le nord du Mali

Un sergent-chef français, membre des forces spéciales, a été tué mercredi au Mali lors d'une opération destinée à freiner la résurgence des jihadistes dans le nord du[...]

Mali : accrochages entre l'armée française et un "groupe armé terroriste de type Aqmi"

L'armée française a affronté dans la nuit de mardi à mercredi des combattants d'Aqmi, dans la vallée de l'Ametetai, au nord du Mali.[...]

Mali : MNLA, MAA et HCUA créent une coordination militaire commune

Le 28 octobre, les groupes armés de la coordination des mouvements de l'Azawad ont annoncé la création d'un état-major commun. Objectif prétendu : sécuriser les régions du Nord sous[...]

Mali : Pédro Kouyaté... métro, tempo, brio !

Après avoir exploré le monde et la tradition mandingue avec les plus grands, Pédro Kouyaté s'est posé dans le tube parisien. Entre deux concerts, le Malien envoûte les passants.[...]

Terrorisme : la Minusma a-t-elle les moyens de sécuriser le Nord-Mali ?

Pour le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, "le nord du Mali est fragilisé parce que la Minusma n'a pas été au rendez-vous au moment où il le fallait".[...]

Ebola : le Mali tente de contenir l'épidémie, mise en quarantaine aux États-Unis

Le Mali tente de juguler toute propagation du virus Ebola après l'annonce d'un premier cas dans le pays, tandis que les États-Unis ont placé une personne en quarantaine d'office pour la première fois.[...]

Mali : mort de la fillette, premier cas d'Ebola dans ce pays

Le premier cas d'Ebola identifié au Mali, une fillette de deux ans récemment revenue de Guinée, est morte vendredi, a annoncé le gouvernement.[...]

Ebola : un premier cas au Mali fait craindre l'arrivée de l'épidémie

Le Mali connaît son premier cas d'Ebola. Il s'agit d'une fillette de deux ans venue de Guinée avec sa grand-mère. Elle a été placée en quarantaine à Kayes (Ouest), a[...]

Mali : les Casques bleus, cibles privilégiées des jihadistes

Rarement mission onusienne aura autant été prise pour cible. Dans le Nord, les soldats de la Minusma sont seuls et en première ligne. Mines, tirs de roquettes et attentats ont déjà fait[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers