Extension Factory Builder
14/04/2012 à 12:20
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
D'importantes manifestations ont eu lieu vendredi. D'importantes manifestations ont eu lieu vendredi. © AFP

La ville de Homs (centre) a été brièvement bombardée samedi en dépit du cessez-le-feu instauré en Syrie, à quelques heures d'un vote du Conseil de sécurité de l'ONU sur le déploiement d'observateurs.

La ville de Homs (centre) a été brièvement bombardée samedi en dépit du cessez-le-feu instauré en Syrie, à quelques heures d'un vote du Conseil de sécurité de l'ONU sur le déploiement d'observateurs. Le pilonnage de deux quartiers de Homs, rapporté par une ONG syrienne, est une nouvelle violation du cessez-le-feu qui s'ajoute à la mort de 18 personnes ces deux derniers jours. Néanmoins, l'intensité des violences n'est pas comparable aux derniers mois, où les victimes se comptaient chaque jour par dizaines.

"Il y a quelques violations, mais il n'y a pas de combats (entre armée et rebelles) et le bilan de morts a drastiquement chuté. C'est globalement positif", a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, président de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Outre le bombardement de Homs, les forces syriennes ont tué un civil à Dmeir, dans la province de Damas, selon l'OSDH. Dans les mois précédant la trêve, Homs, surnommée "la capitale de la révolution" par les militants, avait été violemment bombardée, notamment son quartier symbole de Baba Amr où s'étaient retranchés les rebelles et qui a été repris par l'armée le 1er mars au terme d'un mois de pilonnage destructeur.

Au Conseil de sécurité de l'ONU à New York, un vote est attendu sur un projet de résolution prévoyant le déploiement dans les prochains jours d'une équipe avancée d'une trentaine d'observateurs non armés, en prélude à une mission complète comptant 250 hommes. Mais à quelques heures du vote, la Russie, alliée du régime de Bachar al-Assad, et les pays occidentaux étaient toujours engagés dans un bras de fer sur deux textes rivaux, Moscou refusant de fixer trop de conditions à Damas.

Les Occidentaux exigent dans leur projet une série de garanties de la part du régime sur la sécurité des observateurs, leur liberté de mouvement qui doit être "entière, sans entrave et immédiate" et la confidentialité de leurs déplacements. Dans son texte, beaucoup moins contraignant pour Damas, la Russie --qui a bloqué avec la Chine à deux reprises des résolutions condamnant la répression-- a supprimé la demande d'accès "sans entrave" des observateurs et exclut la condamnation des violations des droits de l'Homme en Syrie.

Sarkozy ne croit pas à la "sincérité" d'Assad

Une mission de 165 observateurs de la Ligue arabe avait déjà été déployée fin décembre, avec l'accord de Damas, avant de plier bagage en raison de la "recrudescence des violences" qui ont fait plus de 10.000 morts depuis le début en mars 2011 d'une révolte populaire sans précédent.

Malgré le calme relatif depuis l'entrée en vigueur jeudi du cessez-le-feu, l'armée syrienne n'a toujours retiré ses chars des villes comme prévu par le plan de l'émissaire international KofiAnnan. Ce texte en six points prévoit, outre la cessation des hostilités, le "droit de manifester pacifiquement" et un dialogue entre l'opposition et le pouvoir.

M. Annan a estimé que Damas n'avait techniquement pas respecté son plan mais que le cessez-le-feu était "une chance à saisir", tandis que le président français Nicolas Sarkozy a assuré ne pas croire à la "sincérité" de M. Assad, accusé par l'Occident d'avoir failli à ses engagements depuis le début de la crise.

Les militants pro-démocratie ont appelé pour leur part sur leur page Facebook "Syrian Revolution 2011" à une "semaine de la révolution des Syriens", appelant à faire de chaque jour un vendredi, journée hebdomadaire de mobilisation depuis le début de la révolte. La veille, sous le slogan "La révolution pour tous les Syriens", des dizaines de milliers de manifestants avaient défilé à travers le pays pour tester l'engagement du régime à respecter le plan Annan.

Selon l'OSDH, les manifestations de vendredi ont été "plus importantes que les semaines précédentes" dans la quasi-totalité des provinces, en dépit d'un déploiement militaire massif. "Le peuple veut la chute du régime", "Nous allons voir les promesses d'Assad de cessez-le-feu", ont scandé les manifestants qui réclament avant tout chose le départ de M. Assad, seul chef d'Etat contesté dans la foulée du Printemps arabe toujours au pouvoir.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Moyen-Orient

Israël : les fous du Temple

Israël : les fous du Temple

À l'origine des tensions actuelles à Jérusalem, le courant messianique juif ne cesse de gagner du terrain. Et menace d'enterrer toute perspective de paix avec le monde arabe.[...]

Le groupe EI affirme avoir décapité un Américain et 18 soldats syriens

Le groupe ultra-radical Etat islamique (EI) a revendiqué l'exécution par décapitation de l'otage américain Peter Kassig, enlevé en Syrie, et d'au moins 18 soldats syriens, dans une vidéo[...]

Soufisme : islam du coeur, coeur de l'islam

Voie de réalisation spirituelle, le courant mystique de la religion musulmane exprime la quintessence de la Révélation. Aux antipodes du littéralisme rigoriste des salafistes.[...]

La prière des mortes

- Au Nigeria, les quelques lycéennes rescapées des geôles de Boko Haram - parmi les 276 jeunes filles enlevées le 14 avril à Chibok, dans l'est du pays - racontent leur[...]

Palestine : 13 novembre 1974, discours historique de Yasser Arafat à l'ONU

Alors que le monde entier célébrait le 11 novembre les dix ans de la mort de Yasser Arafat, le 13 novembre est une autre date importante de son destin politique. Il y a quarante ans, le leader palestinien[...]

Dix ans après sa mort, les rameaux de Yasser Arafat sont fanés

En acceptant de renoncer à la violence et de reconnaître l'État hébreu, Abou Ammar avait fait naître des espoirs de paix. Dix ans après sa mort, ils se sont presque évanouis.[...]

Israël - Palestine : tensions sur l'esplanade des Mosquées

Troisième lieu saint de l'islam et site le plus sacré du judaïsme, l'esplanade des Mosquées, à Jérusalem, est au centre de toutes les tensions.[...]

Allemagne : Raed Saleh, tombeur de murs

Le maire de Berlin, Klaus Wowereit, quittera ses fonctions le 11 décembre. Candidat à sa succession, Raed Saleh, un Palestinien de 37 ans.[...]

La candidature du Libanais Michel Sleiman à l'OIF n'était qu'une rumeur

L'élection du successeur d'Abdou Diouf approche et les rumeurs continuent d'aller bon train. Celle qui avançait une candidature de Michel Sleiman s'est éteinte.[...]

Photographie : rap et résistance en Palestine

Le photographe Pierre Mérimée et le journaliste Jacques Denis sont partis à la rencontre des artistes hip-hop palestiniens. Plus qu'un moyen d'expression, leur musique est un cri de révolte.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers