Extension Factory Builder
31/03/2012 à 10h:08
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Un soldat malien monte la garde le 30 mars 2012 devant le bureau du chef de la junte Amadou Sango. Un soldat malien monte la garde le 30 mars 2012 devant le bureau du chef de la junte Amadou Sango. © AFP

Les rebelles touareg ont pris vendredi le contrôle de la ville stratégique de Kidal, dans le nord-est du Mali, poussant la junte militaire à s'alarmer de cette situation "critique" et à appeler au soutien "extérieur" pour endiguer cette avancée.

Après 48 heures de combats, le groupe armé islamiste Ansar Dine, appuyé par des éléments du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), le grand groupe rebelle touareg, a pris le contrôle de Kidal (1.000 km au nord-est de Bamako) dans la matinée.

Le chef d'Ansar Dine, Iyad Ag Ghaly, natif de Kidal, a fait peu après une entrée triomphale dans la ville, où il est arrivé "à la tête d'un cortège de véhicules" sur lesquels flottait le drapeau noir frappé du sceau du prophète, habituel emblème des salafistes et des islamistes radicaux, selon des témoins.

Aqmi au combat ?

Un député et fils du chef traditionnel de Kidal, Intallah, compte également parmi les commandants d'Ansar Dine. Le camp de la Garde nationale (armée) a été pillé en partie et incendié. Des maisons d'officiers ont également été pillées.Le gouverneur de la région et six autres officiels locaux sont détenus "en sécurité" chez un chef traditionnel, selon un responsable local. Figurent parmi eux le commandant de zone de l'armée, le colonel des unités spéciales et le chef de la gendarmerie.
Aucun bilan des pertes n'était disponible en fin de journée.

Toujours selon des témoins, des éléments d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) auraient pris part à l'attaque.

Le MNLA, qui affiche une position laïque, ne partage pas les objectifs d'Ansar Dine (défenseur de l'islam, en arabe), qui vise l'instauration de la charia (loi islamique) et a des liens avec Aqmi, mais les deux groupes combattent parfois ensemble l'armée malienne par stratégie.

Après Kidal, l'armée gouvernementale a annoncé dans la soirée avoir évacué deux nouvelles localités Ansogo et de Bourem (nord) pour se regrouper et "renforcer" ses positions à Gao", (à 350 kilomètres au sud-ouest) où se trouve son état-major régional.

Le nord du Mali subit depuis la mi-janvier une vaste offensive des rebelles touareg et de groupes islamistes.
Avec les localités d'Aguelhok, Tessalit, Tinzawaten et aujourd'hui Kidal, les rebelles contrôlent désormais la quasi-totalité du nord-est malien, considéré comme le berceau des Touareg. Gao et Tombouctou (nord-ouest) restent sous contrôle de l'armée.

La junte acculée

La junte au pouvoir depuis le coup d'Etat militaire qui a renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré (dit ATT) a invoqué l'échec du régime contre la rébellion pour justifier son putsch. Acculée face aux rebelles, totalement isolé sur scène internationale, la junte, par la voix de son chef, le capitaine Amadou Sanogo, a jugé vendredi matin la "situation critique".

"Les rebelles continuent à agresser notre pays et terroriser nos populations" et "notre armée a besoin du soutien des amis du Mali", a prévenu le capitaine Sanogo au cours d'une conférence de presse. Il a déploré "un incident malheureux indépendant de notre volonté", après l'échec de la médiation de chefs d'Etat ouest-africains jeudi à Bamako, qui ont annulé leur venue en raison d'une manifestation pro-junte à l'aéroport.

Le chef des mutins a présenté ses "excuses" à la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et aux partenaires du pays.

Choisissant la manière forte, les chefs d'Etat ouest-africaines ont menacé la junte d'un embargo "diplomatique et financier" faute d'un retour à l'ordre constitutionnel d'ici lundi. Une telle mesure provoquerait immédiatement l'asphyxie du Mali, pays pauvre et enclavé.

"Nous avons compris la position de la Cédéao, nous nous félicitons surtout de la volonté de part et d'autre de continuer à privilégier le dialogue", a commenté le chef des putschistes, qui a "invité la Cédéao à approfondir davantage son analyse de la situation", sans pour autant proposer formellement aux chefs d'Etat de revenir à Bamako.

Afrrontements à Bamako

Face aux condamnations internationales unanimes, les putschistes se sont efforcés jusqu'à présent d'instaurer un état de fait, multipliant les mesures visant à une normalisation, notamment l'adoption d'une Constitution censée régir la transition jusqu'à des élections à une date non déterminée. Ils savent pouvoir s'appuyer sur l'adhésion d'une partie des Maliens vivant dans la pauvreté et écoeurés par la corruption.

Mais à Bamako, le climat s'est détérioré ces dernières heures, avec des affrontements jeudi entre pro et anti-junte, alors que la presse internationale est de plus en plus prise à partie par les partisans du nouveau régime.

Les Etats-Unis se sont dit vendredi "très inquiets" de l'avancée des rebelles touaregs et ont pressé une nouvelle fois la junte militaire de se retirer.
 

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Football : l'entraîneur Patrice Carteron va quitter le Mali pour signer en RDC avec le TP Mazembe

Football : l'entraîneur Patrice Carteron va quitter le Mali pour signer en RDC avec le TP Mazembe

Exclusif. Moïse Katumbi tient son entraîneur. Le président du TP Mazembe (RDC) s’est mis d’accord avec Patrice Carteron, le sélectionneur du Mali, qui va s’engager pour deux ans.[...]

Mali : Tiébilé Dramé rencontre Blaise Compaoré à Ouagadougou

Tiébilé Dramé, l'émissaire malien pour le Nord, a rencontré lundi 20 mai à Ouagadougou le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur régional dans[...]

Top chefs : cuisiniers hors pair pour présidents africains

D'eux, on sait peu de chose. La discrétion fait partie du contrat... Question de sécurité. Leur rôle, pourtant, est essentiel. Rencontre avec ces cuisiniers hors pair qui s'activent[...]

La "consolation" africaine de François Hollande

Tombé dans les sondages plus bas que tous ses prédécesseurs à l'Élysée, François Hollande fait l'objet d'accusations récurrentes de mollesse et d'indécision[...]

Le porte-parole d'Ansar Eddine détenu en Mauritanie

Senda Ould Boumama, porte-parole d’Ansar Eddine, s’est rendu samedi soir aux forces mauritaniennes, a affirmé une source sécuritaire lundi 20 mai.[...]

Mali : l'ex-ministre de la Défense Soumeylou Boubéye Maïga crée son parti

Soumeylou Boubéye Maïga, ex-ministre malien de la Défense, a annoncé lundi 20 mai la création d'une nouvelle formation politique. Son "objectif immédiat" est de participer[...]

Mali : l'armée française chasse un groupe armé d'une ville du nord-est

L'armée française est intervenue dans la nuit de vendredi à samedi contre un groupe armé qui avait pris le contrôle d'une localité malienne jusque-là contrôlée par les[...]

Mali : Dioncounda Traoré est convaincu que le MNLA est "prêt" à dialoguer

À l'issue d'un entretien avec François Hollande à Paris, le président malien de transition Dioncounda Traoré s'est dit "sûr" que le MNLA était "prêt"[...]

L'actualité de la semaine en images

Affrontements en République Démocratique du Congo, visite de Valérie Trierweiler au Mali, immolation par le feu de jeunes tunisiens... Revivez en image avec "Jeune Afrique" les moments forts de la[...]

Mali : Dioncounda Traoré exclut l'autonomie du Nord mais prône la décentralisation

Dans une interview à Euronews, jeudi 16 mai, le président malien de transition, Dioncounda Traoré, s'est montré hostile à toute indépendance du nord du pays au profit des rebelles[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers