Extension Factory Builder
25/03/2012 à 10:13
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
L'ancien Premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi, le 23 janvier 2012 à Tunis. L'ancien Premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi, le 23 janvier 2012 à Tunis. © AFP

Plus de 50 partis politiques tunisiens se sont réunis samedi à Monastir au centre-est de la Tunisie pour resserrer les rangs de l'opposition et contrer la troïka conduite par le parti islamiste Ennahda.

Organisé par "l'Association nationale de la pensée bourguibienne", ce rassemblement qui accueille également quelque 525 associations tunisiennes a été marqué par la participation de l'ancien Premier ministre Béji Caïd Essebsi qui avait dirigé durant dix mois le deuxième gouvernement intérimaire après la chute de Ben Ali le 14 janvier 2011. Dans un discours devant plusieurs milliers de personnes, M. Essebsi a préconisé un référendum pour "trancher en cas de besoin la question de l'application de la charia comme principale source de législation dans la future Constitution", pomme de discorde entre les islamistes et les modernistes.

"Nous avons convenu lors de la passation du pouvoir que la rédaction de la Constitution et l'organisation des prochaines élections devraient se limiter à un délai d'un an mais malheureusement on constate que le gouvernement n'est pas pressé de tenir ses promesses quatre mois après son accession au pouvoir", a-t-il dit.

"La légitimité seule ne suffit pas, il faut faire preuve de compétence et de capacité pour gérer le pays", a estimé de son côté le président historique du Parti démocrate progressiste (PDP), Ahmed Néjib Chebbi. Intitulée "A l'appel de la nation", cette rencontre est "une occasion pour réunir les partis politiques et les représentants de la société civile qui soutiennent la pensée réformiste bourguibienne et qui sont attachés aux valeurs de la modération et de la tolérance", a indiqué à l'AFP Kassem Makhlouf, porte-parole de l'Association.

Montée des islamistes

La scène politique tunisienne est marquée par un tiraillement entre les partis politiques notamment entre la troïka au pouvoir, Ennahda et ses deux alliés de gauche, le CPR (Congrès pour la République), Ettakatol et les progressistes et laïcs. Face à la montée des islamistes qui réclament l'application de la charia comme source principale de législation dans le futur texte fondamental du pays, l'opposition qui exige un Etat civil et moderniste, tente d'unir ses rangs dans une large coalition.

Plusieurs formations politiques libérales et de gauche ont déjà annoncé leur projet de fusion telles que le mouvement Ettajdid, le Parti du travail tunisien et les Indépendants du pôle moderniste. D'autres, appartenant à la mouvance progressiste et centriste, sont en cours de finalisation comme le parti démocrate progressiste (PDP), Afek Tounes (les perspectives de la Tunisie) et le parti républicain. Regroupant 11 formations politiques, le Parti national tunisien a appelé aussi à une coalition des partis "destouriens" qui se réclament de l'héritage de Bourguiba mais qui ont été également des membres du parti dissous de Ben Ali, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD).

Disciple de l'ancien président Habib Bourguiba, Essebsi avait lancé fin janvier, un message solennel à l'ensemble des forces évoquant une "régression" et pointant "l'apparition de formes extrémistes violentes menaçant les libertés publiques et privées". Rejetant la violence il avait appelé à se rassembler autour d'une "alternative".

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Tunisie

Armée tunisienne : la grande désillusion

Armée tunisienne : la grande désillusion

Incapable de venir à bout des maquis jihadistes, minée par des querelles au sommet, gangrenée par la politique, la grande muette a beaucoup perdu de sa superbe. Enquête exclusive sur une institut[...]

Tunisie : Ghannouchi tel qu'en lui-même dans "Au sujet de l'islam"

Rached Ghannouchi s'est livré dans un livre d'entretiens réalisé par le journaliste Olivier Ravanello : "Au sujet de l'islam". [...]

Tunisie : Samir el-Wafi, mauvais scoop pour animateur star

Le célèbre présentateur tunisien a été arrêté. Pas pour un délit de presse, mais pour une affaire de droit commun : il est soupçonné de racket.[...]

Tunisie : chamboule-tout diplomatique

Les missions diplomatiques tunisiennes à Washington, Paris, Berne, Rome, Le Caire, Mascate, Koweït et Oslo (entre autres) auront prochainement de nouveaux chefs.[...]

Pourquoi la Tunisie est une et indivisible

Aïssa Baccouche est sociologue et urbaniste.[...]

Tunisie : Loukil autorisé à coter sa branche automobile

La Bourse de Tunis a donné son accord de principe pour la cotation de UADH (Universal automobile distributors holding), la branche automobile du groupe tunisien Loukil. L'opération, prévue pour la seconde[...]

Tunisie : tapis rouge pour la démocratie

La visite de Béji Caïd Essebsi à Paris a été marquée par des honneurs exceptionnels. Les deux pays peuvent maintenant envisager une nouvelle amitié. En attendant que les[...]

Tunisie : l'Algérien Belmokhtar derrière l'attentat du Bardo ?

Le terroriste algérien Mokhtar Belmokhtar serait impliqué dans l'attentat du musée du Bardo, le 18 mars à Tunis.[...]

Tunisie : en attendant les hélicoptères Black Hawk

Plusieurs hélicoptères vont être mis à disposition de l'armée tunisienne par les Émirats arabes unis, en attendant la livraison de douze appareils Black Hawk commandés aux[...]

Tunisie : l'école, premier rempart contre l'obscurantisme

Pourquoi tant de jeunes éduqués, comme l'un des tueurs du Musée du Bardo, partent combattre en Syrie ? Une partie de la réponse se trouve peut-être dans la faillite du système[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20120325101301 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20120325101301 from 172.16.0.100