19/02/2012 à 17h:38 Par AFP
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Photo transmise par les militants syriens des LCC à Damas, le 18 février 2012. Photo transmise par les militants syriens des LCC à Damas, le 18 février 2012. © AFP

Les forces armées ont été déployées dimanche à Damas pour contrer toute contestation après l'appel à la désobéissance civile lancé aux habitants de la capitale et dans certains quartiers, traditionnellement hostiles au régime, des magasins sont restés fermés.

Les forces syriennes ont été déployées dimanche à Damas pour contrer toute contestation après l'appel à la désobéissance civile lancé aux habitants de la capitale et dans certains quartiers, traditionnellement hostiles au régime, des magasins sont restés fermés.

A Homs (centre), baptisée par les militants "capitale de la révolution", des bombardements intenses ont repris contre Baba Amr et de nouveaux renforts étaient acheminés vers la ville faisant craindre aux militants l'imminence d'une offensive massive pour soumettre ce quartier rebelle. A Damas, théâtre vendredi et samedi des plus importantes manifestations dans la capitale depuis le début de la contestation, il y a onze mois, les forces syriennes quadrillaient le quartier de Mazzé dans le centre-ouest.

"D'importantes forces de sécurité sont déployées à Mazzé" où cinq personnes ont été tuées par les forces de l'ordre durant les manifestations de vendredi et samedi, a affirmé Mohammad Chami, porte-parole des "comités" de Damas et de sa région, joint au téléphone par l'AFP. Il a précisé que les magasins étaient fermés notamment à Barzé, Qaboune et Joubar, des quartiers se touchant au nord-est de la ville, et à Kafar Soussé, situé au sud de la capitale, des zones traditionnellement opposées au régime. En revanche, la vie était normale dans le centre-ville, ont indiqué des témoins.

Par ailleurs, le porte-parole du "Comité de Mazzé" Abou Khouzaifa a indiqué à l'AFP qu'une victime, tuée samedi par balle, a été enterrée dimanche tôt au cimetière de Mazzé.

Quatre manifestants abattus vendredi

Les forces de sécurité avaient ouvert le feu sur les "15.000 à 20.000 personnes" qui, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) basé en Grande-Bretagne, avaient participé aux funérailles de quatre manifestants abattus vendredi par les troupes du régime dans ce quartier, les premiers tués au coeur de la capitale.

Dimanche, seules de petites manifestations d'écoliers ont eu lieu dans "quatre quartiers rebelles de la ville", selon Mohammad Chami, alors que les militants avaient dit s'attendre à des "manifestations monstres" à Damas. Sur leur page Facebook "Syrian Revolution 2011", les militants ont placé la journée de dimanche sous la bannière de la "désobéissance civile de Damas".

En dehors de la capitale, six personnes ont été tuées dimanche. Trois -dont un procureur général et un juge- à Idleb (nord-ouest) par "des tireurs non identifiés", une à Chahné dans la province de Homs, une à Alep (nord) et une à Deir Ezzor (est), selon l'OSDH. L'agence officielle Sana a mis en cause des "bandes terroristes armées" dans les morts d'Idleb tout comme dans le tir d'une roquette sur un réservoir de carburant de la raffinerie de Homs.

A Homs, cible d'une offensive massive depuis le 4 février, les militants redoutaient l'arrivée de nouveaux renforts du régime. "Les bombardements intenses ont repris vers 14H00 (12H00 GMT) sur Baba Amr avec quatre roquettes à la minute mais ce qui nous inquiète ce sont les nouveaux renforts militaires dépêchés en ville", a affirmé Hadi Abdallah, un membre du "Conseil général de révolution syrien" à Homs. "Nous ne savons pas s'ils vont être utilisés pour lancer l'assaut contre Baba Amr, pour exterminer tout ce qui reste, ou bien pour attaquer Bab Sebaa, Khaldiyé et Bayada", des quartiers en rébellion, a-t-il dit.

L'Égypte rappelle son ambassadeur

La contestation s'est étendue à Palmyre, au nord-est de Damas, qui est assiégée depuis deux semaines par l'armée. Les habitants de cette oasis classée au patrimoine mondial de l'Unesco disent vivre dans la crainte des soldats postés autour de la ville, qui tirent "sur tout ce qui bouge".

Sur le front diplomatique, l'Egypte a rappelé son ambassadeur en Syrie "jusqu'à nouvel ordre", après avoir appelé mercredi à "un changement pacifique et réel", tout en rejetant une intervention militaire. L'Irak a de son côté souhaité que la Syrie, suspendue de la Ligue arabe, participe néanmoins au sommet arabe prévu fin mars à Bagdad, estimant que "cela ouvrira une page de dialogue, loin des ingérences."

A Alger, le ministre d'Etat et secrétaire général du Front de libération national (FLN-parti présidentiel), Abdelaziz Belkhadem, a critiqué l'action de la Ligue arabe sur la situation en Syrie à la radio nationale. "La Ligue n'est pas une Ligue et (...) encore moins arabe. C'est une Ligue qui fait appel au Conseil de sécurité contre un de ses membres fondateurs ou à l'Otan pour détruire les capacités de pays arabes. Elle a besoin d'être profondément revue", a-t-il dit.

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